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SangInflammationPreuve émergente

Lp-PLA2

Aussi appelée Lp-PLA2 · Phospholipase A2 associée aux lipoprotéines · PAF-acétylhydrolase

Les repères

  • Faible moins de 200 ng/mL (masse)
  • Élevée plus de 200 ng/mL (masse)

Source : Cleveland HeartLab, fiche Lp-PLA2 CHL-D010c, masse en ng/mL, plasma EDTA ou sérum. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

La Lp-PLA2 est une enzyme inflammatoire présente dans les plaques d'athérome et transportée par les lipoprotéines. Associée modestement au risque coronaire, elle n'a pas tenu ses promesses comme cible thérapeutique.

Pourquoi on la demande

  • Compléter, dans certains bilans spécialisés, l'estimation du risque cardiovasculaire.
  • Étudier l'inflammation de la paroi des artères, dans un cadre de recherche.
  • Bilans de prévention cardiovasculaire proposés par certains laboratoires étrangers.

Ce qui peut la fausser

  • Lipides : la Lp-PLA2 est liée aux lipides athérogènes ; un LDL élevé s'accompagne souvent d'une Lp-PLA2 plus haute.
  • Masse ou activité : deux tests différents, avec des unités et des seuils différents.
  • Seuils propres à chaque laboratoire et à chaque technique.
  • Type de tube : respecter le protocole du laboratoire (plasma EDTA ou sérum chez Cleveland HeartLab).

Causes d’une valeur haute

  • Lipides athérogènes élevés
  • Maladie coronaire ou risque cardiovasculaire accru
  • Inflammation de la paroi des artères

Prise de sangBilans de risque cardiovasculaire et d'inflammation vasculaire (par exemple Cleveland HeartLab, États-Unis).

ng/mL (masse)Preuve émergente4 sources

Ce que mesure l’analyse

Cette enzyme est transportée surtout par le cholestérol LDL et présente dans les plaques d'athérome. Son dosage renseigne sur l'inflammation de la paroi des artères, avec un poids modeste dans l'estimation du risque.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

La Lp-PLA2, ou phospholipase A2 associée aux lipoprotéines, est une enzyme produite surtout par des cellules de l’inflammation, comme les macrophages. Dans le sang, elle circule principalement fixée aux lipoprotéines, en particulier aux LDL, qui transportent le cholestérol.

Dans la paroi des artères, elle découpe des phospholipides oxydés, des graisses abîmées, en produits qui entretiennent l’inflammation. La Lp-PLA2 Studies Collaboration (The Lancet, 2010) la décrit comme une enzyme inflammatoire exprimée dans les plaques d’athérome. Les auteurs de l’essai STABILITY (New England Journal of Medicine, 2014) rappellent qu’une activité élevée favorise le développement de plaques vulnérables, celles qui risquent de se rompre.

Deux mesures existent :

  • la masse, qui mesure la quantité d’enzyme, en ng/mL ;
  • l’activité, qui mesure ce qu’elle fait, avec une autre unité.

Les deux sont liées entre elles, mais leurs seuils ne sont pas interchangeables.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang classique, sur plasma EDTA ou sérum selon Cleveland HeartLab. Ce dosage est surtout proposé par des laboratoires spécialisés étrangers, en particulier aux États-Unis.

Comme la Lp-PLA2 est transportée par les lipoprotéines, elle se lit toujours avec le bilan lipidique du même jour.

Comment lire le résultat

Cleveland HeartLab, un laboratoire américain du groupe Quest Diagnostics, classe la masse de Lp-PLA2 en deux catégories : faible jusqu’à 200 ng/mL, élevée au-delà de 200 ng/mL. Ces catégories sont propres à ce laboratoire et à sa méthode ; elles ne constituent pas une recommandation officielle.

Une valeur isolée ne suffit pas à classer une personne à risque élevé. L’estimation du risque cardiovasculaire repose d’abord sur les facteurs de risque classiques. Un résultat de Lp-PLA2 ne remplace pas cette évaluation, qui se fait avec le médecin.

