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SangFoie et voies biliairesPreuve validée

Alpha-1 antitrypsine

Aussi appelée AAT · A1AT · Alpha-1 inhibiteur de protéase

Les repères

  • Déficit sévère (Société européenne de pneumologie) moins de 0,5 g/L
  • Sous le seuil de génotypage du PNDS 0,5 à 1,1 g/L
  • Dans les valeurs de référence, au-dessus du seuil de génotyp 1,1 à 2 g/L
  • Au-dessus des valeurs de référence (PNDS) plus de 2 g/L

Source : European Respiratory Society, Miravitlles et al., Eur Respir J 2017 ; PNDS déficit en alpha1-antitrypsine (OrphaLung, RespiFIL, 2022). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

L'alpha-1 antitrypsine est une protéine du foie qui protège les poumons contre leurs propres enzymes. Son dosage repère un déficit génétique qui expose à l'emphysème et à certaines maladies du foie.

Pourquoi on la demande

  • Rechercher un déficit chez toute personne atteinte de BPCO ou d'asthme apparu à l'âge adulte
  • Explorer une maladie du foie inexpliquée, chez l'enfant comme chez l'adulte, ou une jaunisse prolongée du nourrisson
  • Explorer une panniculite nécrosante ou une vasculite
  • Explorer des bronchectasies, c'est-à-dire des bronches dilatées, sans cause évidente
  • Tester les apparentés d'une personne porteuse d'un déficit

Ce qui peut la fausser

  • Une infection ou une inflammation, qui l'augmentent
  • La grossesse, qui l'augmente
  • La pilule contraceptive, qui l'augmente
  • Un cancer, qui peut l'augmenter
  • Un effort extrême et très prolongé, comme une course cycliste de trois semaines
  • La méthode de dosage : un même seuil correspond à des valeurs différentes en immunodiffusion et en néphélométrie

Causes d’une valeur haute

  • Infection ou inflammation
  • Grossesse
  • Contraception orale
  • Cancers

Causes d’une valeur basse

  • Porteurs d'un seul variant Z ou S (MZ, MS), avec une baisse modérée
  • Association des variants S et Z (SZ)
  • Homozygotes ZZ, la forme la plus sévère

Prise de sangBilan de BPCO ou d'asthme de l'adulte, bilan de maladie du foie inexpliquée, enquête familiale de déficit en alpha-1 antitrypsine

g/LPreuve validée10 sources

Profil sportif

L'alpha-1 antitrypsine varie peu à l'effort : chez 17 cyclistes professionnels, elle n'a augmenté qu'à la fin du Tour d'Espagne, au 21e jour (Semple et al., 2006), et elle n'a pas réagi lors d'un ultramarathon de six jours (Fallon, 2001). Pour un dosage fiable, évitez la période qui suit une épreuve très longue ou une infection. En cas de déficit, le tabac reste le premier facteur d'aggravation pulmonaire (ATS/ERS, 2003).

Ce que mesure l’analyse

Ce test mesure une protéine fabriquée par le foie, l'antitrypsine, qui protège les poumons contre certaines enzymes. Un taux bas peut révéler un déficit génétique qui expose à l'emphysème et à des atteintes du foie.

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À lire avec

Ce que mesure l’analyse

L’alpha-1 antitrypsine (AAT) est une protéine fabriquée surtout par le foie. Son rôle principal est de freiner des enzymes qui dégradent les protéines, en particulier l’élastase libérée par les globules blancs dans les poumons. Sans assez d’AAT, cette élastase abîme peu à peu le tissu pulmonaire, ce qui favorise l’emphysème, une destruction des alvéoles.

Le déficit est génétique. Le variant le plus souvent en cause, appelé Z, produit une protéine mal repliée qui s’accumule dans les cellules du foie au lieu de passer dans le sang (ATS/ERS, 2003). Résultat : peu d’AAT dans le sang, donc des poumons moins protégés, et un foie qui peut souffrir de cette accumulation.

En France, on compterait environ 10 000 personnes homozygotes ZZ, la forme la plus sévère, 100 000 porteurs SZ et 1,5 million de porteurs MZ, selon le protocole national de diagnostic et de soins (PNDS, 2022).

Comment se passe le prélèvement

Une prise de sang. L’AAT est une protéine de l’inflammation : elle monte lors d’une infection ou d’une inflammation, pendant la grossesse, sous pilule contraceptive ou en cas de cancer, selon le PNDS. Celui-ci conseille donc de la doser à distance d’un épisode infectieux ou inflammatoire.

Les avis divergent sur le dosage associé de la CRP, un marqueur d’inflammation. La Société européenne de pneumologie le recommande, pour repérer une hausse liée à l’inflammation (Miravitlles et al., 2017). Les recommandations françaises jugent inutile de l’associer systématiquement (Mornex et al., 2022).

Comment lire le résultat

L’AAT s’exprime en grammes par litre (g/L). Le PNDS français retient des valeurs de référence entre 0,9 et 2 g/L. Mayo Clinic Laboratories, en néphélométrie, retient 100 à 190 mg/dL, soit 1 à 1,9 g/L (Mayo Clinic Laboratories).

