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UrinesReins et urinesPreuve validée

Rapport albumine sur créatinine urinaire

Aussi appelée RAC · Microalbuminurie · Rapport albuminurie sur créatininurie · A/C urinaire

Les repères

  • A1 : normal à légèrement augmenté moins de 3 mg/mmol
  • A2 : modérément augmenté 3 à 30 mg/mmol
  • A3 : sévèrement augmenté 30 à 220 mg/mmol
  • A3, zone néphrotique plus de 220 mg/mmol

Source : KDIGO 2012, Kidney Int Suppl 2013;3(1):1-150, catégories d'albuminurie (tableaux 6 et 7). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Le rapport albumine sur créatinine urinaire mesure la fuite d'albumine dans les urines, corrigée de leur concentration. C'est souvent le premier signe d'une atteinte des reins, avant toute baisse de la filtration.

Pourquoi on la demande

  • Dépister une atteinte rénale en cas de diabète, d'hypertension, de maladie cardiovasculaire ou d'insuffisance cardiaque
  • Classer une maladie rénale chronique (catégories A1 à A3), en complément du DFG
  • Estimer le risque d'évolution rénale et le risque cardiovasculaire
  • Suivre l'évolution d'une atteinte rénale connue sous traitement
  • Confirmer et quantifier des protéines vues sur une bandelette urinaire

Ce qui peut la fausser

  • Effort physique intense la veille
  • Infection urinaire
  • Fièvre ou maladie aiguë
  • Règles
  • Glycémie très élevée au moment du recueil
  • Insuffisance cardiaque décompensée ou hypertension sévère non contrôlée
  • Recueil dans la journée plutôt que sur les premières urines du matin
  • Variabilité d'un jour à l'autre : un seul résultat ne suffit pas

Causes d’une valeur haute

  • Diabète (atteinte rénale diabétique)
  • Hypertension artérielle
  • Hausse passagère : effort intense, fièvre, infection urinaire
  • Obésité et syndrome métabolique
  • Insuffisance cardiaque
  • Maladies glomérulaires (glomérulonéphrites)
  • Maladies générales touchant le rein (lupus, amylose)

Recueil d’urinesDépistage de la maladie rénale chronique (avec créatinine et DFG) ; suivi annuel du diabète et de l'hypertension

mg/mmolPreuve validée4 sources

Profil sportif

Un effort intense, en particulier en endurance, peut augmenter de façon passagère l'albumine dans les urines sans atteinte du rein. Pour un dépistage fiable, évitez l'entraînement soutenu la veille et recueillez les premières urines du matin. Un résultat élevé se contrôle à distance de l'effort avant toute conclusion.

Ce que mesure l’analyse

Cette analyse d'urine recherche de l'albumine, une protéine du sang qu'un rein en bonne santé ne laisse presque pas passer. Rapportée à la créatinine urinaire, elle repère tôt une atteinte du filtre rénal.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

L’albumine est la principale protéine du sang. Un rein en bonne santé n’en laisse presque pas passer : la barrière du glomérule, formée de la paroi des capillaires, d’une membrane et de cellules appelées podocytes, la retient, et les tubules réabsorbent le peu qui filtre.

Quand cette barrière s’abîme, de l’albumine fuit dans les urines. C’est souvent le premier signe d’une atteinte rénale, avant toute baisse du débit de filtration glomérulaire (DFG). Le diabète et l’hypertension en sont les causes les plus fréquentes.

Doser l’albumine seule dans un échantillon d’urine pose un problème : sa concentration dépend de la quantité d’eau bue. Le rapport albumine sur créatinine urinaire, ou RAC, corrige ce biais. La créatinine urinaire, éliminée à un rythme assez régulier, sert d’étalon de dilution.

Comment se passe le prélèvement

Un simple échantillon d’urine suffit, de préférence les premières urines du matin, recueillies en milieu de jet dans un flacon propre. Pas besoin de recueil sur 24 heures.

  • Évitez un effort intense la veille ;
  • Reportez le recueil en cas de fièvre, d’infection urinaire ou pendant les règles ;
  • Signalez un diabète très déséquilibré au moment du prélèvement.

Ces situations augmentent l’albumine urinaire de façon passagère, d’après les recommandations internationales KDIGO.

