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SangInflammationPreuve validée

Électrophorèse des protéines sériques

Aussi appelée EPP · EPS · Électrophorèse des protéines · Protéinogramme

Les repères

  • Alpha-1-globulines 2 à 4 g/L (alpha-1)
  • Bêta-2-globulines 2 à 6 g/L (bêta-2)
  • Bêta-1-globulines 3 à 6 g/L (bêta-1)
  • Alpha-2-globulines 5 à 10 g/L (alpha-2)
  • Gammaglobulines 5 à 17 g/L (gamma)
  • Albumine (électrophorèse capillaire) 32 à 50 g/L (albumine)
  • Protéines totales 64 à 83 g/L (protéines totales)

Source : Barnes-Jewish Hospital / Mayo Clinic Laboratories, test LAB19616, électrophorèse capillaire Sebia, valeurs publiées en g/dL converties en g/L ; Laboratoire de biologie médicale de l'ICO (site d'Angers), valeurs adultes, automate Roche Cobas Pure, document ENP0146 v14 (2026). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

L'électrophorèse des protéines sériques sépare les grandes familles de protéines du sang. Elle repère un syndrome inflammatoire, une perte de protéines ou une immunoglobuline monoclonale.

Pourquoi on la demande

  • Rechercher une immunoglobuline monoclonale devant des signes évocateurs : douleurs osseuses inexpliquées, fracture suspecte, hypercalcémie, insuffisance rénale récente.
  • Explorer une vitesse de sédimentation élevée avec une CRP normale.
  • Explorer des infections à répétition des voies respiratoires, à la recherche d'un manque d'anticorps.
  • Explorer une anomalie inexpliquée de l'hémogramme, une neuropathie périphérique ou un purpura vasculaire.
  • Surveiller une immunoglobuline monoclonale déjà connue.
  • Apprécier un syndrome inflammatoire ou une perte de protéines.

Ce qui peut la fausser

  • Plasma au lieu de sérum : le fibrinogène peut créer une fausse bande.
  • Hémolyse du tube : peut perturber la zone des bêta-globulines.
  • Déshydratation : toutes les protéines semblent plus concentrées.
  • Inflammation récente : hausse des alpha-globulines, qui ne traduit pas une maladie du sang.
  • Technique (électrophorèse capillaire ou gel d'agarose) : seuils de détection d'un pic différents.
  • Un petit pic peut passer inaperçu ; l'absence de pic n'élimine pas un myélome à chaînes légères ou non sécrétant.

Causes d’une valeur haute

  • Hausse des alpha-globulines : syndrome inflammatoire
  • Hausse diffuse des gammaglobulines : infection chronique, maladie auto-immune, maladie du foie
  • Pic monoclonal : immunoglobuline monoclonale de signification indéterminée, myélome ou autre hémopathie

Causes d’une valeur basse

  • Baisse de l'albumine : inflammation, dénutrition, maladie du foie, syndrome néphrotique
  • Baisse des gammaglobulines : déficit de l'immunité, certains traitements, myélome à chaînes légères

Prise de sangBilan d'une immunoglobuline monoclonale (avec immunofixation ou immunotypage) ; bilan inflammatoire ; bilan nutritionnel ; suivi d'une gammapathie monoclonale.

g/LPreuve validée4 sources

Ce que mesure l’analyse

Cet examen sépare les protéines du sang en grandes familles selon leur charge électrique. Leur répartition renseigne sur une inflammation, un manque d'anticorps ou la présence d'un anticorps anormal produit en excès.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Le sang contient des dizaines de protéines différentes. L’électrophorèse des protéines sériques (EPS, aussi appelée EPP) les fait migrer dans un champ électrique. Selon leur charge et leur taille, elles avancent plus ou moins vite et se regroupent en bandes. Selon la HAS, l’examen sépare ainsi six fractions :

  • l’albumine, la protéine la plus abondante, fabriquée par le foie ;
  • les alpha-1 et alpha-2-globulines, qui contiennent plusieurs protéines de l’inflammation, comme l’orosomucoïde ou l’haptoglobine ;
  • les bêta-1 et bêta-2-globulines, qui contiennent notamment la transferrine et des protéines du complément ;
  • les gammaglobulines, essentiellement les anticorps, ou immunoglobulines.

Le profil obtenu renseigne sur trois grandes questions : une inflammation, une perte ou un défaut de fabrication des protéines, et la présence d’une immunoglobuline monoclonale. Cette dernière est un anticorps identique produit en grande quantité par un seul groupe de cellules ; elle forme un pic étroit sur le tracé.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang classique, sur sérum. Le sérum est indispensable : le plasma contient du fibrinogène, qui peut former une fausse bande. Aucun jeûne strict n’est décrit dans les sources citées, mais une hémolyse ou une déshydratation peuvent perturber le tracé.

