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SangFer et anémiesPreuve courante

Fer sérique

Aussi appelée Sidérémie · Fer · Fe

Les repères

  • Sous l'intervalle du laboratoire moins de 5,83 µmol/L
  • Intervalle du laboratoire 5,83 à 34,5 µmol/L
  • Au-dessus de l'intervalle du laboratoire plus de 34,5 µmol/L

Source : Laboratoire de biologie médicale de l'ICO (site d'Angers), valeurs adultes, automate Roche Cobas Pure, document ENP0146 v14 (2026). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Le fer sérique mesure le fer qui circule dans le sang, fixé à la transferrine. Très variable d'un moment à l'autre, il ne renseigne pas sur les réserves et sert surtout à calculer la saturation de la transferrine.

Pourquoi on la demande

  • Calcul du coefficient de saturation de la transferrine, avec la transferrine
  • Ferritine difficile à interpréter en cas d'inflammation ou d'insuffisance rénale chronique (HAS, 2011)
  • Suspicion de surcharge en fer, avec la saturation de la transferrine
  • Suspicion d'intoxication par surdosage de fer, en urgence

Ce qui peut la fausser

  • Repas et compléments : le fer monte après une prise ; l'ASH conseille plusieurs heures de jeûne sans complément de fer ni multivitamine avant de mesurer la saturation (ASH, 2026)
  • Heure : la HAS recommande un prélèvement le matin à jeun (HAS, 2011), même si une étude n'a pas retrouvé de rythme régulier au cours de la journée (Dale et al., 2002)
  • Forte variabilité d'un jour à l'autre chez une même personne (Dale et al., 2002)
  • Inflammation : le fer baisse dans le sang, même sans carence
  • Effort intense récent : hausse du fer juste après la séance (Badenhorst et al., 2015)
  • Hémolyse du prélèvement : les globules rouges abîmés dans le tube faussent le dosage

Causes d’une valeur haute

  • Prise récente de fer (comprimés, perfusion) ou repas riche en fer
  • Surcharge en fer : hémochromatose, transfusions répétées
  • Destruction des globules rouges (hémolyse) ou production inefficace
  • Atteinte aiguë du foie (hépatite)
  • Intoxication par le fer

Causes d’une valeur basse

  • Carence en fer
  • Inflammation ou infection, même sans carence
  • Saignements

Prise de sangBilan martial, toujours avec la transferrine pour calculer la saturation ; la HAS juge le fer seul sans intérêt pour diagnostiquer une carence (2011)

µmol/LPreuve courante6 sources

Profil sportif

Le fer sérique monte juste après un effort intense, comme l'a montré une étude chez des coureurs d'endurance entraînés (Badenhorst et al., 2015). L'augmentation du volume plasmatique liée à l'entraînement peut au contraire diluer le fer (Sim et al., 2019). Mesuré seul, il ne permet pas de juger des réserves d'un sportif.

Ce que mesure l’analyse

Le fer sérique est le fer qui circule dans le sang, transporté par une protéine, la transferrine. Il varie beaucoup selon les repas, le moment et l'inflammation. Il ne reflète pas vos réserves de fer.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Le fer sérique, ou sidérémie, est le fer présent dans le liquide du sang, le sérum. Il ne circule presque jamais libre : il est fixé à une protéine de transport, la transferrine, qui l’amène vers la moelle osseuse pour fabriquer les globules rouges et vers les autres tissus.

Cette quantité est minime par rapport au fer contenu dans l’hémoglobine ou dans les réserves. Elle change très vite : le fer absorbé par l’intestin, le fer recyclé à partir des vieux globules rouges et le fer libéré par les réserves s’y succèdent en permanence. Le fer sérique reflète donc un flux à un instant donné, pas un stock.

C’est pourquoi la HAS juge que le fer sérique seul, ou associé à la ferritine sans transferrine, n’a pas d’indication pour diagnostiquer une carence en fer (HAS, 2011). Son vrai rôle est de permettre, avec la transferrine, le calcul du coefficient de saturation de la transferrine.

Comment se passe le prélèvement

La HAS recommande un prélèvement le matin, à jeun, dans le même laboratoire pour les contrôles (HAS, 2011). Les recommandations de l’ASH conseillent, pour la saturation de la transferrine, plusieurs heures de jeûne et l’absence de complément de fer ou de multivitamines avant la prise de sang (ASH, 2026).

