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SangGlycémie et insulinePreuve émergente

Test de tolérance au glucose avec insuline

Aussi appelée Courbe de Kraft · Test de Kraft · HGPO avec insulinémies · Courbe d'insulinémie

Les repères

  • Compatible avec le modèle I de Kraft moins de 30 µUI/mL (insuline à jeun)
  • Retour rapide (modèle I) moins de 60 µUI/mL (somme des insulines à
  • Sous le seuil proposé par Crofts moins de 30 µUI/mL (insuline à 2 h)
  • Modèles II ou III possibles, selon la courbe 30 à 50 µUI/mL (insuline à jeun)
  • Hyperinsulinémie probable selon Crofts plus de 30 µUI/mL (insuline à 2 h)
  • Modèle IV de Kraft (hyperinsulinémie à jeun) plus de 50 µUI/mL (insuline à jeun)
  • Zone limite (modèle IIA) 60 à 100 µUI/mL (somme des insulines à
  • Hyperinsulinémie (modèle IIB) plus de 100 µUI/mL (somme des insulines à

Source : DiNicolantonio JJ et al., Open Heart 2017, tableau 1 : modèles de Kraft redéfinis par Crofts (insuline en µUI/mL, protocole de Kraft) ; Crofts CAP et al., J Insulin Resist 2019 (base de données Kraft, tolérance au glucose normale) : insuline à 2 h > 30 µUI/mL, sensibilité 0,98 et spécificité 0,62. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

La courbe de Kraft ajoute un dosage d'insuline à chaque temps d'une hyperglycémie provoquée. Elle cherche une hyperinsulinémie cachée derrière une glycémie normale, avec des repères qui restent du domaine de la recherche.

Pourquoi on la demande

  • Rechercher une hyperinsulinémie, c'est-à-dire un excès d'insuline après une charge en sucre, alors que la glycémie reste normale.
  • Compléter une HGPO normale quand on soupçonne une résistance à l'insuline.
  • Explorer un profil métabolique dans une démarche de prévention, en sachant que les seuils ne sont pas consensuels.
  • Participer à des travaux de recherche sur le dépistage précoce du diabète.

Ce qui peut la fausser

  • Charge en glucose : le protocole original de Kraft utilisait 100 g ; avec 75 g, des valeurs « limites » peuvent déjà traduire une hyperinsulinémie.
  • Alimentation des deux semaines précédentes : au moins 150 g de glucides par jour sont demandés.
  • Jeûne de plus de dix heures la nuit précédente.
  • Sécrétion pulsatile de l'insuline : elle oscille toutes les 3 à 10 minutes, ce qui rend chaque prélèvement isolé imprécis.
  • Technique de dosage : chez les mêmes patients, Kraft trouvait 87,8 % de courbes anormales avec un dosage et 79,1 % avec un autre.
  • Médicaments, origine ethnique et âge (puberté, ménopause) : des limites citées par les auteurs eux-mêmes.
  • Effort épuisant juste avant : l'insuline monte fortement pendant 40 à 60 minutes (Marliss et Vranic, 2002).

Causes d’une valeur haute

  • Hyperinsulinémie qui compense une résistance à l'insuline
  • Intolérance au glucose ou diabète débutant
  • Surpoids (lien modeste dans la base de Kraft)
  • Effort épuisant juste avant le test

Causes d’une valeur basse

  • Modèle V de Kraft : toutes les valeurs d'insuline basses, compatible avec une sécrétion insuffisante, comme dans un diabète insulinodépendant

Prise de sangHGPO de trois heures avec dosages d'insuline (protocoles de Kraft et de Hayashi, décrits par DiNicolantonio et al., 2017) ; bilans de médecine fonctionnelle.

µUI/mL (insuline) et g/L (glucPreuve émergente5 sources

Profil sportif

Le protocole exige au moins deux semaines d'alimentation à 150 g de glucides par jour ou plus : un sportif en régime pauvre en glucides doit en tenir compte. Après un effort épuisant, l'insuline monte fortement pendant 40 à 60 minutes (Marliss et Vranic, Diabetes, 2002) : programmez le test à distance d'une séance dure.

Ce que mesure l’analyse

Ce test reprend l'épreuve de charge en glucose et y ajoute des dosages d'insuline. Il cherche à savoir si le pancréas doit produire trop d'insuline pour garder une glycémie normale ; ses seuils ne font pas consensus.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Ce test reprend l’hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO) et y ajoute un dosage de l’insuline à chaque prélèvement. On obtient deux courbes : celle du glucose et celle de l’insuline, l’hormone du pancréas qui fait baisser la glycémie. Son nom vient du médecin Joseph R. Kraft, qui a décrit en 1975 plusieurs « modèles » de réponse de l’insuline chez 3 650 patients.

L’idée est simple. Quand les tissus résistent à l’insuline, le pancréas compense en sécrétant davantage. La glycémie reste alors normale, mais au prix d’un excès d’insuline, ou hyperinsulinémie. Une HGPO classique ne regarde que le glucose ; la courbe de Kraft cherche à voir cette compensation.