Une Lp-PLA2 élevée s’accompagne souvent de lipides athérogènes élevés. La Lp-PLA2 Studies Collaboration retrouve en effet une association avec ces lipides. Le résultat se lit donc avec le LDL cholestérol, le cholestérol non-HDL et les autres facteurs de risque : âge, tension, tabac, diabète.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est celui d’un marqueur dont l’intérêt s’est réduit avec le temps. Deux types d’études éclairent son statut.

Comme marqueur de risque, la Lp-PLA2 Studies Collaboration a réuni les données individuelles de 79 036 participants issus de 32 études prospectives. Après ajustement sur les facteurs de risque classiques, chaque écart-type supplémentaire de Lp-PLA2 était associé à environ 10 % de risque coronaire en plus, pour l’activité comme pour la masse. Cette association modeste était du même ordre que celle du cholestérol non-HDL dans les mêmes analyses.

Comme cible, l’enzyme a déçu. Deux grands essais ont testé un médicament qui la bloque, le darapladib. STABILITY a inclus 15 828 patients coronariens stables, SOLID-TIMI 52 (JAMA, 2014) 13 026 patients après un syndrome coronarien aigu. Aucun n’a réduit son critère principal d’événements cardiovasculaires. Ces résultats suggèrent que la Lp-PLA2 serait plutôt un témoin de l’inflammation vasculaire qu’un acteur dont le blocage protège.

En pratique, ce dosage n’est pas recommandé en France pour le suivi individuel. Il reste proposé dans certains bilans spécialisés à l’étranger.

Les analyses à associer

  • LDL cholestérol : principal facteur lipidique du risque.
  • Protéine C réactive ultrasensible : marqueur d’inflammation de bas grade plus standardisé.
  • Lipoprotéine (a) : autre marqueur lipidique, d’origine génétique.
  • Myéloperoxydase : autre marqueur d’inflammation vasculaire.

À retenir

  • La Lp-PLA2 est une enzyme inflammatoire transportée par les lipoprotéines et présente dans les plaques d’athérome.
  • Cleveland HeartLab classe la masse comme élevée au-delà de 200 ng/mL.
  • Son association avec le risque coronaire est réelle mais modeste.
  • Les médicaments qui la bloquent n’ont pas réduit les événements cardiovasculaires.
  • Elle ne remplace ni le LDL cholestérol ni les facteurs de risque classiques.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Chez Cleveland HeartLab, une Lp-PLA2 (masse) inférieure ou égale à 200 ng/mL est classée…

  2. 02La Lp-PLA2 prédit-elle fortement le risque coronaire ?

  3. 03Les grands essais qui ont bloqué cette enzyme ont-ils montré un bénéfice sur leur critère principal ?

  4. 04Masse et activité de la Lp-PLA2, est-ce la même mesure ?

  5. 05La Lp-PLA2 remplace-t-elle le LDL cholestérol ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 4

  1. 1Cleveland HeartLab (Cleveland, États-Unis, groupe Quest Diagnostics). Inflammation Tests – Providers : fiches MPO (CHL-D006d) et Lp-PLA2 (CHL-D010c), catégories de risque.
  2. 2Lp-PLA2 Studies Collaboration (Thompson A, Gao P, et al.). Lipoprotein-associated phospholipase A2 and risk of coronary disease, stroke, and mortality: collaborative analysis of 32 prospective studies. Lancet. 2010;375(9725):1536-1544. PMID 20435228.
  3. 3STABILITY Investigators (White HD, Held C, et al.). Darapladib for preventing ischemic events in stable coronary heart disease. N Engl J Med. 2014;370(18):1702-1711. PMID 24678955.
  4. 4O'Donoghue ML, Braunwald E, White HD, et al. Effect of darapladib on major coronary events after an acute coronary syndrome: the SOLID-TIMI 52 randomized clinical trial. JAMA. 2014;312(10):1006-1015. PMID 25173516.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.