Ce que mesure l’analyse
Le GlycA n’est pas une protéine, mais un signal. Il est mesuré par résonance magnétique nucléaire (RMN), une technique qui identifie des groupes de molécules grâce à leur comportement dans un champ magnétique. Ce signal provient de sucres particuliers, des résidus de N-acétylglucosamine, accrochés à plusieurs protéines de l’inflammation.
Selon les travaux de mise au point d’Otvos et ses collègues (Clinical Chemistry, 2015), les principales protéines qui contribuent au signal sont l’orosomucoïde, l’haptoglobine, l’alpha-1 antitrypsine, l’alpha-1 antichymotrypsine et la transferrine. Le GlycA donne donc une image globale de plusieurs protéines de la phase aiguë à la fois, plutôt que d’une seule molécule.
Le signal est extrait des spectres déjà réalisés pour le bilan lipidique par RMN. Il est surtout disponible aux États-Unis, chez Labcorp, qui a développé le test.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique, sur sérum de préférence, envoyée réfrigérée. Labcorp accepte aussi le plasma, mais précise que les valeurs sur plasma EDTA sont en moyenne 3 à 5 % plus basses que sur sérum. Une hémolyse peut abaisser le résultat de plus de 10 %.
Comme pour tout marqueur d’inflammation, évitez le prélèvement pendant une infection, juste après une blessure ou une intervention.
Comment lire le résultat
Le résultat s’exprime en micromoles par litre (µmol/L). Labcorp utilise une limite de décision médicale : bas sous 400 µmol/L, élevé à partir de 400 µmol/L. Labcorp rappelle que ce test n’est pas autorisé par la FDA, l’agence américaine du médicament, et que c’est un marqueur non spécifique, à lire avec l’histoire clinique et les événements récents.
L’intérêt mis en avant est la stabilité. Otvos et ses collègues ont mesuré une variabilité d’environ 4 % d’une semaine à l’autre chez 23 volontaires sains, avec une très bonne précision analytique. Labcorp estime qu’une seule mesure suffit pour l’évaluation du risque cardiovasculaire, contrairement à la CRP ultrasensible.
Comme pour la CRP ultrasensible, une valeur élevée isolée ne dit rien de la cause. Une infection banale, une blessure ou une poussée inflammatoire peuvent suffire. Le résultat ne prend du sens qu’à distance de ces événements, comparé à une mesure antérieure faite dans le même laboratoire.
Le GlycA est corrélé aux autres marqueurs d’inflammation. Dans la cohorte américaine MESA, chez 5 537 participants, la corrélation était de 0,56 avec la CRP ultrasensible, 0,46 avec le fibrinogène et 0,35 avec l’IL-6.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est celui d’un marqueur émergent. Le GlycA est associé aux événements cardiovasculaires dans les grandes cohortes. Mais apporte-t-il plus que la CRP ultrasensible ? Les données ne le montrent pas clairement.
Dans la Women’s Health Study (Akinkuolie et al., Journal of the American Heart Association, 2014), 27 491 femmes en bonne santé ont été suivies pendant 17,2 ans en médiane. Le quart de femmes avec le GlycA le plus élevé avait un risque cardiovasculaire 1,64 fois plus élevé que le quart le plus bas, une association proche de celle de la CRP ultrasensible. Mais après ajustement sur les lipides puis sur la CRP ultrasensible, l’association du GlycA disparaissait, alors que celle de la CRP persistait.
En pratique, le GlycA reste un outil de recherche, parfois proposé dans des bilans de prévention à l’étranger. Il ne fait partie d’aucune recommandation officielle pour le suivi individuel.
Les analyses à associer
- Protéine C réactive ultrasensible : le marqueur de comparaison.
- Orosomucoïde et haptoglobine : deux des protéines qui composent le signal.
- Interleukine 6 : la cytokine qui commande leur production.
À retenir
- Le GlycA est un signal RMN qui reflète plusieurs protéines de l’inflammation.
- Labcorp classe les valeurs en bas sous 400 µmol/L et élevé au-delà.
- Il est stable d’une semaine à l’autre chez une personne en bonne santé.
- Il n’a pas montré d’avantage clair sur la CRP ultrasensible.
- C’est un marqueur de recherche, surtout disponible aux États-Unis.