Comment lire le résultat

En France, le RAC s’exprime le plus souvent en mg/mmol, parfois en mg/g : 3 mg/mmol correspondent à environ 30 mg/g. La HAS demande aux laboratoires de rendre le résultat selon les trois catégories de KDIGO :

  • A1, moins de 3 mg/mmol : normal à légèrement augmenté ;
  • A2, de 3 à 30 mg/mmol : modérément augmenté ;
  • A3, plus de 30 mg/mmol : sévèrement augmenté.

À l’intérieur de A1, KDIGO précise qu’un RAC inférieur à 1 mg/mmol est considéré comme normal et qu’une valeur de 1 à 3 mg/mmol est dite « normale haute ». Au-delà de 220 mg/mmol, on entre dans la zone dite néphrotique.

Le mot « microalbuminurie », encore présent sur certains comptes rendus, correspond à la catégorie A2. KDIGO recommande de ne plus l’utiliser.

Un résultat anormal doit être confirmé. La HAS demande de répéter les examens dans les trois mois et de rechercher d’autres marqueurs d’atteinte rénale. On ne parle de maladie rénale chronique que si l’anomalie persiste plus de trois mois.

Enfin, le RAC se lit avec le DFG. Ensemble, ils classent la maladie rénale et son risque d’évolution : un DFG normal avec un RAC en A3 n’a pas le même pronostic qu’avec un RAC en A1 (KDIGO).

Ce que dit la science

Niveau de preuve : validé. La HAS a fait du couple créatinine et RAC le socle du dépistage de la maladie rénale chronique chez les personnes à risque : diabète, hypertension, maladie cardiovasculaire athéromateuse, insuffisance cardiaque, notamment. Son premier message aux professionnels tient en une phrase : associer l’albuminurie à la créatininémie.

Les recommandations KDIGO font de l’albuminurie un critère de classement à part entière. Les grandes méta-analyses de cohortes qu’elles synthétisent montrent que le risque d’insuffisance rénale, d’événement cardiovasculaire et de décès augmente avec la catégorie d’albuminurie, à chaque niveau de DFG.

Le RAC est préféré à la bandelette urinaire, dont la réponse dépend de la concentration des urines et qui repère mal une albuminurie modérée (KDIGO). Une bandelette négative ne permet donc pas d’écarter une catégorie A2.

Les analyses à associer

La créatinine et le débit de filtration glomérulaire complètent la classification KDIGO. L’hémoglobine glyquée situe l’équilibre du diabète, principale cause d’albuminurie. L’examen cytobactériologique des urines écarte une infection qui fausserait le résultat.

À retenir

  • Le RAC détecte une fuite d’albumine, souvent le premier signe d’une atteinte rénale ;
  • Moins de 3 mg/mmol (A1) correspond à la catégorie normale ;
  • Un résultat élevé se confirme à distance d’un effort, d’une fièvre ou d’une infection ;
  • Il se lit toujours avec le DFG estimé.

Testez-vous

4 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Un RAC à 12 mg/mmol, c'est quelle catégorie ?

  2. 02Faut-il éviter le sport intense avant le recueil ?

  3. 03Le terme « microalbuminurie » est-il encore recommandé ?

  4. 04Un seul RAC au-dessus de 3 mg/mmol suffit-il pour parler de maladie rénale chronique ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 4

  1. 1Kidney Disease: Improving Global Outcomes (KDIGO) CKD Work Group. KDIGO 2012 Clinical Practice Guideline for the Evaluation and Management of Chronic Kidney Disease. Kidney Int Suppl. 2013;3(1):1-150
  2. 2Kidney Disease: Improving Global Outcomes (KDIGO) CKD Work Group. KDIGO 2024 Clinical Practice Guideline for the Evaluation and Management of Chronic Kidney Disease. Kidney Int. 2024;105(4S):S117-S314. doi:10.1016/j.kint.2023.10.018
  3. 3Haute Autorité de santé. Maladie rénale chronique de l'adulte : les points critiques du parcours (synthèse, catégories A1 à A3)
  4. 4Haute Autorité de santé. Guide du parcours de soins : maladie rénale chronique de l'adulte (2021, mis à jour en 2023)

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.