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SangFoie et voies biliairesPreuve validée

Albumine

Aussi appelée Albuminémie · Sérum-albumine · ALB

Les repères

  • Dénutrition sévère, si une dénutrition est diagnostiquée (HA moins de 30 g/L
  • Dénutrition modérée, si une dénutrition est diagnostiquée (H 30 à 35 g/L
  • Valeurs de référence (Viollier, néphélométrie) 35 à 52 g/L
  • Au-dessus de la référence (Viollier) plus de 52 g/L

Adulte · Source : HAS, Diagnostic de la dénutrition de l'enfant et de l'adulte (2019), albumine par immunonéphélémétrie ou immunoturbidimétrie ; Viollier, albumine sérique par néphélométrie, adultes. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

L'albumine est la principale protéine du plasma, fabriquée par le foie. Son dosage renseigne sur le foie, les reins, l'inflammation et la gravité d'une dénutrition, mais pas sur vos seuls apports en protéines.

Pourquoi on la demande

  • Mesurer la gravité d'une dénutrition déjà diagnostiquée, selon les critères de la HAS
  • Explorer le fonctionnement du foie, seul organe à fabriquer l'albumine, par exemple en cas de cirrhose
  • Rechercher une fuite de protéines par les reins (syndrome néphrotique) ou par l'intestin
  • Suivre une maladie chronique ou une hospitalisation, une albumine basse étant un signe de gravité
  • Interpréter d'autres dosages qui dépendent de l'albumine, comme le calcium total

Ce qui peut la fausser

  • La posture : passer de la position allongée à la position debout concentre le plasma et fait monter l'albumine
  • Un garrot laissé une minute ou plus, qui augmente déjà le résultat
  • La déshydratation, qui concentre le sang
  • La méthode : le vert de bromocrésol surestime l'albumine par rapport aux méthodes immunologiques
  • Une inflammation aiguë (infection, chirurgie, traumatisme), qui la fait baisser
  • Un effort intense juste avant la prise de sang, qui concentre le plasma
  • La grossesse, au cours de laquelle les valeurs de référence sont plus basses

Causes d’une valeur haute

  • Déshydratation, seule cause qui lui donne une vraie valeur diagnostique
  • Prélèvement en position debout ou avec un garrot prolongé
  • Dosage au vert de bromocrésol, qui surestime le résultat
  • Effort intense dans les heures qui précèdent la prise de sang

Causes d’une valeur basse

  • Inflammation aiguë ou chronique (infection, chirurgie, maladie inflammatoire)
  • Maladie du foie qui réduit sa fabrication, comme la cirrhose
  • Dénutrition, surtout associée à une maladie
  • Grossesse
  • Fuite urinaire de protéines (syndrome néphrotique)
  • Fuite intestinale de protéines (entéropathie exsudative)

Prise de sangBilan hépatique, bilan nutritionnel, électrophorèse des protéines sériques, bilan rénal

g/LPreuve validée16 sources

Profil sportif

Un effort intense concentre le plasma : l'albumine reste plus élevée dans les deux heures qui suivent (Gillen et al., 1991). À l'inverse, l'entraînement d'endurance augmente à la fois le volume du plasma et la quantité d'albumine qu'il contient, si bien que sa concentration reste stable (Convertino et al., 1980). Un régime pauvre en protéines mais normal en calories peut en réduire la fabrication (Levitt et Levitt, 2016).

Ce que mesure l’analyse

Ce test mesure l'albumine, la protéine la plus abondante du sang, fabriquée par le foie. Elle baisse surtout avec l'inflammation, une maladie du foie, une fuite par les reins ou l'intestin, ou une dénutrition grave.

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À lire avec

Ce que mesure l’analyse

L’albumine est la protéine la plus abondante du plasma, la partie liquide du sang. Elle est fabriquée uniquement par le foie, à raison d’environ 10,5 grammes par jour chez l’adulte, et se renouvelle en 25 jours environ (Levitt et Levitt, 2016).

Elle remplit deux grandes fonctions. Elle retient l’eau à l’intérieur des vaisseaux, grâce à ce qu’on appelle la pression oncotique. Elle transporte aussi de nombreuses substances : calcium, acides gras, hormones, bilirubine, médicaments.

Son taux résulte d’un équilibre entre fabrication, destruction et pertes par les urines ou l’intestin. Une baisse rapide, lors d’une infection grave ou d’un traumatisme, traduit surtout un passage de l’albumine hors des vaisseaux, devenus plus perméables, selon la même revue.

Comment se passe le prélèvement

Une prise de sang au pli du coude. Deux détails pèsent pourtant sur le résultat.

La posture d’abord. Passer de la position allongée à la position debout réduit le volume du plasma de 14 % environ, ce qui concentre l’albumine (Lippi et al., 2015).

Le garrot ensuite. Laissé en place une minute ou plus, il fait déjà monter l’albumine de façon significative (Lima-Oliveira et al., 2011).

Pour comparer deux résultats, faites-vous prélever dans les mêmes conditions, si possible dans le même laboratoire. Évitez aussi un effort intense juste avant : le plasma se concentre pendant l’exercice (Gillen et al., 1991).

