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SangInflammationPreuve émergente

Interleukine 6

Aussi appelée IL-6 · IL6 · Interleukine-6

Les repères

  • Jusqu'au 95e percentile de sujets sains (technique Roche Ele moins de 7 pg/mL
  • Au-dessus du 95e percentile : cause à rechercher selon le co plus de 7 pg/mL

Adulte · Source : Roche Diagnostics, Elecsys® IL-6, 95e percentile de 817 sujets présumés sains, pg/mL (© 2020). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

L'interleukine 6 est une cytokine qui déclenche la réponse inflammatoire et commande la fabrication de la CRP. Utile à l'hôpital dans les infections graves, son dosage reste un outil de recherche pour l'inflammation chronique.

Pourquoi on la demande

  • Aider au diagnostic et au suivi d'une infection grave (sepsis), à l'hôpital.
  • Comprendre une inflammation, puisque l'IL-6 commande la fabrication de la CRP par le foie.
  • Étudier l'inflammation chronique liée à l'âge et la fragilité, dans un cadre de recherche.
  • Étudier la réponse de l'organisme à l'effort et la récupération, dans un cadre de recherche.

Ce qui peut la fausser

  • Effort physique récent : l'IL-6 peut être multipliée jusqu'à 100 fois pendant l'effort.
  • Infection, même banale, chirurgie ou traumatisme : hausse.
  • Méthode : chaque technique a ses propres valeurs ; dosages de recherche et de routine ne sont pas interchangeables.
  • Âge : les marqueurs d'inflammation, dont l'IL-6, augmentent chez la plupart des personnes âgées.
  • Obésité abdominale : associée à une inflammation de bas grade.

Causes d’une valeur haute

  • Infection grave, sepsis
  • Effort intense ou prolongé (transitoire)
  • Chirurgie ou traumatisme
  • Maladie inflammatoire
  • Inflammation chronique de bas grade liée à l'âge ou à l'obésité abdominale

Prise de sangBilans de sepsis à l'hôpital ; bilans d'inflammation et d'« inflammaging » proposés en médecine de longévité ; protocoles de recherche en physiologie de l'effort.

pg/mLPreuve émergente6 sources

Profil sportif

L'IL-6 est aussi une myokine, c'est-à-dire une molécule libérée par le muscle qui travaille : elle peut être multipliée jusqu'à 100 fois pendant un effort (Pedersen et Febbraio, 2008). Après le marathon de Copenhague, elle était 128 fois plus élevée qu'au départ (Ostrowski et al., 1999). Une IL-6 haute juste après l'effort est donc normale et ne traduit pas une maladie.

Ce que mesure l’analyse

Cette interleukine est un messager chimique de l'inflammation, qui pousse le foie à fabriquer la CRP. Elle est aussi libérée par le muscle pendant l'effort, ce qui complique la lecture de son dosage.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

L’interleukine 6 (IL-6) est une cytokine, c’est-à-dire une petite protéine qui sert de messager entre les cellules. Elle est produite par de nombreuses cellules, dont les globules blancs, les cellules des vaisseaux, le tissu adipeux et les muscles.

Elle joue un rôle central dans l’inflammation. C’est elle qui commande au foie la fabrication des protéines de la phase aiguë, dont la CRP, comme le rappellent Pepys et Hirschfield (Journal of Clinical Investigation, 2003). L’IL-6 se situe donc en amont de la CRP dans la chaîne de l’inflammation.

Mais l’IL-6 n’est pas qu’un signal d’alarme. Pedersen et Febbraio (Physiological Reviews, 2008) la décrivent comme la première myokine identifiée : une molécule libérée par le muscle qui travaille, avec des effets sur le métabolisme. Ce double visage, inflammatoire et métabolique, rend son interprétation délicate.

Comment se passe le prélèvement

Le dosage se fait sur sérum ou sur plasma, par une méthode immunologique. La technique Elecsys IL-6 de Roche, par exemple, repose sur un principe dit « en sandwich » et mesure des valeurs de 1,5 à 5 000 pg/mL.

Le contexte compte plus que la préparation. Un effort physique récent, une infection, une intervention ou un traumatisme font monter l’IL-6. Pour un dosage de fond, faites le prélèvement au repos, à distance d’une séance intense ou d’une maladie aiguë.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en picogrammes par millilitre (pg/mL) ; un picogramme est un millième de milliardième de gramme. Pour sa technique Elecsys, Roche indique, à partir de 817 personnes présumées en bonne santé, une valeur de référence allant jusqu’à 7 pg/mL (95e percentile). Autrement dit, 95 % de ces personnes avaient une valeur égale ou inférieure.

