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SangInflammationPreuve émergente

Myéloperoxydase

Aussi appelée MPO · Myéloperoxydase plasmatique

Les repères

  • Risque faible moins de 470 pmol/L
  • Risque modéré 470 à 539 pmol/L
  • Risque élevé plus de 540 pmol/L

Source : Cleveland HeartLab, fiche MPO CHL-D006d, plasma EDTA, pmol/L. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

La myéloperoxydase est une enzyme des globules blancs qui participe à la défense contre les microbes et à l'inflammation des artères. Son dosage sanguin reste un marqueur de recherche du risque cardiovasculaire.

Pourquoi on la demande

  • Compléter, dans certains bilans spécialisés, l'évaluation du risque cardiovasculaire.
  • Étudier le risque d'événement cardiaque chez une personne qui consulte pour une douleur thoracique, dans un cadre de recherche.
  • Bilans de prévention cardiovasculaire proposés par certains laboratoires étrangers.

Ce qui peut la fausser

  • Héparine : elle libère la MPO fixée aux vaisseaux et fait monter le taux ; le prélèvement se fait avant toute héparine.
  • Effort prolongé récent : hausse après un marathon.
  • Infection ou inflammation : les globules blancs activés libèrent de la MPO.
  • Type de tube et délai : respecter le protocole du laboratoire (plasma EDTA chez Cleveland HeartLab).
  • Confusion fréquente avec les anticorps anti-MPO, une autre analyse qui recherche des auto-anticorps.

Causes d’une valeur haute

  • Infection ou inflammation avec activation des polynucléaires
  • Syndrome coronarien aigu
  • Maladie coronaire
  • Effort prolongé récent (transitoire)
  • Injection récente d'héparine

Prise de sangBilans de risque cardiovasculaire et d'inflammation vasculaire (par exemple Cleveland HeartLab, États-Unis).

pmol/LPreuve émergente4 sources

Profil sportif

Après un marathon, la MPO plasmatique a augmenté d'environ 1,8 fois chez dix coureurs, signe de l'activation des polynucléaires neutrophiles (Suzuki et al., 2003). Un dosage fait juste après une épreuve longue surestime donc votre niveau de base. Aucun repère propre au sportif n'existe.

Ce que mesure l’analyse

La myéloperoxydase est une enzyme libérée par certains globules blancs activés. Elle aide à tuer les microbes, mais peut aussi abîmer la paroi des artères, d'où son intérêt dans l'étude du risque cardiovasculaire.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

La myéloperoxydase (MPO) est une enzyme stockée dans les granules des polynucléaires neutrophiles et des monocytes, des globules blancs de la défense de première ligne. Quand ces cellules sont activées, elles libèrent la MPO. L’enzyme produit alors des oxydants puissants, comme l’acide hypochloreux, qui aident à détruire les microbes.

Ces oxydants ont un revers. Dans la paroi des artères, la MPO peut oxyder les lipides et réduire la disponibilité du monoxyde d’azote, une molécule qui permet aux vaisseaux de se dilater. Selon Brennan et ses collègues (New England Journal of Medicine, 2003), la MPO est abondante dans les plaques d’athérome fissurées ou rompues de personnes décédées subitement d’une cause cardiaque.

Attention à la confusion : le dosage de la MPO mesure l’enzyme elle-même. Il n’a rien à voir avec les anticorps anti-MPO, des auto-anticorps recherchés dans certaines vascularites.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang sur plasma EDTA, selon le protocole de Cleveland HeartLab. Le point clé est l’héparine. Baldus et ses collègues (Circulation, 2006) ont montré, chez 109 patients, qu’une injection d’héparine libère la MPO fixée à la paroi des vaisseaux et fait monter son taux dans le plasma. Le prélèvement doit donc se faire avant toute héparine.

