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SangGlycémie et insulinePreuve validée

Hyperglycémie provoquée par voie orale

Aussi appelée HGPO · HGPO 75 g · Test de tolérance au glucose par voie orale · OGTT

Les repères

  • Tolérance normale moins de 1,4 g/L (2 heures après 75 g)
  • Tolérance normale moins de 7,8 mmol/L (2 heures après 75 g)
  • Intolérance au glucose 1,4 à 2 g/L (2 heures après 75 g)
  • Diabète (résultat à discuter avec le médecin) plus de 2 g/L (2 heures après 75 g)
  • Intolérance au glucose 7,8 à 11,1 mmol/L (2 heures après 75 g)
  • Diabète (résultat à discuter avec le médecin) plus de 11,1 mmol/L (2 heures après 75 g)

Adulte · Source : OMS/FID 2006 : glycémie veineuse 2 h après 75 g de glucose ; intolérance au glucose de 7,8 à 11,0 mmol/L (140 à 199 mg/dL), diabète à partir de 11,1 mmol/L (200 mg/dL). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

L'hyperglycémie provoquée par voie orale mesure la glycémie avant et deux heures après une boisson de 75 g de glucose. Elle révèle une intolérance au glucose ou un diabète que la glycémie à jeun peut manquer.

Pourquoi on la demande

  • Préciser le statut d'une personne dont la glycémie à jeun se situe entre 1,10 et 1,25 g/L (hyperglycémie modérée à jeun), comme le recommande l'OMS.
  • Rechercher un diabète méconnu : la glycémie à jeun seule en manque environ 30 %, selon l'OMS.
  • Repérer une intolérance au glucose, un état intermédiaire que seule l'HGPO identifie.
  • Dépister le diabète gestationnel entre la 24e et la 28e semaine de grossesse.
  • Reclasser une femme qui a eu un diabète gestationnel, au moins six semaines après l'accouchement.

Ce qui peut la fausser

  • Alimentation trop pauvre en glucides les jours précédents : le protocole demande trois jours d'alimentation libre, avec plus de 150 g de glucides par jour.
  • Jeûne trop court ou trop long : il doit durer de 8 à 14 heures.
  • Activité physique, repas ou cigarette pendant les deux heures du test.
  • Séance très intense juste avant : elle fait monter la glycémie (Marliss et Vranic, 2002).
  • Prélèvement de deux heures décalé : l'OMS demande de le faire à cinq minutes près.
  • Glycolyse dans le tube : sans fluorure, ni séparation rapide, ni eau glacée, les cellules consomment le glucose et la valeur baisse.

Causes d’une valeur haute

  • Intolérance au glucose (prédiabète)
  • Diabète non diagnostiqué
  • Diabète gestationnel pendant la grossesse
  • Effort très intense juste avant le test

Prise de sangDépistage du diabète gestationnel ; bilan d'une hyperglycémie modérée à jeun ; exploration d'un prédiabète ; base du test de tolérance au glucose avec insuline (courbe de Kraft).

g/L (ou mmol/L)Preuve validée4 sources

Profil sportif

Le protocole demande de garder votre activité physique habituelle pendant les trois jours qui précèdent, puis de rester au repos pendant toute l'épreuve. Une séance très dure juste avant est à éviter : Marliss et Vranic (Diabetes, 2002) montrent qu'au-delà d'environ 80 % de la capacité aérobie maximale, la glycémie monte nettement. Un régime pauvre en glucides avant le test fausse aussi le résultat, car l'épreuve suppose une alimentation normale en glucides.

Ce que mesure l’analyse

Ce test mesure comment votre organisme élimine une charge de sucre bue à jeun. Il repère une intolérance au glucose, un diabète méconnu ou un diabète de la grossesse que la seule glycémie à jeun ne voit pas toujours.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

L’hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO) teste la manière dont votre organisme gère une charge de sucre. Vous buvez une solution de 75 g de glucose, puis on mesure votre glycémie, c’est-à-dire le taux de glucose dans le sang. Chez une personne qui tolère bien le glucose, l’insuline fait entrer ce sucre dans les muscles, le foie et le tissu graisseux : la glycémie redescend en deux heures.

Quand cette régulation faiblit, la glycémie reste haute plus longtemps. L’HGPO révèle donc des anomalies que la glycémie à jeun ne voit pas. Selon le rapport OMS/FID de 2006, la glycémie à jeun seule manque environ 30 % des diabètes non diagnostiqués. L’HGPO est aussi le seul moyen d’identifier une intolérance au glucose, un état intermédiaire entre la normale et le diabète.

Comment se passe le prélèvement

La préparation compte autant que le test lui-même. Le protocole de l’hôpital général de Singapour, qui suit les critères de l’OMS, prévoit :

  • au moins trois jours d’alimentation libre, avec plus de 150 g de glucides par jour, et votre activité physique habituelle ;
  • un jeûne de 8 à 14 heures la nuit précédente ;
  • une première prise de sang à jeun, puis 75 g de glucose anhydre dissous dans l’eau, à boire en cinq minutes ;
  • le repos pendant deux heures, sans manger ni fumer ;
  • une seconde prise de sang deux heures après la boisson.

