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SangFoie et voies biliairesPreuve courante

Préalbumine

Aussi appelée Transthyrétine · TTR · Pré-albumine · PAB

Les repères

  • Sous la valeur de référence (Eurofins Biomnis) moins de 0,2 g/L
  • Valeur de référence (Eurofins Biomnis) 0,2 à 0,4 g/L
  • Au-dessus de la valeur de référence (Eurofins Biomnis) plus de 0,4 g/L

Adulte · Source : Eurofins Biomnis, précis pré-albumine (immunoturbidimétrie ou immunonéphélémétrie). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

La préalbumine, ou transthyrétine, est une protéine du foie qui se renouvelle en quelques jours. Elle réagit vite aux apports et à l'inflammation, ce qui en fait un outil de suivi plus qu'un marqueur fiable de l'état nutritionnel.

Pourquoi on la demande

  • Suivre l'efficacité d'une renutrition, grâce à sa durée de vie courte
  • Compléter l'évaluation d'une personne dénutrie ou hospitalisée, en la lisant avec la CRP
  • Évaluer la capacité du foie à fabriquer des protéines, en cas d'insuffisance hépatique
  • Situer le pronostic d'une amylose cardiaque à transthyrétine (usage spécialisé)

Ce qui peut la fausser

  • Une inflammation ou une agression (infection, chirurgie, traumatisme), qui la fait baisser
  • Les variations du volume sanguin : déshydratation ou, au contraire, excès d'hydratation
  • Une insuffisance rénale, qui peut l'augmenter de façon inconstante
  • Une corticothérapie au long cours, qui l'augmente
  • Un traitement par œstrogènes ou une grossesse, qui la diminuent légèrement
  • La thyroïde : une hypothyroïdie l'augmente, une hyperthyroïdie la diminue
  • Quelques jours d'un régime très pauvre en protéines, qui suffisent à la faire baisser

Causes d’une valeur haute

  • Déshydratation
  • Insuffisance rénale (de manière inconstante)
  • Corticothérapie au long cours ou excès de cortisol produit par l'organisme
  • Hypothyroïdie
  • Excès d'hormones androgènes

Causes d’une valeur basse

  • Inflammation, infection, chirurgie ou traumatisme récents
  • Apports insuffisants en protéines ou dénutrition
  • Insuffisance hépatique
  • Grossesse ou traitement par œstrogènes (baisse légère)
  • Fuite urinaire massive de protéines
  • Hyperthyroïdie

Prise de sangBilan nutritionnel, suivi de renutrition, bilan d'inflammation

g/LPreuve courante12 sources

Profil sportif

Aucune étude n'a évalué la préalbumine chez le sportif. Elle réagit vite aux apports : chez des volontaires, cinq jours d'un régime contenant 80 % de protéines en moins ont suffi à la faire baisser (Jongbloed et al., 2016). Elle varie aussi avec le volume sanguin, donc avec la déshydratation (Eurofins Biomnis).

Ce que mesure l’analyse

Ce test mesure la transthyrétine, une protéine du foie qui participe au transport d'une hormone thyroïdienne et de la vitamine A. Elle baisse vite quand les apports en protéines chutent, mais aussi lors d'une inflammation.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

La préalbumine n’a rien d’une albumine en devenir. Son nom vient de sa place sur l’électrophorèse, une technique qui sépare les protéines du sang : elle migre juste devant l’albumine. Son vrai nom est transthyrétine, abrégé TTR.

Fabriquée surtout par le foie, elle circule sous forme de quatre sous-unités assemblées. Elle transporte la thyroxine, une hormone thyroïdienne, ainsi que la protéine qui porte la vitamine A (Sanguinetti et al., 2022).

Son intérêt tient à sa demi-vie courte, d’environ deux jours selon Eurofins Biomnis et Mayo Clinic Laboratories. Elle réagit donc en quelques jours à un changement, là où l’albumine met plusieurs semaines.

Comment se passe le prélèvement

Une simple prise de sang. Le résultat dépend surtout du contexte. Signalez une infection récente, une opération, une corticothérapie, un traitement par œstrogènes ou une maladie de la thyroïde : tous la font varier, selon Eurofins Biomnis.

Le volume de sang compte aussi : la déshydratation la concentre, un excès d’hydratation la dilue. Pour suivre une évolution, mieux vaut des dosages répétés dans le même laboratoire.

Comment lire le résultat

Elle s’exprime en grammes par litre (g/L), parfois en milligrammes par litre (mg/L). Eurofins Biomnis, qui la dose par immunoturbidimétrie ou immunonéphélémétrie, retient 0,20 à 0,40 g/L chez l’adulte et 0,15 à 0,35 g/L chez l’enfant. Chez le nouveau-né, elle se situe entre 0,10 et 0,20 g/L.

