Ce que mesure l’analyse
La leptine est une hormone sécrétée par le tissu gras. Selon Labcorp, elle informe le cerveau des réserves d’énergie et module l’appétit, la dépense d’énergie, la fonction neuroendocrine et le métabolisme. Les cellules graisseuses la libèrent en proportion de la masse grasse. Quand les réserves ou l’énergie disponible baissent fortement, son taux chute et signale un état de manque d’énergie.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang veineuse. Mayo Clinic Laboratories recommande un jeûne de 8 à 12 heures. Le sérum doit être séparé des cellules dans les 45 minutes et congelé de préférence. Un prélèvement hémolysé ou lipémique est refusé. La leptine suit un rythme jour-nuit : Laughlin et Yen (1997) décrivent, chez des témoins et des athlètes cycliques, une hausse d’environ 50 % entre le creux de 9 h et le pic de 1 h du matin. Un prélèvement du matin, à jeun, assure donc des conditions comparables d’un contrôle à l’autre.
Comment lire le résultat
L’unité est le ng/mL. Mayo (ELISA) donne, pour un adulte d’IMC 22, 0,7 à 5,3 ng/mL chez l’homme et 3,3 à 18,3 ng/mL chez la femme, et invite à contacter le laboratoire pour les autres IMC. La leptine monte avec la masse grasse : une valeur « haute » chez une personne en surpoids est attendue et ne prouve pas un trouble.
La grossesse élève aussi la leptine : Labcorp indique que le taux maternel est environ doublé aux deuxième et troisième trimestres. À l’inverse, la restriction énergétique, la perte de poids et la minceur l’abaissent. Il n’existe pas de repère « optimal » validé de leptine pour la performance, la perte de poids ou la longévité.
Ce que dit la science
L’étude de Considine et al. (1996) a décrit les concentrations de leptine chez des personnes de poids normal et obèses : la leptine est en général plus élevée dans l’obésité. Labcorp rappelle que l’obésité n’est généralement pas due à un déficit en leptine : les mutations du gène LEP sont rares et provoquent une faim excessive avec une obésité très précoce. Elles peuvent justifier une exploration spécialisée.
Chez les sportifs, Hilton et Loucks (2000) ont montré, avec des apports et des dépenses contrôlés, que c’est la faible disponibilité énergétique, et non le stress de l’exercice, qui abaisse la moyenne et l’amplitude de la leptine sur 24 heures. Laughlin et Yen (1997) rapportent des leptinémies divisées par 3 chez des athlètes féminines, cycliques ou non, par rapport à des témoins de même IMC. Ces résultats relèvent de la recherche : la leptine n’est pas un test validé pour diagnostiquer un déficit énergétique.
Le « syndrome de résistance à la leptine » reste un concept de recherche. Aucune autorité sanitaire ne recommande de doser la leptine pour guider un régime.
Les analyses à associer
L’adiponectine et le rapport leptine/adiponectine complètent le profil du tissu gras. L’insuline à jeun et la ghréline éclairent la régulation de l’appétit et de l’énergie.
À retenir
- La leptine suit la masse grasse et l’énergie disponible.
- Les repères de Mayo sont donnés pour un IMC de 22 ; ils changent avec l’IMC.
- Une leptine élevée dans le surpoids est fréquente et n’indique pas un manque de leptine.
- Chez les sportives, une leptine basse est un signal de recherche d’un déficit énergétique.
- Le dosage n’a pas d’intérêt validé en dehors de situations rares et spécialisées.