Signalez aussi une infection, une inflammation ou un effort prolongé récent : tous activent les globules blancs et augmentent la MPO.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en picomoles par litre (pmol/L). Cleveland HeartLab, un laboratoire américain spécialisé du groupe Quest Diagnostics, propose trois catégories de risque :

  • moins de 470 pmol/L : risque faible ;
  • de 470 à 539 pmol/L : risque modéré ;
  • 540 pmol/L et plus : risque élevé.

Pour comparer deux résultats, faites-les dans le même laboratoire, au repos, à distance d’une infection et sans héparine récente.

Ces catégories sont propres à ce laboratoire et à sa technique. Elles ne constituent pas une recommandation officielle. Une MPO élevée ne dit pas où se situe l’inflammation : une infection banale ou un effort récent suffisent à la faire monter.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est celui d’un marqueur émergent. L’étude de référence est celle de Brennan et ses collègues, chez 604 personnes consultant aux urgences pour une douleur thoracique. La MPO mesurée à l’arrivée prédisait le risque d’infarctus, y compris chez celles dont la troponine, le marqueur de souffrance du cœur, était initialement négative. Chez ces dernières, les personnes du deuxième, troisième et quatrième quart de MPO avaient un risque d’événement cardiaque majeur à 30 jours environ 2,2, 4,2 et 4,1 fois plus élevé que celles du premier quart.

Ces résultats concernent des personnes déjà symptomatiques, aux urgences. Ils ne prouvent pas l’utilité d’un dosage de dépistage chez une personne en bonne santé. Aucune recommandation officielle ne propose aujourd’hui la MPO pour le suivi individuel du risque cardiovasculaire.

Chez le sportif, Suzuki et ses collègues (Medicine and Science in Sports and Exercise, 2003) ont mesuré une MPO plasmatique environ 1,8 fois plus élevée après un marathon, chez dix coureurs. Cette hausse traduit l’activation des polynucléaires par l’effort.

Les analyses à associer

  • Protéine C réactive ultrasensible : marqueur standardisé de l’inflammation de bas grade.
  • Troponine ultrasensible : marqueur de souffrance du muscle cardiaque.
  • LDL oxydées : témoins de l’oxydation des lipides.
  • Lp-PLA2 : autre marqueur d’inflammation vasculaire.

À retenir

  • La MPO est une enzyme des globules blancs, utile contre les microbes mais impliquée dans l’inflammation des artères.
  • Cleveland HeartLab classe le risque comme faible sous 470 pmol/L et élevé à partir de 540 pmol/L.
  • L’héparine, une infection ou un effort récent font monter le résultat.
  • Son intérêt pronostique a été montré chez des personnes déjà symptomatiques.
  • Ce n’est pas un examen de dépistage recommandé.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Chez Cleveland HeartLab, une MPO inférieure à 470 pmol/L correspond à…

  2. 02Une MPO d'au moins 540 pmol/L est classée…

  3. 03Pourquoi éviter l'héparine avant le prélèvement ?

  4. 04La MPO et les anticorps anti-MPO, est-ce la même analyse ?

  5. 05Un marathon peut-il faire monter la MPO ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 4

  1. 1Cleveland HeartLab (Cleveland, États-Unis, groupe Quest Diagnostics). Inflammation Tests – Providers : fiches MPO (CHL-D006d) et Lp-PLA2 (CHL-D010c), catégories de risque.
  2. 2Brennan ML, Penn MS, Van Lente F, et al. Prognostic value of myeloperoxidase in patients with chest pain. N Engl J Med. 2003;349(17):1595-1604. PMID 14573731.
  3. 3Baldus S, Rudolph V, Roiss M, et al. Heparins increase endothelial nitric oxide bioavailability by liberating vessel-immobilized myeloperoxidase. Circulation. 2006;113(15):1871-1878. PMID 16606792.
  4. 4Suzuki K, Nakaji S, Yamada M, et al. Impact of a competitive marathon race on systemic cytokine and neutrophil responses. Med Sci Sports Exerc. 2003;35(2):348-355. PMID 12569227.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.