Deux seuils comptent surtout. Sous 0,5 g/L, le déficit est sévère selon la Société européenne de pneumologie : c’est le seuil protecteur historique de 11 µmol/L, exprimé en néphélométrie. Le PNDS parle, lui, de diminution importante. Selon la méthode, ce même seuil correspond à 80 mg/dL en immunodiffusion radiale et à 50 mg/dL en néphélométrie (ATS/ERS, 2003). Les recommandations françaises citent aussi 0,57 g/L, un seuil défini de façon empirique et, selon leurs auteurs, mal fondé. Sous 1,1 g/L, enfin, le PNDS conseille de rechercher le génotype, c’est-à-dire les variants du gène en cause.

Ce que dit le taux selon le génotype

Le taux oriente, mais ne remplace pas l’étude génétique. Selon le tableau des recommandations françaises, l’AAT se situe en général entre 0,9 et 2 g/L chez les personnes sans variant (MM), entre 0,5 et 1,4 g/L chez les porteurs MZ, entre 0,4 et 0,8 g/L chez les SZ, et entre 0,1 et 0,3 g/L chez les ZZ (Mornex et al., 2022).

L’inflammation peut ramener dans la norme le taux d’un porteur MZ. Elle ne normalise en revanche jamais celui d’une personne ZZ, précise le PNDS.

Ce que dit la science

Le dosage est recommandé par le PNDS français, par l’American Thoracic Society et par la Société européenne de pneumologie. Niveau de preuve : validé.

L’Organisation mondiale de la santé recommande de tester toutes les personnes atteintes de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou d’asthme apparu à l’âge adulte (Miravitlles et al., 2017). Les recommandations américano-européennes y ajoutent les maladies du foie inexpliquées, à tout âge, et une inflammation grave de la graisse sous la peau, la panniculite nécrosante (ATS/ERS, 2003). Les apparentés d’une personne atteinte doivent aussi être testés.

Le foie paie aussi un tribut. Le phénotype ZZ est une cause fréquente de cholestase du nouveau-né, le plus souvent résolutive, et le risque de cirrhose au cours de la vie se situerait entre 30 et 40 % (ATS/ERS, 2003 ; PNDS, 2022).

Le tabac est le facteur aggravant majeur : chez les personnes ZZ, c’est le premier facteur de risque d’emphysème. Le VEMS, le volume d’air expiré en une seconde, baisse d’environ 130 mL par an chez les fumeurs, contre 70 mL chez les anciens fumeurs (ATS/ERS, 2003).

Côté sport, l’AAT varie peu. Chez 17 cyclistes professionnels suivis pendant le Tour d’Espagne, elle n’a augmenté qu’en fin d’épreuve, au 21e jour (Semple et al., 2006). Lors d’un ultramarathon de six jours, elle n’a pas réagi (Fallon, 2001).

À ne pas confondre : l’AAT peut aussi être dosée dans les selles recueillies sur 24 heures, avec une prise de sang. Ce test différent recherche une fuite de protéines par l’intestin (Michigan Medicine Laboratories).

Les analyses à associer

  • Protéine C réactive : indique si une inflammation peut faire paraître le taux plus élevé ;
  • Électrophorèse des protéines sériques : une baisse des alpha-1 globulines peut révéler le déficit ;
  • Gamma-glutamyl transférase : recherche une atteinte du foie associée ;
  • Alanine aminotransférase : complète l’évaluation du foie.

À retenir

  • L’AAT protège les poumons ; son déficit, génétique, favorise l’emphysème et certaines maladies du foie ;
  • Sous 0,5 g/L, le déficit est sévère ; sous 1,1 g/L, le PNDS conseille un génotypage ;
  • L’inflammation, la grossesse et la pilule peuvent masquer un déficit partiel ;
  • Toute personne atteinte de BPCO ou d’asthme de l’adulte devrait être testée ;
  • En cas de déficit, le tabac est le premier facteur aggravant.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Une alpha-1 antitrypsine sous 0,5 g/L, c'est...

  2. 02En dessous de quel taux le PNDS conseille-t-il de rechercher le génotype ?

  3. 03Une infection peut-elle masquer un déficit ?

  4. 04Qui devrait être testé, selon l'OMS ?

  5. 05En cas de déficit, le tabac aggrave-t-il le risque d'emphysème ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 10

  1. 1Centre de référence OrphaLung, filière RespiFIL. Protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) : atteinte pulmonaire associée à un déficit en alpha1-antitrypsine, décembre 2022 (HAS).
  2. 2Mornex JF, Balduyck M, Bouchecareilh M, et al. [French clinical practice guidelines for the diagnosis and management of lung disease with alpha 1-antitrypsin deficiency]. Rev Mal Respir. 2022;39(7):633-656. doi:10.1016/j.rmr.2022.06.002. PMID 35906149.
  3. 3Mornex JF et al. Recommandations françaises, texte intégral (Société de pneumologie de langue française).
  4. 4American Thoracic Society, European Respiratory Society. American Thoracic Society/European Respiratory Society statement: standards for the diagnosis and management of individuals with alpha-1 antitrypsin deficiency. Am J Respir Crit Care Med. 2003;168(7):818-900. doi:10.1164/rccm.168.7.818. PMID 14522813.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.