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UrinesReins et urinesPreuve validée

Osmolalité urinaire

Aussi appelée Osmolalité des urines · Uosm · Osmolarité urinaire

Les repères

  • Intervalle habituel (échantillon au hasard) 50 à 1 200 mOsm/kg

Adulte · Source : MedlinePlus (National Library of Medicine), Osmolality urine test. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

L'osmolalité urinaire compte le nombre de particules dissoutes dans un kilo d'eau de vos urines. C'est la mesure la plus exacte de leur concentration, utile pour l'hydratation, l'exploration d'urines trop abondantes et le bilan d'un sodium sanguin bas.

Pourquoi on la demande

  • Rechercher la cause d'une hyponatrémie (sodium sanguin bas), avec le sodium urinaire
  • Explorer des urines très abondantes (polyurie) et distinguer un diabète insipide d'une consommation excessive d'eau
  • Évaluer la capacité des reins à concentrer les urines, parfois après une restriction hydrique
  • Préciser l'état d'hydratation avec plus d'exactitude que la densité urinaire
  • Explorer une hypernatrémie (sodium sanguin élevé) ou une déshydratation

Ce qui peut la fausser

  • Boissons abondantes ou au contraire restriction d'eau avant le recueil
  • Produit de contraste reçu pour un scanner ou une IRM
  • Perfusion de dextran ou de saccharose
  • Anesthésie récente
  • Plantes et remèdes naturels, notamment chinois
  • Alimentation très pauvre en sel et en protéines : urines diluées, car le rein a peu de particules à éliminer
  • Effort ou réhydratation rapide : la valeur suit avec retard les changements d'hydratation

Causes d’une valeur haute

  • Déshydratation (pertes de liquides)
  • Glucose dans les urines
  • Sécrétion inappropriée d'hormone antidiurétique (SIADH)
  • Insuffisance cardiaque
  • Excès de sodium dans le sang (hypernatrémie)
  • Insuffisance surrénalienne (maladie d'Addison)
  • Rétrécissement de l'artère du rein (sténose de l'artère rénale)
  • État de choc

Causes d’une valeur basse

  • Consommation excessive de liquides (potomanie)
  • Alimentation très pauvre en sel et en protéines (régime à base de thé et de biscuits, bière en grande quantité)
  • Diabète insipide
  • Manque de sodium dans le sang (hyponatrémie)
  • Insuffisance rénale, atteinte des tubules du rein
  • Infection sévère du rein (pyélonéphrite)

Recueil d’urinesBilan d'hyponatrémie (avec le sodium urinaire), épreuve de restriction hydrique, bilan de polyurie

mOsm/kgPreuve validée5 sources

Profil sportif

Le Collège américain de médecine du sport (ACSM) retient une osmolalité urinaire inférieure à 700 mOsm/kg comme signe d'euhydratation. Lors d'une déshydratation rapide par l'effort à la chaleur, l'osmolalité urinaire ne change nettement qu'après une perte d'environ 5 % du poids corporel : elle sous-estime donc un déficit qui s'installe vite. Une mesure prise pendant une réhydratation rapide peut aussi rassurer à tort.

Ce que mesure l’analyse

L'osmolalité urinaire mesure la quantité de particules dissoutes dans vos urines. Elle montre si les reins concentrent ou diluent l'urine et aide à comprendre un trouble de l'eau ou du sodium.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’osmolalité urinaire

L’osmolalité urinaire compte le nombre de particules dissoutes dans un kilogramme d’eau de l’urine. Elle s’exprime en milliosmoles par kilogramme (mOsm/kg). Les principales particules sont l’urée, le sodium, le potassium et leurs anions. Contrairement à la densité urinaire, l’osmolalité ne dépend pas de la masse des molécules : une molécule de glucose compte autant qu’un ion sodium. Elle donne donc une image plus exacte de la concentration des urines.

Ce chiffre traduit le travail du rein sur l’eau. Quand le sang se concentre, le cerveau libère l’hormone antidiurétique (ADH, ou vasopressine). Elle ouvre des canaux à eau dans les derniers segments du rein : l’eau repasse dans le sang et l’urine devient concentrée. Quand vous buvez beaucoup, l’ADH s’efface et le rein élimine une urine diluée. Le rein ne peut pas descendre sous un certain seuil de dilution : il a toujours besoin d’éliminer les particules venues de l’alimentation, surtout le sel et les déchets des protéines.

Comment se passe le prélèvement

Un échantillon d’urine recueilli proprement, en milieu de jet, suffit. Le médecin peut demander de limiter les boissons pendant 12 à 14 heures avant le test pour tester la capacité de concentration des reins. Signalez vos médicaments, un produit de contraste récent, une anesthésie ou la prise de plantes, notamment chinoises. N’arrêtez aucun traitement sans avis médical.

