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UrinesReins et urinesPreuve validée

Bandelette urinaire

Aussi appelée BU · Bandelette réactive urinaire · Test urinaire sur bandelette

La bandelette urinaire est un test rapide qui recherche, par changement de couleur, des leucocytes, des nitrites, du sang, des protéines ou du glucose dans les urines. Elle oriente, notamment vers une infection urinaire, mais ne mesure rien avec précision.

Pourquoi on la demande

  • Confirmer une cystite simple chez la femme (leucocytes et nitrites)
  • Orienter une suspicion d'infection urinaire chez l'homme, avant l'examen cytobactériologique des urines
  • Dépister chaque mois une colonisation urinaire pendant la grossesse, à partir du 4e mois
  • Repérer du sang, des protéines ou du glucose dans les urines lors d'un bilan
  • Rechercher des corps cétoniques (diabète déséquilibré, jeûne, régime cétogène)
  • Permettre à certaines patientes, après éducation, de confirmer elles-mêmes une cystite récidivante

Ce qui peut la fausser

  • Urines restées moins de 4 heures dans la vessie : nitrites faussement négatifs
  • Bactéries qui ne produisent pas de nitrites (entérocoque, certains staphylocoques)
  • Vitamine C (complément ou jus de fruits) : sang et glucose faussement négatifs
  • Règles : plage sang faussement positive
  • Urines très diluées ou très concentrées
  • Bandelette périmée, mal conservée ou lue hors du temps indiqué
  • Neutropénie (très peu de globules blancs) : leucocytes faussement négatifs
  • Effort intense récent : sang et protéines passagers

Causes d’une valeur haute

  • Leucocytes et nitrites positifs : infection urinaire probable
  • Leucocytes seuls : infection par une bactérie qui ne produit pas de nitrites, inflammation ou contamination
  • Sang : règles, effort intense, calcul, infection, ou myoglobine d'origine musculaire
  • Protéines : effort, fièvre, maladie rénale
  • Corps cétoniques : jeûne, régime cétogène, diabète déséquilibré
  • Glucose : diabète déséquilibré ou traitement par gliflozines

Recueil d’urinesExamen de première intention en consultation, aux urgences, en médecine du travail et pendant la grossesse ; précède souvent l'examen cytobactériologique des urines

semi-quantitatif (négatif, traPreuve validée6 sources

Profil sportif

Après un effort long ou intense, la bandelette peut montrer du sang ou des protéines de façon passagère. Une plage sang positive sans globules rouges au microscope peut aussi traduire de la myoglobine, libérée par des muscles très sollicités : avec des urines foncées et des douleurs musculaires, c'est un signal à montrer rapidement à un médecin. Chez les adeptes du régime cétogène, la plage cétones est souvent positive, ce qui est attendu.

Ce que mesure l’analyse

La bandelette urinaire est une languette couverte de petites zones qui changent de couleur au contact de l'urine. Elle signale la présence de globules blancs, de bactéries, de sang, de protéines ou de sucre, sans les doser précisément.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

La bandelette urinaire est une languette portant plusieurs petites plages imprégnées de réactifs. Trempée dans l’urine, chaque plage change de couleur selon une réaction chimique précise. La lecture se fait à l’œil, en comparant à une échelle de couleurs, ou avec un petit lecteur automatique.

Les plages les plus utiles :

  • Leucocytes : une enzyme des globules blancs, l’estérase leucocytaire, signale une inflammation des voies urinaires ;
  • Nitrites : certaines bactéries, surtout les entérobactéries comme Escherichia coli, transforment les nitrates des urines en nitrites ;
  • Sang : la plage réagit à l’hémoglobine, mais aussi à la myoglobine, une protéine des muscles ;
  • Protéines : elle détecte surtout l’albumine ;
  • Glucose et corps cétoniques : ils signalent un sucre trop élevé dans le sang ou un organisme qui brûle beaucoup de graisses ;
  • pH et densité : ils renseignent sur l’acidité et la concentration des urines.

La bandelette ne mesure rien précisément. Elle donne un résultat semi-quantitatif : négatif, traces, une à plusieurs croix.

Comment se passe le prélèvement

De préférence sur les premières urines du matin, recueillies en milieu de jet dans un récipient propre, après une toilette locale. Le temps de lecture indiqué par le fabricant doit être respecté.

  • Les urines doivent avoir séjourné au moins 4 heures dans la vessie pour que les nitrites apparaissent ;
  • Évitez le test pendant les règles, qui rendent la plage sang positive ;
  • Signalez une prise de vitamine C, qui peut masquer le sang et le glucose ;
  • Utilisez des bandelettes non périmées, conservées dans leur flacon fermé.