Deux techniques existent : l’électrophorèse capillaire, la plus répandue aujourd’hui, et l’électrophorèse sur gel d’agarose. Selon la HAS, le seuil de détection d’un pic dans la zone des gammaglobulines est de 0,2 à 0,75 g/L en électrophorèse capillaire, et d’environ 0,5 g/L sur gel.

Comment lire le résultat

Les fractions s’expriment en pourcentage et en grammes par litre (g/L). Les valeurs varient selon la technique. À titre d’exemple, le laboratoire de Barnes-Jewish Hospital, du réseau Mayo Clinic Laboratories, publie en électrophorèse capillaire des valeurs qui correspondent à 32 à 50 g/L d’albumine, 2 à 4 g/L d’alpha-1, 5 à 10 g/L d’alpha-2, 3 à 6 g/L de bêta-1, 2 à 6 g/L de bêta-2 et 5 à 17 g/L de gammaglobulines. Les protéines totales, au laboratoire de l’ICO (Angers), vont de 64 à 83 g/L.

Quelques profils reviennent souvent :

  • syndrome inflammatoire : hausse des alpha-globulines, souvent avec une albumine un peu basse ;
  • hausse diffuse des gammaglobulines : infection chronique, maladie auto-immune ou maladie du foie ;
  • pic étroit : immunoglobuline monoclonale, à caractériser par immunofixation ou immunotypage ;
  • gammaglobulines basses : manque d’anticorps, à explorer.

Devant un pic étroit, la HAS demande au biologiste de le caractériser et de le quantifier. Elle recommande un avis complémentaire si l’immunoglobuline dépasse 15 g/L pour une IgG ou 10 g/L pour une IgA ou une IgM, si la personne a moins de 60 ans, ou en cas de signe d’alerte.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est élevé. L’examen est encadré par une recommandation de la HAS de 2017, qui précise quand le prescrire. La HAS ne recommande pas de dépistage en population générale. Elle le réserve à des signes évocateurs : infections respiratoires à répétition, douleurs osseuses inexpliquées, anémie ou autre anomalie de l’hémogramme sans cause évidente, VS élevée avec CRP normale, hypercalcémie, insuffisance rénale récente, protéinurie significative, neuropathie ou purpura vasculaire.

Un pic découvert par hasard est souvent bénin. Dans une vaste étude de population du Minnesota (Kyle et al., New England Journal of Medicine, 2006), une gammapathie monoclonale de signification indéterminée était présente chez 3,2 % des personnes de 50 ans et plus, et 5,3 % des 70 ans et plus. La HAS décrit sa surveillance : semestrielle au début, puis annuelle.

La principale limite est l’inverse : l’absence de pic n’élimine pas un myélome à chaînes légères ou non sécrétant, comme le rappelle la HAS.

Les analyses à associer

  • Albumine et protéine C réactive : pour situer une dénutrition ou une inflammation.
  • Calcium total et créatinine : bilan de première intention d’une immunoglobuline monoclonale selon la HAS, avec l’hémogramme et la LDH selon le type.

À retenir

  • L’électrophorèse sépare les protéines du sang en six fractions.
  • Elle repère une inflammation, un manque d’anticorps ou un pic monoclonal.
  • La HAS la réserve aux situations évocatrices, sans dépistage systématique.
  • Un pic monoclonal est souvent bénin, mais se caractérise et se surveille.
  • L’absence de pic n’élimine pas certains myélomes.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Des gammaglobulines entre 5 et 17 g/L, c'est…

  2. 02Faut-il faire une électrophorèse chaque année sans aucun signe d'appel ?

  3. 03Une vitesse de sédimentation élevée avec une CRP normale…

  4. 04Un pic monoclonal découvert par hasard, est-ce forcément un cancer ?

  5. 05L'absence de pic élimine-t-elle un myélome ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 4

  1. 1HAS. Quand prescrire une électrophorèse des protéines sériques (EPS) et conduite à tenir en cas d'une immunoglobuline monoclonale. Rapport d'élaboration et fiche mémo, janvier 2017. https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2017-01/dir1/quand_prescrire_une_electrophorese_des_proteines_seriques_eps_et_conduite_a_tenir_en_cas_dune_immunoglobuline_monoclonale.pdf — fiche mémo
  2. 2Barnes-Jewish Hospital, laboratoire « powered by Mayo Clinic Laboratories » (Saint-Louis, États-Unis). Protein Electrophoresis, Serum with Interpretation, test LAB19616 : électrophorèse capillaire (notice CAPI 3 PROTEIN(E) 6, Sebia, 2018).
  3. 3Institut de Cancérologie de l'Ouest (ICO), laboratoire de biologie médicale, site d'Angers. Valeurs de référence, document ENP0146, version 14, application 17/03/2026 : biochimie sur automate Roche Cobas Pure.
  4. 4Kyle RA, Therneau TM, Rajkumar SV, et al. Prevalence of monoclonal gammopathy of undetermined significance. N Engl J Med. 2006;354(13):1362-1369. PMID 16571879.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.