Dans le bilan d’une hyponatrémie, les recommandations européennes demandent de doser l’osmolalité et le sodium urinaires sur le même échantillon, ou sur des échantillons recueillis au même moment.

Comment lire le résultat

MedlinePlus, le site de la Bibliothèque nationale de médecine américaine, situe l’osmolalité d’un échantillon au hasard entre 50 et 1200 mOsm/kg. Après 12 à 14 heures sans boire, elle dépasse normalement 850 mOsm/kg. Une valeur basse après une restriction d’eau évoque un rein qui n’arrive pas à concentrer.

Face à une hyponatrémie (sodium sanguin bas), les recommandations européennes donnent une lecture en deux temps :

  • Osmolalité urinaire inférieure ou égale à 100 mOsm/kg : l’hyponatrémie vient d’un excès relatif d’eau (boisson excessive, alimentation très pauvre en particules) ;
  • Osmolalité urinaire supérieure à 100 mOsm/kg : il faut doser le sodium urinaire pour orienter vers un volume sanguin efficace bas, des diurétiques ou une sécrétion inappropriée d’ADH.

Pour le sportif, l’ACSM retient une osmolalité urinaire inférieure à 700 mOsm/kg comme signe d’euhydratation, c’est-à-dire d’un contenu en eau normal.

Une équipe de recherche a proposé un seuil plus exigeant : une osmolalité des urines de 24 heures inférieure ou égale à 500 mOsm/kg serait le signe d’une hydratation « optimale ». Ce repère n’est pas un consensus et ne remplace pas les valeurs de référence.

Ce que dit la science

Dans le bilan d’une hyponatrémie, l’osmolalité urinaire fait partie des recommandations européennes : son niveau de preuve est « a ». Pour l’hydratation au quotidien, son intérêt est réel mais limité. Une étude publiée dans Medicine & Science in Sports & Exercise a déshydraté des volontaires par l’effort à la chaleur. L’osmolalité urinaire ne s’écartait nettement de sa valeur de départ qu’après une perte de 5 % du poids corporel. Les auteurs concluent que les marqueurs urinaires suivent avec retard les changements rapides de l’eau du corps.

Le seuil de 500 mOsm/kg vient d’une étude publiée dans Disease Markers, menée sur 95 adultes par des chercheurs de Danone Research et leurs collaborateurs universitaires. Les auteurs l’ont déduit des apports en eau recommandés en Europe, des volumes d’urine associés à moins de calculs et de maladie rénale, et du taux de vasopressine. C’est une hypothèse de travail intéressante, mais elle n’a pas été validée par des études montrant un bénéfice clinique direct.

Les analyses à associer

L’osmolalité du plasma indique si le sang est concentré ou dilué. Le sodium urinaire, dosé sur le même échantillon, oriente la cause d’une hyponatrémie. Le sodium sanguin dit s’il existe un trouble à expliquer. La densité urinaire permet ensuite un suivi plus simple.

À retenir

  • L’osmolalité urinaire compte les particules dissoutes et mesure la concentration des urines avec exactitude ;
  • Sur un échantillon au hasard, elle va habituellement de 50 à 1200 mOsm/kg ;
  • Elle est centrale dans le bilan d’une hyponatrémie, avec le sodium urinaire ;
  • Chez le sportif, l’ACSM retient moins de 700 mOsm/kg comme signe d’euhydratation ;
  • Le seuil de 500 mOsm/kg sur 24 heures reste une proposition de recherche.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Selon l'ACSM, en dessous de quelle osmolalité urinaire un sportif est-il considéré comme euhydraté ?

  2. 02Le seuil de 500 mOsm/kg sur les urines de 24 h est-il une norme officielle ?

  3. 03Une osmolalité urinaire de 50 mOsm/kg traduit des urines…

  4. 04Lequel de ces facteurs peut fausser l'osmolalité urinaire ?

  5. 05Faut-il être à jeun pour ce dosage ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 5

  1. 1MedlinePlus, National Library of Medicine. Osmolality urine test, révision du 1er juillet 2025
  2. 2Spasovski G, Vanholder R, Allolio B, et al. Clinical practice guideline on diagnosis and treatment of hyponatraemia (ESICM, ESE, ERA-EDTA). Nephrology Dialysis Transplantation 2014;29 Suppl 2:i1-i39 ; publié aussi dans European Journal of Endocrinology 2014;170(3):G1-G47. PMID 24569496
  3. 3Sawka MN, Burke LM, Eichner ER, et al. American College of Sports Medicine position stand. Exercise and fluid replacement. Medicine & Science in Sports & Exercise 2007;39(2):377-390. PMID 17277604
  4. 4Popowski LA, Oppliger RA, Patrick Lambert G, et al. Blood and urinary measures of hydration status during progressive acute dehydration. Medicine & Science in Sports & Exercise 2001;33(5):747-753. PMID 11323543

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.