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Sang · Hématologie

Globules blancs

Aussi appelée Leucocytes, GB, WBC, Numération leucocytaire

Niveau de preuve : ValidéeDemandée selon les recommandations des autorités de santé.

La numération des globules blancs compte l'ensemble des cellules de défense présentes dans le sang. Très sensible à l'effort, au stress et à l'heure, elle ne prend son sens qu'avec le détail de la formule leucocytaire.

Les repères

Repères : Adulte
Leucopéniemoins de 4 G/L
Valeurs normales4 à 10 G/L
Hyperleucocytoseplus de 10 G/L

Source : UNF3S, support de cours d'hématologie, item 316 « Hémogramme : indications et interprétations »

Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Pourquoi on la demande

  • Rechercher une infection ou une inflammation devant une fièvre ou un syndrome infectieux inexpliqué
  • Explorer une fatigue persistante, un amaigrissement, des ganglions ou une rate augmentée de volume
  • Surveiller un traitement qui peut faire baisser les globules blancs (chimiothérapie, certains médicaments)
  • Bilan de santé, de grossesse ou préopératoire
  • Servir de point de départ à la formule leucocytaire, plus informative que le total

Ce qui peut la fausser

  • Effort physique : hausse en quelques minutes, retour à la valeur de base après environ vingt minutes de repos
  • Horaire : variation moyenne de 41 % au cours de la journée, maximum vers 22 heures
  • Tabac : hausse, surtout des neutrophiles
  • Repas récent, stress, douleur : hausse modérée
  • Grossesse : hausse progressive
  • Corticoïdes : hausse
  • Conservation : total stable environ trois jours à température ambiante, mais formule moins fiable au-delà d'un jour

Valeur haute : les causes possibles

  • Causes physiologiques : effort, stress, repas, grossesse
  • Infections bactériennes
  • Tabagisme
  • Maladies inflammatoires, nécrose d'un tissu (infarctus, pancréatite), suites opératoires
  • Médicaments : corticoïdes, lithium
  • Maladies du sang : leucémies, syndromes myéloprolifératifs ou lymphoprolifératifs

Valeur basse : les causes possibles

  • Neutropénie ethnique bénigne chez les personnes d'ascendance africaine
  • Infections virales et certaines infections bactériennes (typhoïde, brucellose)
  • Médicaments, chimiothérapie, radiations
  • Maladies auto-immunes (lupus)
  • Grosse rate (hypersplénisme)
  • Maladies de la moelle osseuse

Profil sportif

Un effort fait monter les globules blancs en quelques minutes, puis le compte revient à sa valeur de base après une vingtaine de minutes de repos, selon les études analysées par l'ANAES. Après un effort long et intense, les lymphocytes peuvent ensuite passer sous leur valeur de départ pendant une à deux heures, par redistribution vers les tissus. Un entraînement intense juste avant la prise de sang peut donc fausser le bilan.

Ce que mesure l’analyse

Bien moins nombreux que les globules rouges. Mais ce sont eux qui défendent l’organisme.

La numération des globules blancs, ou leucocytes, compte toutes les cellules immunitaires présentes dans un litre de sang. Ce total regroupe cinq familles aux rôles distincts : les polynucléaires neutrophiles, éosinophiles et basophiles, les lymphocytes et les monocytes. Les neutrophiles et les lymphocytes en forment l’essentiel.

Le sang n’est pour eux qu’une route. La plupart des globules blancs vivent dans la moelle osseuse, les ganglions, la rate ou les tissus, et ne font que transiter par la circulation. Une partie reste collée à la paroi des vaisseaux : c’est le compartiment dit marginé.

Conséquence directe : le chiffre mesuré dépend de leur répartition à l’instant du prélèvement. Un effort, un stress ou des hormones comme l’adrénaline et le cortisol suffisent à décoller les cellules marginées et à faire monter le compte en quelques minutes.

Comment se passe le prélèvement

Les globules blancs sont comptés lors de la numération formule sanguine (NFS), sur un tube à l’EDTA. L’automate détruit les globules rouges, puis compte et classe les cellules restantes, en général par cytométrie de flux, selon leur taille et leur contenu.

L’horaire compte. Dans une étude analysée par l’ANAES (devenue la HAS), les leucocytes variaient en moyenne de 41 % entre le moment le plus bas et le plus haut de la journée, avec un maximum vers 22 heures. L’ANAES en concluait qu’il valait mieux standardiser l’heure du prélèvement, de préférence le matin.

