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Sang · Hématologie

Globules rouges

Aussi appelée Hématies, Érythrocytes, GR, RBC

Niveau de preuve : ValidéeDemandée selon les recommandations des autorités de santé.

La numération des globules rouges compte les cellules qui transportent l'oxygène dans un litre de sang. Lue avec l'hémoglobine et le VGM, elle aide à distinguer une carence en fer d'un trait thalassémique ou d'une simple dilution.

Les repères

Repères : Homme
Sous la limite de référence (25 à 45 ans)moins de 4,5 T/L
Limites de référence (25 à 45 ans)4,5 à 5,7 T/L
Au-dessus de la limite de référenceplus de 5,7 T/L

Source : ANAES, Lecture critique de l'hémogramme, septembre 1997 : limites de référence du Centre de médecine préventive de Vandœuvre-lès-Nancy, automate Coulter S+ (impédance), 2,5e et 97,5e percentiles

Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Pourquoi on la demande

  • Compléter l'analyse d'une anémie ou d'une polyglobulie
  • Orienter des globules rouges trop petits : un nombre élevé avec un VGM bas évoque un trait thalassémique plutôt qu'une carence en fer
  • Calculer les constantes érythrocytaires (TCMH) et vérifier la cohérence de l'hémogramme
  • Suivre une maladie du sang ou un traitement qui agit sur la moelle osseuse
  • Bilan de santé ou bilan préopératoire

Ce qui peut la fausser

  • Posture et garrot prolongé : hausse par concentration du sang
  • Déshydratation ou effort intense récent : hausse ; perfusion : baisse
  • Agglutinines froides (anticorps qui collent les globules rouges au froid) : les amas sont comptés comme une seule cellule, nombre faussement bas
  • Grossesse : baisse par dilution
  • Consommation d'alcool, même occasionnelle : baisse modérée et dose-dépendante
  • Conservation : effet faible, le nombre reste stable plusieurs jours à température ambiante, contrairement au VGM

Valeur haute : les causes possibles

  • Hémoconcentration par manque d'eau : déshydratation, diurétiques
  • Trait thalassémique : globules rouges nombreux mais petits
  • Tabagisme, apnées du sommeil, maladie respiratoire chronique (manque d'oxygène)
  • Vie ou séjour prolongé en altitude
  • Testostérone, stéroïdes anabolisants, EPO
  • Polyglobulie de Vaquez et autres polyglobulies

Valeur basse : les causes possibles

  • Anémie : carence en fer, inflammation, maladie rénale, carence en vitamine B12 ou en folates
  • Hémodilution : grossesse, perfusion
  • Saignement ou hémolyse (destruction des globules rouges)
  • Consommation régulière d'alcool (baisse modérée)
  • Maladie de la moelle osseuse ou chimiothérapie

Profil sportif

L'entraînement d'endurance augmente la masse totale de globules rouges, mais le plasma augmente davantage : leur concentration peut donc baisser légèrement. La course à pied détruit des globules rouges par les impacts répétés du pied au sol, ce qui rajeunit la population circulante. Une déshydratation ou un stage en altitude font monter le chiffre.

Ce que mesure l’analyse

Plusieurs milliers de milliards dans chaque litre de sang. Sans noyau. Remplis d’hémoglobine.

La numération des globules rouges, ou hématies, compte ces cellules dans un litre de sang. Le résultat s’exprime en téras par litre (T/L), un téra valant mille milliards. Dépourvus de noyau, les globules rouges sont entièrement consacrés au transport de l’oxygène.

Leur nombre résulte d’un équilibre. La moelle osseuse en produit en continu sous l’effet de l’érythropoïétine (EPO), une hormone libérée par le rein. La rate et le foie éliminent les plus âgés. Une perte de sang, une destruction accélérée ou une production freinée font baisser le compte.

Ce chiffre seul dit peu de chose. Sa valeur vient de sa confrontation avec l’hémoglobine et le volume globulaire moyen (VGM), la taille moyenne des globules rouges.

Comment se passe le prélèvement

Le compte fait partie de la numération formule sanguine (NFS). Le sang veineux est prélevé sur un tube à l’EDTA, un anticoagulant, puis analysé par un automate. La technique la plus répandue est la variation d’impédance : chaque cellule qui traverse un minuscule orifice modifie un courant électrique, ce qui permet de la compter et de mesurer son volume.

Ce paramètre se conserve bien. Une étude des Archives of Pathology and Laboratory Medicine a montré qu’il restait stable sept jours à température ambiante, alors que le VGM augmentait dès le deuxième jour. La position du corps et un garrot trop long, en revanche, concentrent le sang et augmentent le compte.

Un piège technique existe. Des anticorps appelés agglutinines froides collent les globules rouges entre eux à basse température : l’automate compte alors un amas comme une seule cellule et sous-estime leur nombre. Le laboratoire le repère en général par une CCMH anormalement haute.

