Ce que mesure l’osmolalité urinaire
L’osmolalité urinaire compte le nombre de particules dissoutes dans un kilogramme d’eau de l’urine. Elle s’exprime en milliosmoles par kilogramme (mOsm/kg). Les principales particules sont l’urée, le sodium, le potassium et leurs anions. Contrairement à la densité urinaire, l’osmolalité ne dépend pas de la masse des molécules : une molécule de glucose compte autant qu’un ion sodium. Elle donne donc une image plus exacte de la concentration des urines.
Ce chiffre traduit le travail du rein sur l’eau. Quand le sang se concentre, le cerveau libère l’hormone antidiurétique (ADH, ou vasopressine). Elle ouvre des canaux à eau dans les derniers segments du rein : l’eau repasse dans le sang et l’urine devient concentrée. Quand vous buvez beaucoup, l’ADH s’efface et le rein élimine une urine diluée. Le rein ne peut pas descendre sous un certain seuil de dilution : il a toujours besoin d’éliminer les particules venues de l’alimentation, surtout le sel et les déchets des protéines.
Comment se passe le prélèvement
Un échantillon d’urine recueilli proprement, en milieu de jet, suffit. Le médecin peut demander de limiter les boissons pendant 12 à 14 heures avant le test pour tester la capacité de concentration des reins. Signalez vos médicaments, un produit de contraste récent, une anesthésie ou la prise de plantes, notamment chinoises. N’arrêtez aucun traitement sans avis médical.
Dans le bilan d’une hyponatrémie, les recommandations européennes demandent de doser l’osmolalité et le sodium urinaires sur le même échantillon, ou sur des échantillons recueillis au même moment.
Comment lire le résultat
MedlinePlus, le site de la Bibliothèque nationale de médecine américaine, situe l’osmolalité d’un échantillon au hasard entre 50 et 1200 mOsm/kg. Après 12 à 14 heures sans boire, elle dépasse normalement 850 mOsm/kg. Une valeur basse après une restriction d’eau évoque un rein qui n’arrive pas à concentrer.
Face à une hyponatrémie (sodium sanguin bas), les recommandations européennes donnent une lecture en deux temps :
- Osmolalité urinaire inférieure ou égale à 100 mOsm/kg : l’hyponatrémie vient d’un excès relatif d’eau (boisson excessive, alimentation très pauvre en particules) ;
- Osmolalité urinaire supérieure à 100 mOsm/kg : il faut doser le sodium urinaire pour orienter vers un volume sanguin efficace bas, des diurétiques ou une sécrétion inappropriée d’ADH.
Pour le sportif, l’ACSM retient une osmolalité urinaire inférieure à 700 mOsm/kg comme signe d’euhydratation, c’est-à-dire d’un contenu en eau normal.
Une équipe de recherche a proposé un seuil plus exigeant : une osmolalité des urines de 24 heures inférieure ou égale à 500 mOsm/kg serait le signe d’une hydratation « optimale ». Ce repère n’est pas un consensus et ne remplace pas les valeurs de référence.
Ce que dit la science
Dans le bilan d’une hyponatrémie, l’osmolalité urinaire fait partie des recommandations européennes : son niveau de preuve est « a ». Pour l’hydratation au quotidien, son intérêt est réel mais limité. Une étude publiée dans Medicine & Science in Sports & Exercise a déshydraté des volontaires par l’effort à la chaleur. L’osmolalité urinaire ne s’écartait nettement de sa valeur de départ qu’après une perte de 5 % du poids corporel. Les auteurs concluent que les marqueurs urinaires suivent avec retard les changements rapides de l’eau du corps.
Le seuil de 500 mOsm/kg vient d’une étude publiée dans Disease Markers, menée sur 95 adultes par des chercheurs de Danone Research et leurs collaborateurs universitaires. Les auteurs l’ont déduit des apports en eau recommandés en Europe, des volumes d’urine associés à moins de calculs et de maladie rénale, et du taux de vasopressine. C’est une hypothèse de travail intéressante, mais elle n’a pas été validée par des études montrant un bénéfice clinique direct.
Les analyses à associer
L’osmolalité du plasma indique si le sang est concentré ou dilué. Le sodium urinaire, dosé sur le même échantillon, oriente la cause d’une hyponatrémie. Le sodium sanguin dit s’il existe un trouble à expliquer. La densité urinaire permet ensuite un suivi plus simple.
À retenir
- L’osmolalité urinaire compte les particules dissoutes et mesure la concentration des urines avec exactitude ;
- Sur un échantillon au hasard, elle va habituellement de 50 à 1200 mOsm/kg ;
- Elle est centrale dans le bilan d’une hyponatrémie, avec le sodium urinaire ;
- Chez le sportif, l’ACSM retient moins de 700 mOsm/kg comme signe d’euhydratation ;
- Le seuil de 500 mOsm/kg sur 24 heures reste une proposition de recherche.