Comment lire le résultat

L’albumine s’exprime en grammes par litre (g/L). Le laboratoire suisse Viollier, qui la dose par néphélométrie, une méthode immunologique, retient 35 à 52 g/L, sans distinction de sexe (Viollier). Le référentiel français d’enseignement de l’internat en pharmacie indique 38 à 48 g/L, mais dans le cadre de l’électrophorèse des protéines (CSCIP, 2009).

La méthode compte

Beaucoup d’automates dosent l’albumine avec un colorant, le vert de bromocrésol. Dans une étude française, cette technique la surestimait de 5,5 g/L en moyenne par rapport à l’immunoturbidimétrie, et elle était sensible à l’inflammation (Godefroy et al., 2021).

C’est pourquoi la HAS demande une méthode immunologique (immunonéphélémétrie ou immunoturbidimétrie) pour juger d’une dénutrition. Elle écarte aussi l’estimation tirée de l’électrophorèse des protéines.

Les seuils de la HAS

Depuis 2019, l’albumine ne sert plus à diagnostiquer une dénutrition. Ce diagnostic repose uniquement sur des critères non biologiques, comme la perte de poids ou une masse musculaire réduite. L’albumine sert à en mesurer la gravité.

Chez l’adulte, une albumine entre 30 et 35 g/L signe une dénutrition modérée, et une albumine de 30 g/L ou moins une dénutrition sévère (HAS, 2019). Chez les 70 ans et plus, le seuil de gravité reste 30 g/L (HAS, 2021). Ces seuils valent quel que soit l’état inflammatoire, précise la HAS, mais seulement une fois la dénutrition diagnostiquée.

Ce qui compte vraiment

Une albumine basse traduit d’abord une inflammation, une maladie du foie ou une fuite de protéines, bien plus qu’un manque de protéines dans l’assiette. Une albumine haute signale presque toujours une déshydratation, la seule situation où elle a une vraie valeur diagnostique selon Mayo Clinic Laboratories.

Ce que dit la science

Le dosage est validé : la HAS l’utilise comme critère de gravité de la dénutrition. Niveau de preuve : validé.

Son sens nutritionnel a toutefois été revu. La société américaine de nutrition clinique (ASPEN) conclut que l’albumine et la préalbumine reflètent l’inflammation plutôt que l’état nutritionnel, et qu’elles ne doivent pas servir de marqueurs de nutrition (Evans et al., 2021). La revue de Levitt et Levitt précise qu’un régime pauvre à la fois en calories et en protéines ne fait pas baisser l’albumine, alors qu’un régime pauvre en protéines mais normal en calories en réduit la fabrication.

Sa valeur pronostique, elle, est solide. Chez 7 735 hommes britanniques d’âge moyen suivis 9 ans en moyenne, la mortalité atteignait 23 pour 1 000 par an sous 40 g/L, contre 4 pour 1 000 à 48 g/L ou plus (Phillips et al., 1989). Une revue estime que chaque baisse de 2,5 g/L augmente la probabilité de décès de 24 à 56 % selon les études (Goldwasser et Feldman, 1997). Il s’agit d’associations : une albumine basse semble être une conséquence de la maladie plus qu’une cause.

L’âge joue peu. L’albumine atteint un pic vers 20 ans puis diminue lentement (Weaving et al., 2016). Chez des hommes en bonne santé, la baisse n’était que de 0,54 g/L par décennie : une albumine basse n’est pas une conséquence normale du vieillissement (Campion et al., 1988).

Côté sport, l’entraînement d’endurance augmente le volume du plasma et, en parallèle, la quantité d’albumine qu’il contient : sa concentration reste donc stable (Convertino et al., 1980).

Les analyses à associer

  • Protéine C réactive : dit si une inflammation explique une albumine basse ;
  • Préalbumine : protéine à durée de vie courte, qui varie plus vite ;
  • Rapport albumine sur créatinine urinaire : recherche une fuite d’albumine par les reins ;
  • Électrophorèse des protéines sériques : situe l’albumine parmi les autres protéines du sang.

À retenir

  • L’albumine reflète surtout l’inflammation, le foie et les pertes de protéines, pas vos apports alimentaires ;
  • Pour la HAS, elle mesure la gravité d’une dénutrition déjà diagnostiquée : sévère à 30 g/L ou moins ;
  • La posture, le garrot et la méthode de dosage peuvent modifier le chiffre de plusieurs g/L ;
  • Une albumine haute signale presque toujours une déshydratation.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Une albumine à 30 g/L ou moins chez un adulte dénutri, c'est...

  2. 02Une albumine entre 35 et 52 g/L, mesurée par néphélométrie, c'est...

  3. 03L'albumine suffit-elle à diagnostiquer une dénutrition ?

  4. 04Être prélevé debout plutôt qu'allongé peut-il changer le résultat ?

  5. 05Une albumine basse pendant une infection reflète-t-elle d'abord vos apports en protéines ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 16

  1. 1Haute Autorité de santé, Fédération française de nutrition. Diagnostic de la dénutrition de l'enfant et de l'adulte. Recommandation de bonne pratique, novembre 2019.
  2. 2Haute Autorité de santé. Diagnostic de la dénutrition chez la personne de 70 ans et plus. Recommandation de bonne pratique, novembre 2021.
  3. 3Viollier (laboratoire, Suisse). Albumine, sérum : néphélométrie, valeurs de référence adultes.
  4. 4Mayo Clinic Laboratories. Albumin, Serum (ALB), colorimétrie au vert de bromocrésol.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.