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SangReins et urinesPreuve validée

Cystatine C

Aussi appelée Cystatine C sérique · Cystatine C plasmatique · CysC

Les repères

  • Valeurs de référence 0,61 à 0,95 mg/L
  • Au-dessus des valeurs de référence plus de 0,95 mg/L

Source : Laboratoires Risch, cystatine C (immunoturbidimétrie renforcée par particules PETIA, Roche, mg/L). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

La cystatine C est une petite protéine filtrée par les reins, dont le taux dépend peu des muscles. Associée à la créatinine, elle donne l'estimation la plus précise du débit de filtration glomérulaire.

Pourquoi on la demande

  • Confirmer une baisse modérée du DFG (catégorie G3a) en l'absence d'autre signe d'atteinte rénale
  • Estimer la fonction rénale quand la masse musculaire est inhabituelle : sportif très musclé, personne âgée, dénutrie ou amputée
  • Contourner l'effet d'une prise de créatine ou d'un régime riche en viande
  • Évaluer les reins en cas de cirrhose ou chez l'enfant
  • Contourner une interférence analytique sur le dosage de la créatinine
  • Affiner une décision médicale qui dépend du DFG, comme la dose d'un médicament

Ce qui peut la fausser

  • Thyroïde : l'hyperthyroïdie l'augmente, l'hypothyroïdie la diminue
  • Corticoïdes à forte dose
  • Inflammation ou infection (CRP élevée)
  • Diabète
  • Obésité et tabac
  • Âge et sexe : à filtration égale, valeurs un peu plus basses chez la femme et avec l'âge
  • Méthode et étalonnage : vérifiez que le laboratoire utilise une méthode étalonnée sur la référence internationale

Causes d’une valeur haute

  • Baisse du DFG, quelle qu'en soit la cause
  • Insuffisance rénale aiguë
  • Inflammation, diabète, obésité, tabac
  • Hyperthyroïdie
  • Corticoïdes à forte dose
  • Maladies avec renouvellement cellulaire rapide (certains cancers et maladies du sang)

Causes d’une valeur basse

  • Hypothyroïdie
  • Filtration rénale élevée (hyperfiltration)

Prise de sangBilan rénal de deuxième intention ; calcul du DFG par l'équation CKD-EPI cystatine C ou créatinine et cystatine C

mg/LPreuve validée8 sources

Profil sportif

C'est souvent le meilleur allié du sportif musclé ou du consommateur de créatine : la cystatine C dépend beaucoup moins de la masse musculaire et de l'alimentation que la créatinine. Si votre créatinine est haute mais votre cystatine C dans les valeurs de référence, l'estimation qui associe les deux marqueurs peut corriger le faux signal (KDIGO). Une inflammation importante, après une blessure ou une infection, peut toutefois l'augmenter.

Ce que mesure l’analyse

La cystatine C est une protéine fabriquée par presque toutes les cellules et éliminée par les reins. Elle renseigne sur leur filtration sans dépendre de la masse musculaire, ce qui la rend utile chez le sportif.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

La cystatine C est une petite protéine fabriquée en continu par toutes les cellules qui possèdent un noyau. Elle freine certaines enzymes qui dégradent les protéines, les cystéine protéases.

Sa production est stable. Le glomérule, le filtre du rein, la laisse passer librement ; les cellules des tubules la réabsorbent ensuite et la détruisent, si bien qu’elle ne retourne pas dans le sang. Son taux sanguin dépend donc surtout de la filtration rénale. Quand le débit de filtration glomérulaire (DFG) baisse, elle s’accumule.

Son atout tient en une phrase : contrairement à la créatinine, elle dépend peu de la masse musculaire et de l’alimentation.

Comment se passe le prélèvement

Une prise de sang au pli du coude. Le dosage utilise des anticorps fixés sur de fines particules : en se liant à la cystatine C, ils forment des agrégats qui troublent l’échantillon, et l’appareil mesure ce trouble (immunoturbidimétrie ou néphélométrie).

Un progrès a rendu les résultats comparables : un matériau de référence international, l’ERM-DA471/IFCC, sert désormais à étalonner les méthodes (Clinical Chemistry and Laboratory Medicine). L’enjeu est concret : dans un hôpital de l’AP-HP, le passage à cet étalonnage a relevé les résultats d’environ 11 % sur un automate. Pour suivre votre évolution, restez si possible dans le même laboratoire.

