Ce que mesure l’analyse
La protéine C réactive (CRP) est une protéine de la phase aiguë de l’inflammation. Selon la revue de Pepys et Hirschfield (Journal of Clinical Investigation, 2003), elle est fabriquée uniquement par le foie, principalement sous le contrôle d’une molécule de l’inflammation, l’interleukine 6. Elle se fixe sur des cellules abîmées et sur certains microbes, et aide le système immunitaire à les éliminer.
Sa grande qualité est sa cinétique, c’est-à-dire son évolution dans le temps. Selon Pepys et Hirschfield :
- la CRP dépasse 5 mg/L environ 6 heures après une agression ;
- elle atteint son pic vers 48 heures ;
- sa demi-vie, le temps nécessaire pour que son taux baisse de moitié, est d’environ 19 heures, quelle que soit la situation.
Le seul facteur qui fixe le taux de CRP est donc la vitesse de fabrication. La CRP reflète ainsi fidèlement l’intensité de l’inflammation du moment.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique. Signalez une infection récente, une intervention, un traumatisme ou une compétition sportive dans les jours précédents.
Signalez aussi un traitement par statine ou par un médicament qui bloque l’interleukine 6 : ils peuvent abaisser la CRP. Une maladie du foie sévère peut aussi limiter sa fabrication.
Comment lire le résultat
Le résultat s’exprime en milligrammes par litre (mg/L). Le laboratoire de l’Institut de Cancérologie de l’Ouest (ICO), à Angers, donne sur automate Roche Cobas Pure une valeur de référence inférieure à 5 mg/L. Chez des donneurs de sang jeunes et en bonne santé, la valeur médiane est de 0,8 mg/L, selon Pepys et Hirschfield.
Une CRP élevée signale une inflammation, sans en dire la cause. Les pistes sont nombreuses : infection, surtout bactérienne, poussée d’une maladie inflammatoire, chirurgie, traumatisme, brûlure, infarctus, cancer ou effort intense. Plus la valeur est haute, plus l’inflammation est intense, mais le chiffre seul ne dit pas d’où elle vient.
Le suivi est souvent plus parlant qu’une valeur isolée. Grâce à sa demi-vie courte, une CRP qui baisse sur deux ou trois jours indique en général que l’inflammation recule. Une CRP qui reste haute ou remonte se discute avec le médecin.
Le dosage standard est moins précis pour les très faibles valeurs. Pour mesurer l’inflammation de bas grade, liée au risque cardiovasculaire, on utilise la CRP ultrasensible, qui fait l’objet d’une fiche à part.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est élevé. La CRP est l’un des marqueurs d’inflammation les plus utilisés, avec des méthodes bien standardisées. Elle reste un marqueur non spécifique : elle dit qu’il y a une inflammation, mais ni où, ni pourquoi.
Pour le sport, la revue systématique de Kasapis et Thompson (Journal of the American College of Cardiology, 2005) a analysé 19 études sur la réponse à un effort aigu, 18 comparaisons selon le niveau d’activité et 5 études d’entraînement. Un effort produit une réponse inflammatoire de courte durée. À l’inverse, les personnes actives et celles qui suivent un entraînement ont une CRP de base plus basse : c’est l’effet « anti-inflammatoire » à long terme de l’activité physique.
Enfin, Pepys et Hirschfield rappellent que les statines font baisser la CRP indépendamment de leur effet sur le cholestérol, par un mécanisme encore mal connu.
Les analyses à associer
- Globules blancs et polynucléaires neutrophiles : leur hausse oriente vers une infection, souvent bactérienne.
- Procalcitonine : souvent demandée pour mieux cibler une infection bactérienne.
- Fibrinogène : autre protéine de l’inflammation.
À retenir
- La CRP est fabriquée par le foie lors d’une inflammation, sous le contrôle de l’interleukine 6.
- À l’ICO, la valeur de référence est inférieure à 5 mg/L.
- Elle monte en quelques heures, culmine vers 48 heures et baisse vite quand l’inflammation cède.
- Un effort intense la fait monter brièvement ; l’activité régulière est associée à des valeurs plus basses.
- Elle signale une inflammation, sans en donner la cause.