Ce que mesure l’oxalurie
L’oxalurie est la quantité d’oxalate éliminée dans les urines en 24 heures. L’oxalate a deux origines. Une partie vient de l’alimentation et passe par l’intestin. L’autre est fabriquée par le foie, notamment à partir du glyoxylate et de la vitamine C. L’organisme ne sait pas dégrader l’oxalate : il l’élimine presque entièrement par le rein.
Dans l’urine, l’oxalate se lie au calcium. Quand leur concentration dépasse le seuil de solubilité, des cristaux d’oxalate de calcium se forment, puis grossissent et s’agrègent en calculs. De petites variations d’oxalate pèsent lourd, car il est présent en faible quantité.
Le calcium de l’alimentation joue un rôle clé. Pris au cours des repas, il se lie à l’oxalate dans l’intestin et l’empêche d’être absorbé. Quand les graisses sont mal absorbées, elles captent ce calcium : l’oxalate reste libre, passe dans le sang puis dans les urines. C’est l’hyperoxalurie entérique, d’origine intestinale.
Comment se passe le prélèvement
Le dosage se fait sur les urines de 24 heures. L’Association européenne d’urologie (EAU) recommande deux recueils consécutifs pour un bilan métabolique. Le flacon et son éventuel conservateur dépendent du laboratoire : suivez ses consignes.
- Faites le bilan au moins 20 jours après une colique néphrétique, idéalement vers 3 mois, sans infection en cours ;
- Gardez votre alimentation et vos boissons habituelles pendant le recueil ;
- Signalez vos compléments, en particulier la vitamine C.
Comment lire le résultat
L’EAU propose plusieurs seuils chez l’adulte :
- Plus de 0,40 mmol/24 h : hyperoxalurie confirmée ;
- De 0,40 à 0,50 mmol/24 h : hyperoxalurie légère, fréquente chez les personnes qui font des calculs d’oxalate de calcium ;
- Plus de 0,5 mmol/24 h, en général moins de 1 mmol/24 h : hyperoxalurie secondaire, liée à une absorption intestinale excessive ou à des apports alimentaires extrêmes ;
- Le plus souvent plus de 1 mmol/24 h : hyperoxalurie primaire, d’origine génétique.
Chez l’enfant, l’EAU rapporte la valeur à la surface corporelle : l’oxalurie attendue reste sous 0,5 mmol par 1,73 m² et par 24 heures. Ces seuils sont des repères. Un résultat se lit avec le volume des urines, le calcium, le citrate et le pH.
Ce que dit la science
Le dosage de l’oxalate urinaire fait partie du bilan recommandé par l’EAU pour les calculs d’oxalate de calcium : son niveau de preuve est « a ». Selon les séries citées par l’EAU, une hyperoxalurie est retrouvée chez 26 à 67 % des adultes qui font des calculs de calcium.
La vitamine C est un précurseur de l’oxalate. Un essai contrôlé publié dans The Journal of Urology a comparé, en double aveugle, une forte dose quotidienne de vitamine C à un placebo, chez des volontaires sains et chez des personnes qui font des calculs. L’oxalate urinaire a augmenté d’environ 20 % chez les premiers et 33 % chez les seconds, sans modification du pH. L’EAU juge toutefois le rôle de la vitamine C dans les calculs encore discuté, et conseille seulement d’éviter les apports excessifs chez les personnes à risque.
L’EAU souligne aussi qu’un excès de protéines animales favorise l’hyperoxalurie, et qu’il ne faut pas restreindre le calcium alimentaire sans raison forte, en raison du lien inverse entre calcium alimentaire et calculs.
Les analyses à associer
La calciurie et la citraturie complètent le profil des calculs d’oxalate de calcium. L’analyse du calcul confirme sa nature. La créatinine urinaire vérifie que le recueil est complet, et la créatinine sanguine renseigne sur le fonctionnement des reins.
À retenir
- L’oxalate urinaire vient de l’alimentation et de la production du foie ;
- L’EAU confirme une hyperoxalurie au-delà de 0,40 mmol/24 h chez l’adulte ;
- Une valeur au-delà de 1 mmol/24 h fait évoquer une forme génétique ;
- Les maladies intestinales et les compléments de vitamine C peuvent l’augmenter ;
- Le calcium des repas aide à limiter l’absorption de l’oxalate.