  • Signalez un traitement par corticoïdes ;
  • Mentionnez une maladie de la thyroïde connue ;
  • Évitez si possible un prélèvement pendant une infection aiguë.

Comment lire le résultat

La cystatine C s’exprime en mg/L. Au laboratoire Risch, avec la méthode immunoturbidimétrique de Roche, les valeurs de référence de l’adulte vont de 0,61 à 0,95 mg/L. Les bornes varient selon la méthode : fiez-vous à celles de votre compte rendu.

Seule, elle sert rarement. Le laboratoire la combine le plus souvent à la créatinine pour calculer un DFG estimé par l’équation CKD-EPI créatinine et cystatine C.

En France, ce dosage plus coûteux est réservé à des situations de deuxième intention : affiner un DFG modérément diminué, contourner une interférence sur la créatinine, évaluer les reins quand la masse musculaire est réduite (enfant, cirrhose, personne âgée ou dénutrie), selon le manuel de prélèvement de l’hôpital Bichat (AP-HP).

Ce qui la fait varier en dehors des reins

Une grande analyse publiée dans Kidney International a montré qu’à DFG égal, la cystatine C est un peu plus basse chez la femme et chez les personnes plus âgées, et plus haute en cas de diabète, d’inflammation (CRP et globules blancs élevés) ou d’albumine sanguine basse. Les recommandations KDIGO ajoutent les troubles de la thyroïde, les corticoïdes, l’obésité et le tabac. L’hyperthyroïdie l’augmente ; l’hypothyroïdie la diminue.

Ce que dit la science

Son niveau de preuve est élevé pour un usage en complément de la créatinine. Dans le New England Journal of Medicine, l’équation associant créatinine et cystatine C s’est montrée plus précise que celles fondées sur un seul des deux marqueurs. Un travail plus récent, dans la même revue, a confirmé cet avantage avec des équations sans coefficient ethnique.

Les recommandations internationales KDIGO en tirent une règle simple : quand le DFG estimé par la créatinine est moins fiable et qu’une décision en dépend, utiliser l’estimation associée. Elles suggèrent aussi la cystatine C pour confirmer une maladie rénale chez un adulte classé entre 45 et 59 mL/min/1,73 m² sans autre signe d’atteinte rénale.

Ses limites existent. Thyroïde, corticoïdes, inflammation et tabac la modifient indépendamment des reins. Aucun marqueur n’est parfait : c’est justement pourquoi l’association des deux fait mieux que chacun.

Les analyses à associer

La créatinine et le débit de filtration glomérulaire sont ses compagnons naturels. Le rapport albumine sur créatinine urinaire complète l’évaluation du rein. La TSH vérifie que la thyroïde ne fausse pas le résultat.

À retenir

  • La cystatine C reflète la filtration rénale et dépend peu des muscles ;
  • Elle complète la créatinine chez le sportif très musclé, la personne âgée ou dénutrie ;
  • Thyroïde, corticoïdes, inflammation et tabac peuvent la fausser ;
  • Associée à la créatinine, elle donne le DFG estimé le plus précis.

Testez-vous

4 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Une cystatine C à 0,80 mg/L chez un adulte, c'est...

  2. 02La cystatine C dépend-elle de la masse musculaire ?

  3. 03Quel problème de santé peut fausser la cystatine C ?

  4. 04Une cystatine C à 1,20 mg/L avec une créatinine normale doit faire...

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 8

  1. 1Laboratoires Risch. Cystatine C : méthode PETIA Roche, valeurs de référence, indications
  2. 2AP-HP, Hôpital Bichat-Claude Bernard, biochimie. Manuel de prélèvement, fiche Cystatine C (indications de seconde intention, changement d'étalonnage)
  3. 3Kidney Disease: Improving Global Outcomes (KDIGO) CKD Work Group. KDIGO 2024 Clinical Practice Guideline for the Evaluation and Management of Chronic Kidney Disease. Kidney Int. 2024;105(4S):S117-S314. doi:10.1016/j.kint.2023.10.018
  4. 4Kidney Disease: Improving Global Outcomes (KDIGO) CKD Work Group. KDIGO 2012 Clinical Practice Guideline for the Evaluation and Management of Chronic Kidney Disease. Kidney Int Suppl. 2013;3(1):1-150

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.