La question de l’heure est plus nuancée qu’on ne le pense. Une étude de la Mayo Clinic, chez 20 adultes en bonne santé, n’a pas retrouvé de rythme régulier : le fer du matin n’était plus élevé que celui de l’après-midi que chez la moitié des personnes, et les écarts d’un jour à l’autre étaient aussi importants que ceux d’une même journée (Dale et al., 2002). Standardiser les conditions reste utile, mais ne supprime pas cette variabilité.

Signalez une prise de fer, une perfusion de fer récente, une infection en cours et un effort intense la veille ou le matin même.

Comment lire le résultat

L’unité est le µmol/L. Exemple d’intervalle de référence adulte : 5,83 à 34,5 µmol/L (ICO, automate Roche Cobas Pure). Cet intervalle très large traduit la forte variabilité du paramètre.

Un fer bas ne signifie pas forcément une carence : l’inflammation retient le fer dans les réserves et le fait baisser dans le sang. Un fer haut peut simplement refléter un repas riche en fer ou un complément pris peu avant.

Ce qui compte vraiment :

  • ne jamais interpréter le fer seul ;
  • le lire avec la transferrine, sous forme de saturation ;
  • juger les réserves sur la ferritine, en tenant compte de la CRP.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est courant (b). Le fer sérique est dosé tous les jours, mais il n’est utile que comme composant de la saturation de la transferrine. Seul, il n’a pas d’intérêt démontré pour le diagnostic de carence (HAS, 2011).

La saturation qu’il permet de calculer a, elle, une vraie utilité : quand la ferritine est difficile à lire à cause d’une inflammation ou d’une insuffisance rénale chronique, et pour repérer une surcharge en fer (HAS, 2011). Le fer sérique sert aussi, en urgence, à évaluer une intoxication par surdosage de comprimés de fer.

Chez le sportif, une étude chez des coureurs d’endurance entraînés a montré une hausse du fer sérique juste après une séance d’intervalles, alors que la ferritine restait stable (Badenhorst et al., 2015). Un prélèvement trop proche de l’effort peut donc fausser le calcul de la saturation.

Enfin, l’étude de Dale et al. (2002) rappelle qu’une valeur isolée comporte une marge d’incertitude importante : deux dosages à quelques jours d’intervalle peuvent différer nettement sans que rien n’ait changé.

Les analyses à associer

  • Transferrine : nécessaire pour calculer la saturation.
  • Coefficient de saturation de la transferrine : la seule façon utile de lire le fer sérique.
  • Ferritine : reflète les réserves.
  • Protéine C réactive : repère une inflammation qui fait baisser le fer.

À retenir

  • Le fer sérique mesure un flux, pas les réserves.
  • Seul, il ne permet pas de diagnostiquer une carence (HAS, 2011).
  • Prélevez-le le matin, à jeun, sans complément de fer, loin d’un effort intense.
  • Il varie beaucoup d’un jour à l’autre : une valeur isolée ne suffit jamais.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Selon la HAS (2011), un fer sérique seul permet-il de diagnostiquer une carence en fer ?

  2. 02Quel intervalle de référence adulte indique le laboratoire de l'ICO (automate Roche Cobas Pure) ?

  3. 03Faut-il éviter les compléments de fer avant la prise de sang ?

  4. 04Juste après un entraînement intense, le fer sérique est plutôt…

  5. 05Le fer sérique varie-t-il d'un jour à l'autre chez une même personne ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 6

  1. 1HAS. Choix des examens du métabolisme du fer en cas de suspicion de carence en fer. Rapport d'évaluation technologique et texte court, 2011.
  2. 2Institut de Cancérologie de l'Ouest (ICO), laboratoire de biologie médicale, site d'Angers. Valeurs de référence, document ENP0146, version 14, application 17/03/2026 : biochimie sur automate Roche Cobas Pure (données fournisseur Roche Diagnostics).
  3. 3Dale JC, Burritt MF, Zinsmeister AR. Diurnal variation of serum iron, iron-binding capacity, transferrin saturation, and ferritin levels. Am J Clin Pathol. 2002;117(5):802-808. PMID 12090432.
  4. 4Powers JM, Lim MY, Achebe MO, et al. American Society of Hematology 2026 guidelines for diagnosis of iron deficiency. Blood Adv. 2026 (en ligne le 24/08/2026). PMID 42747316.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.