Entre 20 et 40 ans, elle est en moyenne un peu plus haute chez l’homme (0,33 g/L) que chez la femme (0,27 g/L). Mayo Clinic Laboratories donne un intervalle proche après 18 ans, de 19 à 38 mg/dL, soit 0,19 à 0,38 g/L.

Une valeur à lire avec la CRP

La préalbumine baisse dès qu’il existe une inflammation ou une agression. Une valeur basse pendant une infection ne prouve donc pas un manque d’apports. C’est pourquoi on la lit avec la protéine C réactive (CRP), un marqueur d’inflammation.

Les anciens critères français de dénutrition (2003 et 2007), tels que les résume une présentation des Journées francophones de nutrition, retenaient la transthyrétine : sous 110 mg/L chez l’adulte de moins de 70 ans, et sous 50 mg/L pour une forme sévère, à condition que la CRP ne dépasse pas 15 mg/L (Petit, 2014). Les recommandations de 2019 ne la mentionnent plus (HAS, 2019). En 2007 déjà, la HAS la jugeait surtout utile pour suivre l’efficacité d’une renutrition chez la personne âgée (HAS, 2007).

Ce que dit la science

La préalbumine est d’usage courant à l’hôpital, mais son statut de marqueur nutritionnel est discuté. Niveau de preuve : courant.

La société américaine de nutrition clinique (ASPEN) estime que l’albumine et la préalbumine caractérisent l’inflammation plutôt que l’état nutritionnel, et déconseille de les utiliser comme marqueurs de nutrition (Evans et al., 2021). Une revue plus ancienne observait déjà que ces protéines mesurent mal la récupération nutritionnelle (Fuhrman et al., 2004).

Elle reste pourtant sensible aux apports. Dans un essai mené chez des donneurs de rein et des patients obèses, cinq jours d’un régime contenant 80 % de protéines en moins ont suffi à la faire baisser (Jongbloed et al., 2016). Dans La Revue du Praticien, Éric Fontaine la décrit comme un bon marqueur de la prise alimentaire, dont l’intérêt n’est pas validé en médecine générale (Fontaine, 2022).

La transthyrétine a enfin une autre histoire, cardiologique et neurologique. Certaines mutations de son gène, ou la protéine normale chez des personnes âgées, peuvent former des dépôts appelés amylose (Sanguinetti et al., 2022). Pour la forme neurologique héréditaire, la HAS fonde le diagnostic sur des dépôts visibles à la biopsie et une mutation du gène TTR, pas sur le dosage sanguin (HAS, 2022). Dans l’amylose cardiaque sans mutation, un taux sous 18 mg/dL (0,18 g/L) était en revanche associé à une survie plus courte (Hanson et al., 2018).

Les analyses à associer

  • Protéine C réactive : indique si une inflammation explique une valeur basse ;
  • Albumine : protéine à vie longue, qui reflète une situation plus ancienne ;
  • Orosomucoïde : autre protéine de l’inflammation, souvent dosée avec la préalbumine ;
  • Transferrine : autre protéine de transport fabriquée par le foie.

À retenir

  • La préalbumine, ou transthyrétine, se renouvelle en deux jours environ et réagit vite aux changements ;
  • Elle baisse avec l’inflammation : lisez-la toujours avec la CRP ;
  • Elle ne fait plus partie des critères de dénutrition de la HAS depuis 2019 ;
  • Son principal intérêt reste le suivi d’une renutrition, dans le même laboratoire.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Une préalbumine entre 0,20 et 0,40 g/L chez un adulte, c'est...

  2. 02Pourquoi la préalbumine varie-t-elle plus vite que l'albumine ?

  3. 03Une préalbumine basse pendant une infection prouve-t-elle une dénutrition ?

  4. 04La HAS retient-elle encore la préalbumine pour diagnostiquer une dénutrition ?

  5. 05Une corticothérapie au long cours peut-elle faire monter la préalbumine ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 12

  1. 1Eurofins Biomnis. Pré-albumine (transthyrétine), précis de biopathologie : immunoturbidimétrie ou immunonéphélémétrie, étalon CRM 470.
  2. 2Mayo Clinic Laboratories. Prealbumin, Serum (PALB), néphélométrie.
  3. 3Haute Autorité de santé, Fédération française de nutrition. Diagnostic de la dénutrition de l'enfant et de l'adulte. Recommandation de bonne pratique, novembre 2019.
  4. 4Haute Autorité de santé. Stratégie de prise en charge en cas de dénutrition protéino-énergétique chez la personne âgée. Recommandations, avril 2007.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.