Chez l’enfant, la charge est de 1,75 g par kilo, sans dépasser 75 g. Pendant la grossesse, le protocole de l’IADPSG ajoute une prise de sang à une heure.

Le tube contient du fluorure, qui empêche les globules de consommer le glucose. L’OMS insiste sur deux points : le prélèvement de deux heures doit être fait à cinq minutes près, et le glucose doit être dosé tout de suite, ou le plasma séparé immédiatement, ou le tube placé dans l’eau glacée avec un inhibiteur.

Comment lire le résultat

En France, la glycémie s’exprime en g/L ; ailleurs, souvent en mmol/L. Hors grossesse, les critères OMS/FID de 2006 portent sur la glycémie veineuse deux heures après la charge :

  • moins de 1,40 g/L (7,8 mmol/L) : tolérance normale ;
  • de 1,40 à 1,99 g/L : intolérance au glucose ;
  • 2,00 g/L (11,1 mmol/L) ou plus : diabète.

Pendant la grossesse, les seuils sont plus bas. L’IADPSG retient 0,92 g/L à jeun, 1,80 g/L à une heure et 1,53 g/L à deux heures. Une seule valeur atteinte ou dépassée suffit pour parler de diabète gestationnel.

Le test n’est pas parfaitement reproductible. L’OMS rapporte que seules 33 à 48 % des personnes classées intolérantes au glucose le restent quand on refait l’épreuve dans les six semaines. Une préparation alimentaire rigoureuse réduit une partie de cette variation. Tout résultat anormal se discute avec votre médecin, qui décide s’il faut le confirmer.

Ce que dit la science

L’HGPO est un test validé. L’OMS recommande de la conserver comme outil de diagnostic et de la proposer aux personnes dont la glycémie à jeun se situe entre 1,10 et 1,25 g/L (6,1 à 6,9 mmol/L).

Chez la femme enceinte, les seuils de l’IADPSG (Diabetes Care, 2010) viennent de l’étude HAPO, menée chez environ 25 000 femmes au troisième trimestre. Le risque d’un bébé de poids élevé, d’un peptide C élevé au cordon ou d’un excès de graisse à la naissance augmentait de façon continue avec la glycémie de la mère, sans seuil naturel. Les experts ont donc retenu les valeurs où ce risque, exprimé en cote, atteignait 1,75 fois celui observé à la glycémie moyenne. Avec ces critères, 17,8 % des femmes de la cohorte avaient un diabète gestationnel.

Chez le sportif, le moment du test compte. Marliss et Vranic (Diabetes, 2002) ont montré qu’au-delà d’environ 80 % de la capacité aérobie maximale, le foie libère plus de glucose que les muscles n’en utilisent. Une séance intense juste avant l’épreuve peut donc élever la glycémie sans rapport avec votre tolérance réelle.

Les analyses à associer

  • Glycémie à jeun : le premier temps de l’épreuve.
  • Hémoglobine glyquée : la glycémie moyenne des derniers mois.
  • Test de tolérance au glucose avec insuline : la même épreuve, avec l’insuline à chaque temps.
  • Indice HOMA-IR : une estimation de la résistance à l’insuline.

À retenir

  • L’HGPO mesure la glycémie avant et deux heures après 75 g de glucose.
  • Elle détecte des diabètes et des intolérances au glucose que la glycémie à jeun manque.
  • Hors grossesse, 2,00 g/L ou plus à deux heures est un critère de diabète selon l’OMS.
  • Pendant la grossesse, une seule valeur au-dessus des seuils de l’IADPSG suffit.
  • Mangez normalement les jours précédents et restez au repos pendant le test.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Deux heures après la boisson sucrée, une glycémie entre 1,40 et 2,00 g/L correspond à…

  2. 02Une glycémie à deux heures de 2,00 g/L ou plus, c'est…

  3. 03Pendant la grossesse, une glycémie de 1,80 g/L à une heure, avec des valeurs à jeun et à deux heures normales, signifie…

  4. 04Faut-il manger moins de sucre les jours qui précèdent l'HGPO ?

  5. 05Peut-on marcher, manger ou fumer pendant l'épreuve ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 4

  1. 1OMS, FID. Definition and diagnosis of diabetes mellitus and intermediate hyperglycaemia : report of a WHO/IDF consultation, 2006.
  2. 2Singapore General Hospital, Department of Pathology. Glucose Tolerance Test, Plasma : préparation du patient, protocole (75 g de glucose anhydre), tube fluorure-oxalate, méthode enzymatique.
  3. 3International Association of Diabetes and Pregnancy Study Groups Consensus Panel, Metzger BE, Gabbe SG, et al. Recommendations on the diagnosis and classification of hyperglycemia in pregnancy. Diabetes Care. 2010;33(3):676-682. PMID 20190296.
  4. 4Marliss EB, Vranic M. Intense exercise has unique effects on both insulin release and its roles in glucoregulation: implications for diabetes. Diabetes. 2002;51(Suppl 1):S271-S283. PMID 11815492.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.