Comment se passe le prélèvement

Le protocole décrit par DiNicolantonio et ses collègues (Open Heart, 2017) comprend :

  • au moins deux semaines d’alimentation avec 150 g de glucides par jour ou plus ;
  • un jeûne de plus de dix heures ;
  • une boisson de 75 g de glucose ;
  • des prélèvements de glucose et d’insuline à jeun, puis à 30, 60, 120 et 180 minutes.

Le protocole original de Kraft utilisait 100 g de glucose et durait de trois à cinq heures. Avec 75 g, les auteurs préviennent que des résultats « limites » peuvent déjà traduire une hyperinsulinémie. Comptez au moins trois heures sur place, au repos.

Comment lire le résultat

La glycémie se lit avec les critères officiels de l’HGPO. L’insuline se lit selon les modèles de Kraft, redéfinis par Catherine Crofts pour classer toutes les courbes :

  • modèle I (normal) : insuline à jeun de 30 µUI/mL au plus, pic à 30 ou 60 minutes, somme des insulines de la deuxième et de la troisième heure inférieure à 60 µUI/mL ;
  • modèles IIA et IIB : pic normal mais retour lent ; une somme de 100 µUI/mL ou plus définit le modèle IIB ;
  • modèle III : pic retardé, à la deuxième ou à la troisième heure ;
  • modèle IV : insuline à jeun supérieure à 50 µUI/mL ;
  • modèle V : toutes les valeurs à 30 µUI/mL ou moins, signe d’une sécrétion faible.

En 2019, Crofts et ses collègues ont cherché un critère plus simple. Dans la base de Kraft, une insuline à deux heures supérieure à 30 µUI/mL repérait 98 % des hyperinsulinémies, avec une spécificité de 62 % : elle produit donc beaucoup de faux positifs. L’insuline à jeun seule était peu utile : au-dessus de 30 µUI/mL, elle ne repérait que 7 % des personnes hyperinsulinémiques.

Ces seuils sont des repères de recherche. Ils ne figurent dans aucune recommandation officielle et dépendent de la technique de dosage de l’insuline.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est émergent. Dans les données de Kraft rapportées par DiNicolantonio, seules 33 % des personnes à tolérance au glucose normale avaient une réponse de l’insuline normale. Crofts et ses collègues (Diabetes Research and Clinical Practice, 2016) ont réanalysé la base avec les critères de l’OMS : parmi 4 185 personnes à tolérance normale, un peu plus de la moitié avaient une hyperinsulinémie, et 93 % des personnes intolérantes au glucose ou diabétiques en avaient une aussi. Le surpoids n’y était que modestement associé.

Ces travaux ont des limites importantes. Les données sont transversales et ont été recueillies entre les années 1970 et 1990 : elles décrivent une association, sans prouver que l’hyperinsulinémie prédit la maladie. La sécrétion d’insuline est pulsatile, et la variabilité d’une insuline à jeun isolée atteint 25 à 50 %. Les résultats changent aussi selon la technique : chez les mêmes patients, Kraft trouvait 87,8 % de courbes anormales avec un dosage et 79,1 % avec un autre.

Les auteurs eux-mêmes demandent que ces outils soient testés, puis intégrés aux recommandations : ce n’est donc pas le cas aujourd’hui. Le test est long et coûteux. Il peut éclairer une démarche de prévention, pas poser un diagnostic.

Les analyses à associer

  • Hyperglycémie provoquée par voie orale : la lecture officielle de la glycémie.
  • Insuline à jeun : la valeur de départ.
  • Indice HOMA-IR : une estimation simple de la résistance à l’insuline.
  • Peptide C : la sécrétion réelle du pancréas.

À retenir

  • La courbe de Kraft ajoute l’insuline à chaque temps d’une HGPO.
  • Elle cherche une hyperinsulinémie cachée derrière une glycémie normale.
  • Ses seuils viennent de la recherche et ne sont pas consensuels.
  • Le résultat dépend de la charge en glucose, de la préparation et de la technique de dosage.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Une insuline à jeun supérieure à 50 µUI/mL correspond à quel modèle de Kraft ?

  2. 02Une somme des insulines de la deuxième et de la troisième heure de 100 µUI/mL ou plus, c'est…

  3. 03Une glycémie normale pendant l'épreuve exclut-elle une hyperinsulinémie ?

  4. 04Avec le seuil de Crofts, une insuline à deux heures au-dessus de 30 µUI/mL…

  5. 05Ces repères sont-ils reconnus par les autorités de santé ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 5

  1. 1DiNicolantonio JJ, Bhutani J, O'Keefe JH, Crofts C. Postprandial insulin assay as the earliest biomarker for diagnosing pre-diabetes, type 2 diabetes and increased cardiovascular risk. Open Heart. 2017;4(2):e000656. PMID 29225902.
  2. 2Crofts C, Schofield G, Zinn C, et al. Identifying hyperinsulinaemia in the absence of impaired glucose tolerance: An examination of the Kraft database. Diabetes Res Clin Pract. 2016;118:50-57. PMID 27344544.
  3. 3Crofts CAP, Schofield G, Wheldon MC, Zinn C, Kraft JR. Determining a diagnostic algorithm for hyperinsulinaemia. Journal of Insulin Resistance (devenu Journal of Metabolic Health). 2019;4(1):a49.
  4. 4OMS, FID. Definition and diagnosis of diabetes mellitus and intermediate hyperglycaemia : report of a WHO/IDF consultation, 2006.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.