Comment lire le résultat

Il n’existe pas de valeur chiffrée : chaque plage se lit négative ou positive, avec un degré de positivité. Ce qui compte, c’est la combinaison des plages et le contexte.

Leucocytes et nitrites

C’est l’usage principal. Selon les recommandations françaises de la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF), la plage nitrites vire quand les entérobactéries atteignent environ 100 000 bactéries par millilitre. Les autres bactéries fréquentes des infections urinaires ne produisent pas de nitrites.

La lecture dépend du sexe. Chez la femme qui a des symptômes, une bandelette négative pour les leucocytes et les nitrites a une valeur prédictive négative de plus de 95 %, en dehors d’une immunodépression grave : elle doit faire chercher un autre diagnostic. Chez l’homme, une bandelette positive a une valeur prédictive positive de plus de 90 %, mais une bandelette négative n’écarte pas l’infection (SPILF).

Pour une cystite simple de la femme, la bandelette est le seul examen recommandé. Dans les autres situations, un examen cytobactériologique des urines (ECBU) reste indispensable (SPILF, HAS).

Sang, protéines, glucose et cétones

Une plage sang positive se confirme par un examen au microscope au laboratoire. Des protéines à la bandelette se quantifient par un rapport sur échantillon, car la réponse de la plage dépend de la concentration des urines (KDIGO). Un glucose positif se rapproche de la glycémie. Les corps cétoniques sont attendus lors d’un jeûne ou d’un régime cétogène ; associés à du glucose chez une personne diabétique, ils justifient un avis médical rapide.

Ce que dit la science

Niveau de preuve : validé pour ses indications. La SPILF et la HAS en font l’outil de diagnostic de la cystite simple de la femme. La SPILF le recommande aussi pour dépister chaque mois une colonisation urinaire chez la femme enceinte à partir du 4e mois, sauf chez les femmes à haut risque d’infection, qui ont d’emblée un ECBU.

Ses limites sont bien connues. Dans une étude publiée dans Clinical Chemistry, près d’un échantillon d’urine de routine sur quatre contenait assez de vitamine C pour interférer, et même de faibles doses de vitamine C ou de jus de fruits suffisaient à rendre faussement négatives les plages sang et glucose.

Pour dépister une maladie rénale chronique, la HAS et KDIGO préfèrent le rapport albumine sur créatinine urinaire, plus fiable que la plage protéines pour repérer une fuite modérée d’albumine.

Les analyses à associer

L’examen cytobactériologique des urines confirme une infection et identifie la bactérie. Le rapport albumine sur créatinine urinaire quantifie une fuite de protéines. La glycémie à jeun explore un glucose positif. La myoglobine, dosée dans le sang, aide à interpréter une plage sang positive après un effort intense.

À retenir

  • La bandelette oriente, elle ne mesure pas ;
  • Chez la femme, une bandelette négative rend une cystite peu probable ;
  • Chez l’homme, une bandelette négative n’écarte pas une infection ;
  • Vitamine C, règles et urines trop récentes faussent le résultat.

Testez-vous

4 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Une bandelette négative chez une femme qui a des brûlures en urinant...

  2. 02Chez l'homme, une bandelette négative suffit-elle à écarter une infection urinaire ?

  3. 03La vitamine C peut-elle fausser la bandelette ?

  4. 04Des nitrites négatifs excluent-ils une infection urinaire ?

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Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 6

  1. 1Caron F, Galperine T, Flateau C et al. Practice guidelines for the management of adult community-acquired urinary tract infections (recommandations SPILF). Med Mal Infect. 2018;48(5):327-58. doi:10.1016/j.medmal.2018.03.005
  2. 2Haute Autorité de santé. Infections urinaires de l'adulte : fiches mémo, cystite aiguë simple de la femme (bandelette urinaire, pas d'ECBU)
  3. 3Brigden ML, Edgell D, McPherson M, Leadbeater A, Hoag G. High incidence of significant urinary ascorbic acid concentrations in a west coast population: implications for routine urinalysis. Clin Chem. 1992;38(3):426-31. PMID 1547565
  4. 4Kidney Disease: Improving Global Outcomes (KDIGO) CKD Work Group. KDIGO 2012 Clinical Practice Guideline for the Evaluation and Management of Chronic Kidney Disease. Kidney Int Suppl. 2013;3(1):1-150

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.