Ce que mesure l’analyse
La transferrine, aussi appelée sidérophiline, est une protéine fabriquée par le foie. Elle transporte le fer dans le sang, de l’intestin et des réserves vers la moelle osseuse et les autres tissus. Chaque molécule peut fixer au plus deux atomes de fer (Biomnis).
Sa production s’adapte aux besoins. Quand les réserves de fer baissent, le foie fabrique plus de transferrine : le sang dispose de plus de « places » pour capter le moindre fer disponible. Quand le fer est en excès, ou lors d’une inflammation, la production diminue. La transferrine est d’ailleurs une protéine dite négative de l’inflammation : elle baisse quand l’inflammation monte (Biomnis).
Sa demi-vie dans le sang est d’environ 8 jours (Biomnis). Elle reflète donc l’état des derniers jours ou des dernières semaines plutôt que celui de l’instant, contrairement au fer sérique.
Comment se passe le prélèvement
Il s’agit d’une prise de sang veineuse. La transferrine elle-même ne varie pas au cours de la journée. Comme elle est presque toujours dosée avec le fer sérique, la HAS recommande un prélèvement le matin, à jeun, dans le même laboratoire pour les contrôles (HAS, 2011).
Signalez une contraception orale, un traitement par œstrogènes, une grossesse, un traitement diurétique et toute infection récente. Ces situations modifient le résultat sans lien avec vos réserves de fer.
Comment lire le résultat
L’unité est le g/L. Exemple d’intervalle de référence adulte : 2,0 à 3,6 g/L (ICO, automate Roche Cobas Pure). Un autre référentiel de laboratoire indique 2,0 à 3,2 g/L chez l’adulte (Biomnis) : les bornes dépendent de la technique et du laboratoire.
Variations normales à connaître (Biomnis) :
- la contraception orale augmente la transferrine d’environ 30 % ;
- pendant la grossesse, elle monte de 40 à 70 % aux deuxième et troisième trimestres et peut atteindre environ 4,4 g/L en fin de grossesse ;
- les diurétiques thiazidiques peuvent aussi l’augmenter.
Ce qui compte vraiment : la transferrine sert surtout à calculer la saturation. Une transferrine haute avec une ferritine basse renforce l’hypothèse d’une carence en fer. Une transferrine basse oriente plutôt vers une inflammation, une maladie du foie, une dénutrition, une perte de protéines ou une surcharge en fer.
La transferrine permet aussi d’estimer la capacité totale de fixation du fer, par un simple calcul : capacité en µmol/L = transferrine en g/L multipliée par 25 (Biomnis). Les deux examens apportent donc en grande partie la même information.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est courant (b). La HAS ne recommande pas la transferrine seule. Elle retient le couple fer sérique et transferrine, sous forme de saturation, quand la ferritine ne suffit pas : inflammation, insuffisance rénale chronique, ferritine non contributive (HAS, 2011).
Comme marqueur nutritionnel, la transferrine baisse en cas de dénutrition, mais de façon moins nette et moins spécifique que l’albumine ou la préalbumine (Biomnis). Elle ne remplace pas ces marqueurs.
Chez le sportif entraîné, l’augmentation du volume plasmatique dilue les constituants du sang (Sim et al., 2019). Une transferrine un peu basse doit être lue avec cette information, et jamais isolément.
Limite principale : la transferrine réagit à beaucoup de situations sans rapport avec le fer, des hormones à l’état nutritionnel. Elle n’a de valeur qu’intégrée au bilan martial complet.
Les analyses à associer
- Fer sérique : avec la transferrine, il donne la saturation.
- Coefficient de saturation de la transferrine : le résultat le plus utile du couple.
- Ferritine : reflète les réserves.
- Albumine : aide à repérer une dénutrition ou une perte de protéines.
À retenir
- La transferrine transporte le fer ; le foie en fabrique plus quand le fer manque.
- Elle baisse avec l’inflammation, une maladie du foie ou une dénutrition.
- La pilule et la grossesse la font nettement monter.
- Son principal intérêt est le calcul de la saturation de la transferrine.