Ce que mesure l’analyse
La capacité totale de fixation du fer (CTF), appelée TIBC en anglais (total iron-binding capacity), indique la quantité maximale de fer que le sang pourrait transporter si toutes les places de la transferrine étaient occupées.
La transferrine est la protéine qui transporte le fer. Chaque molécule peut fixer au plus deux atomes de fer (Biomnis). La CTF dépend donc directement de la quantité de transferrine présente dans le sang. En pratique, beaucoup de laboratoires ne la mesurent pas : ils la calculent à partir de la transferrine, avec la formule CTF en µmol/L = transferrine en g/L multipliée par 25 (Biomnis).
La CTF a surtout un usage : elle sert de dénominateur pour calculer la saturation de la transferrine. On divise le fer sérique par la CTF pour savoir quelle part des places est occupée. La différence entre la CTF et le fer sérique correspond aux places restées libres.
Comment se passe le prélèvement
Il s’agit d’une prise de sang veineuse. Comme la CTF est presque toujours associée au fer sérique, la HAS recommande un prélèvement le matin, à jeun, dans le même laboratoire pour les contrôles (HAS, 2011).
Signalez une contraception orale, une grossesse, une infection récente ou une maladie du foie. Ces situations modifient la quantité de transferrine, donc la CTF, sans rapport avec vos réserves de fer.
Une étude a montré que la capacité de fixation du fer varie d’un jour à l’autre chez une même personne, de façon comparable aux variations au sein d’une même journée (Dale et al., 2002). Comparez donc des résultats obtenus dans des conditions identiques.
Comment lire le résultat
L’unité est le µmol/L. Exemple d’intervalle de référence adulte : 41 à 77 µmol/L (ICO, valeur calculée, données Roche). Les bornes varient selon la méthode, mesure directe ou calcul.
La CTF suit la transferrine :
- haute : le foie fabrique plus de transferrine, le plus souvent par manque de fer, mais aussi pendant la grossesse ou sous œstrogènes ;
- basse : inflammation, maladie du foie, dénutrition, perte de protéines par les reins ou l’intestin, surcharge en fer.
Ce qui compte vraiment : la CTF n’a presque jamais de valeur isolée. Ce qui renseigne, c’est la saturation qu’elle permet de calculer, lue avec la ferritine. Si votre compte rendu affiche à la fois la transferrine et la CTF, ces deux chiffres disent en grande partie la même chose.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est courant (b). La CTF reste utilisée en pratique comme base de calcul de la saturation. En France, la HAS raisonne sur le couple fer sérique et transferrine, sous forme de saturation, sans recommandation propre pour la CTF (HAS, 2011).
Ses limites sont celles de la transferrine : sensibilité aux hormones, à l’inflammation, à l’état nutritionnel et à la fonction du foie (Biomnis). S’y ajoute la variabilité biologique rapportée par Dale et al. (2002).
Chez le sportif entraîné, l’augmentation du volume plasmatique dilue les constituants du sang et peut abaisser un peu les valeurs (Sim et al., 2019). Cela ne justifie aucune interprétation propre au sport.
En résumé, la CTF est un outil de calcul plus qu’un marqueur autonome.
Les analyses à associer
- Fer sérique : rapporté à la CTF, il donne la saturation.
- Transferrine : la source de la CTF.
- Coefficient de saturation de la transferrine : le résultat réellement utile.
- Ferritine : reflète les réserves de fer.
À retenir
- La CTF est la quantité maximale de fer que la transferrine peut transporter.
- Elle se déduit le plus souvent de la transferrine par un simple calcul.
- Elle monte quand le fer manque et baisse avec l’inflammation.
- Son intérêt principal est le calcul de la saturation de la transferrine.