Comment lire le résultat

Dans les données du Centre de médecine préventive de Vandœuvre-lès-Nancy, reprises par l’ANAES (devenue la HAS), les limites de référence allaient de 4,5 à 5,7 T/L chez l’homme de 25 à 45 ans et de 4,1 à 5,2 T/L chez la femme du même âge. Ces bornes correspondent aux 2,5e et 97,5e percentiles, mesurés sur un automate Coulter. Votre laboratoire imprime les siennes, adaptées à sa méthode.

La lecture utile est croisée. Une hémoglobine basse avec peu de globules rouges oriente vers une anémie classique. Des globules rouges nombreux mais petits, avec une hémoglobine normale ou un peu basse, orientent plutôt vers un trait thalassémique, une particularité héréditaire le plus souvent sans symptôme.

À l’inverse, la carence en fer réduit à la fois le nombre et la taille des globules rouges.

Ce qui compte vraiment : le nombre de globules rouges n’entre pas dans la définition de l’anémie. L’enseignement universitaire d’hématologie le rappelle, seule l’hémoglobine sert à la définir. Ce compte se lit donc toujours à côté d’elle.

Ce que dit la science

Le compte des globules rouges est un paramètre validé de l’hémogramme, que l’ANAES inclut dans le contenu minimal du compte rendu. Son intérêt propre tient surtout aux indices qu’il permet de calculer.

Le plus connu est l’indice de Mentzer, le rapport entre le VGM et le nombre de globules rouges, proposé dans The Lancet pour distinguer une carence en fer d’un trait thalassémique. Une étude parue dans Anemia, menée chez 290 enfants, l’a jugé le plus fiable de douze indices, avec une sensibilité de 98,7 % et une spécificité de 82,3 %. Il oriente, il ne tranche pas : seule une étude de l’hémoglobine en laboratoire, l’électrophorèse, confirme un trait thalassémique.

Chez le sportif, une revue de Frontiers in Physiology rappelle que l’entraînement accroît la masse totale de globules rouges tout en diluant leur concentration. Une étude du Journal of Applied Physiology a montré que l’hémolyse, la destruction de globules rouges, était quatre fois plus marquée après une heure de course qu’après une heure de vélo à intensité égale. L’impact du pied au sol en était la cause principale.

L’alcool pèse aussi sur ce paramètre. Une étude anglaise analysée par l’ANAES a trouvé une baisse du nombre de globules rouges proportionnelle à la consommation, même occasionnelle, avec une hausse parallèle du VGM.

Les analyses à associer

  • Hémoglobine et hématocrite, indispensables pour interpréter le compte ;
  • VGM, TCMH et CCMH, pour décrire la taille et le contenu en hémoglobine des globules rouges ;
  • Ferritine, examen de première intention de la HAS en cas de suspicion de carence en fer ;
  • Électrophorèse de l’hémoglobine si un trait thalassémique est évoqué, sur avis médical.

À retenir

  • Le nombre de globules rouges ne définit pas à lui seul une anémie ;
  • Des globules rouges nombreux mais petits orientent vers un trait thalassémique plutôt qu’une carence en fer ;
  • L’entraînement d’endurance augmente la masse de globules rouges mais dilue leur concentration ;
  • La course à pied détruit plus de globules rouges que le vélo, par l’impact du pied au sol.

Proposée dans Numération formule sanguine (NFS ou hémogramme)

Sources

  1. ANAES. Lecture critique de l'hémogramme : valeurs seuils à reconnaître comme probablement pathologiques et principales variations non pathologiques. Service des références médicales, septembre 1997
  2. UNF3S. Support de cours d'hématologie, item 316 : Hémogramme, indications et interprétations (2009-2010)
  3. Gulati GL, Hyland LJ, Kocher W, Schwarting R. Changes in automated complete blood cell count and differential leukocyte count results induced by storage of blood at room temperature. Arch Pathol Lab Med. 2002;126(3):336-342. doi:10.5858/2002-126-0336-CIACBC
  4. Lima-Oliveira G, Guidi GC, Salvagno GL, et al. Patient posture for blood collection by venipuncture: recall for standardization after 28 years. Rev Bras Hematol Hemoter. 2017;39(2):127-132. doi:10.1016/j.bjhh.2017.01.004
  5. Mentzer WC. Differentiation of iron deficiency from thalassaemia trait. Lancet. 1973;1(7808):882. doi:10.1016/s0140-6736(73)91446-3
  6. Vehapoglu A, Ozgurhan G, Demir AD, et al. Hematological indices for differential diagnosis of beta thalassemia trait and iron deficiency anemia. Anemia. 2014;2014:576738. doi:10.1155/2014/576738
  7. Mairbäurl H. Red blood cells in sports: effects of exercise and training on oxygen supply by red blood cells. Front Physiol. 2013;4:332. doi:10.3389/fphys.2013.00332
  8. Telford RD, Sly GJ, Hahn AG, Cunningham RB, Bryant C, Smith JA. Footstrike is the major cause of hemolysis during running. J Appl Physiol. 2003;94(1):38-42. doi:10.1152/japplphysiol.00631.2001
  9. Haute Autorité de santé. Choix des examens du métabolisme du fer en cas de suspicion de carence en fer. Rapport d'évaluation, mars 2011

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.