Une IL-6 élevée a beaucoup de causes possibles : infection, en particulier grave, chirurgie, traumatisme, maladie inflammatoire, mais aussi effort physique récent. Roche présente son test comme une aide au diagnostic et à la prise en charge du sepsis, une réponse grave et dérégulée de l’organisme à une infection.

Chez la personne âgée, des taux modérément élevés ont une autre signification. Dans une cohorte de 1 293 personnes de plus de 65 ans sans handicap, suivies en moyenne 4,6 ans dans l’Iowa (Harris et al., American Journal of Medicine, 1999), le quart de la population avec l’IL-6 la plus haute, à partir de 3,19 pg/mL, avait un risque de décès environ deux fois plus élevé que le quart le plus bas. Ce seuil vient d’un dosage de recherche : il ne se transpose pas tel quel à un autre laboratoire.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est faible pour un usage individuel en dehors de l’hôpital. Le dosage est utile dans des situations aiguës et spécialisées. Comme marqueur de l’inflammation chronique, il relève encore de la recherche.

Ferrucci et Fabbri (Nature Reviews Cardiology, 2018) décrivent l’« inflammaging » : la plupart des personnes âgées développent une inflammation de bas grade, avec des marqueurs sanguins comme l’IL-6 plus élevés. Elle est associée aux maladies cardiovasculaires, à la fragilité et à un décès plus précoce. Ses causes possibles sont multiples : obésité abdominale, perméabilité intestinale, sénescence cellulaire, infections chroniques. Les auteurs soulignent qu’on ne sait pas encore si agir sur cette inflammation change l’évolution des problèmes de santé autres que cardiovasculaires.

Chez le sportif, les données sont spectaculaires. Lors du marathon de Copenhague, l’IL-6 était 128 fois plus élevée juste après la course qu’avant le départ (Ostrowski et al., Journal of Physiology, 1999). Cette hausse était équilibrée par des molécules anti-inflammatoires, comme l’IL-10 et l’antagoniste du récepteur de l’IL-1. Pedersen et Febbraio soulignent un paradoxe : l’IL-6 libérée après l’effort s’accompagne d’une meilleure action de l’insuline, alors qu’une IL-6 chroniquement élevée est associée à l’obésité et à une moins bonne action de l’insuline.

Les analyses à associer

  • Protéine C réactive ultrasensible : sa production dépend de l’IL-6, et son dosage est mieux standardisé.
  • Facteur de nécrose tumorale alpha : autre cytokine de l’inflammation.
  • Interleukine 10 : cytokine anti-inflammatoire, utile pour lire l’équilibre.
  • Procalcitonine : en cas de suspicion d’infection bactérienne grave.

À retenir

  • L’IL-6 est une cytokine qui commande la fabrication de la CRP par le foie.
  • Roche situe le 95e percentile de sujets sains à 7 pg/mL pour sa technique Elecsys.
  • Elle monte fortement et brièvement après un effort, ce qui est normal.
  • Chez la personne âgée, une IL-6 modérément élevée est associée à une mortalité plus forte.
  • En dehors de l’hôpital, son dosage relève encore de la recherche.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Avec la technique Roche Elecsys, une IL-6 jusqu'à 7 pg/mL…

  2. 02Juste après un marathon, l'IL-6…

  3. 03Chez les personnes âgées de l'étude de Harris, une IL-6 d'au moins 3,19 pg/mL…

  4. 04L'IL-6 et la CRP ont-elles un lien ?

  5. 05Le dosage de l'IL-6 est-il validé pour suivre son inflammation de fond ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 6

  1. 1Roche Diagnostics. Elecsys® IL-6 : fiche produit (immunodosage en sandwich, plage de mesure 1,5 à 5 000 pg/mL, valeur de référence établie sur 817 sujets présumés sains), © 2020.
  2. 2Pepys MB, Hirschfield GM. C-reactive protein: a critical update. J Clin Invest. 2003;111(12):1805-1812. PMID 12813013.
  3. 3Pedersen BK, Febbraio MA. Muscle as an endocrine organ: focus on muscle-derived interleukin-6. Physiol Rev. 2008;88(4):1379-1406. PMID 18923185.
  4. 4Ostrowski K, Rohde T, Asp S, Schjerling P, Pedersen BK. Pro- and anti-inflammatory cytokine balance in strenuous exercise in humans. J Physiol. 1999;515(Pt 1):287-291. PMID 9925898.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.