Pour un bilan de suivi, évitez un effort intense juste avant et notez l’heure de la prise de sang. Selon une étude des Archives of Pathology and Laboratory Medicine, le compte total reste stable au moins trois jours à température ambiante, mais la répartition entre familles n’est plus fiable au-delà d’un jour.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en gigas par litre (G/L), soit en milliards de cellules par litre. L’enseignement universitaire d’hématologie retient chez l’adulte un intervalle de 4 à 10 G/L : on parle de leucopénie en dessous et d’hyperleucocytose au-dessus. D’autres laboratoires retiennent 3,5 à 10,5 G/L, comme le réseau hospitalier EORLA dans l’Est de l’Ontario.

Les normes changent avec l’âge et la grossesse. Selon la même source universitaire, l’intervalle va de 4,5 à 13,5 G/L entre 10 et 12 ans. Pendant la grossesse, une étude australienne citée par l’ANAES retenait 5,9 à 16,9 G/L au troisième trimestre.

Ce qui compte vraiment : le total compte moins que le détail. L’ANAES estimait qu’une leucopénie ou une hyperleucocytose globale n’avait pas de signification médicale claire, et demandait d’analyser chaque famille en valeur absolue. Un total normal peut cacher une baisse des neutrophiles compensée par une hausse des lymphocytes.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve de la numération est élevé, mais sa lecture repose sur la formule leucocytaire. Les variations physiologiques sont nombreuses et bien documentées : effort, repas, stress, tabac, grossesse, horaire.

L’effort en est l’exemple le plus net. Dans une étude analysée par l’ANAES, un exercice sous-maximal de vingt minutes chez des sportifs augmentait les neutrophiles de 175 %, les lymphocytes de 220 % et les monocytes de 240 %. Les valeurs maximales étaient presque atteintes dès dix minutes, et le retour à la base survenait après vingt minutes de repos.

Le tabac agit plus durablement. Selon l’ANAES, il peut augmenter les neutrophiles de 20 %, proportionnellement au nombre de cigarettes, et la normalisation après l’arrêt n’est que progressive.

Enfin, une partie de la population a naturellement moins de globules blancs. Une étude de PLoS Genetics a relié le nombre plus bas de neutrophiles observé chez des personnes d’ascendance africaine à une variante du gène du récepteur Duffy. Isolée et bien tolérée, cette particularité ne justifie pas d’explorations supplémentaires selon l’ANAES.

Les analyses à associer

  • Formule leucocytaire en valeurs absolues, indispensable pour interpréter le total ;
  • CRP, pour rechercher une inflammation ;
  • Frottis sanguin, pour vérifier l’aspect des cellules en cas d’anomalie ;
  • Hémoglobine et plaquettes, car une anomalie de plusieurs lignées oriente vers la moelle osseuse.

À retenir

  • Les globules blancs regroupent cinq familles de cellules de défense ;
  • Chez l’adulte, l’intervalle habituel va de 4 à 10 G/L ;
  • Effort, stress, repas, tabac et horaire font varier le compte en quelques minutes ou quelques heures ;
  • Le détail de la formule compte plus que le total.

Proposée dans Numération formule sanguine (NFS ou hémogramme)

Sources

  1. UNF3S. Support de cours d'hématologie, item 316 : Hémogramme, indications et interprétations (2009-2010)
  2. ANAES. Lecture critique de l'hémogramme : valeurs seuils à reconnaître comme probablement pathologiques et principales variations non pathologiques. Service des références médicales, septembre 1997
  3. Conseil médical du Canada. Valeurs de référence, section hématologie (Association des laboratoires régionaux de l'Est de l'Ontario, EORLA, Hematology reference ranges, 25 juin 2019)
  4. Gulati GL, Hyland LJ, Kocher W, Schwarting R. Changes in automated complete blood cell count and differential leukocyte count results induced by storage of blood at room temperature. Arch Pathol Lab Med. 2002;126(3):336-342. doi:10.5858/2002-126-0336-CIACBC
  5. Campbell JP, Turner JE. Debunking the myth of exercise-induced immune suppression: redefining the impact of exercise on immunological health across the lifespan. Front Immunol. 2018;9:648. doi:10.3389/fimmu.2018.00648
  6. Reich D, Nalls MA, Kao WHL, et al. Reduced neutrophil count in people of African descent is due to a regulatory variant in the Duffy antigen receptor for chemokines gene. PLoS Genet. 2009;5(1):e1000360. doi:10.1371/journal.pgen.1000360

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.