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Air expiréGlycémie et insulinePreuve émergente

Acétone dans l’air expiré

Aussi appelée Cétones de l'haleine · Acétone respiratoire · Acétone expirée

Les repères

  • Adulte en bonne santé, alimentation mixte (revue Anderson) 0,5 à 2 ppm (parties par million)
  • Niveaux associés à l'acidocétose diabétique (revue Anderson) 75 à 1 250 ppm (parties par million)

Source : Anderson JC, Obesity 2015 (revue de la littérature), acétone de l'air expiré en ppm. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

L'acétone de l'air expiré est un corps cétonique qui passe du sang aux poumons. Sa mesure suit la cétose sans piqûre, avec une précision qui dépend beaucoup de l'appareil et de la façon de souffler.

Pourquoi on la demande

  • Suivre sans piqûre un état de cétose pendant un régime cétogène ou un jeûne.
  • Estimer, en recherche, le rythme de perte de graisse pendant une restriction calorique.
  • Suivre en recherche la cétose d'enfants épileptiques sous régime cétogène.
  • Approcher la cétonémie sans prise de sang, en complément des mesures sanguines.

Ce qui peut la fausser

  • Manière de souffler : volume expiré, durée de l'expiration, apnée ou hyperventilation changent la concentration.
  • Repas récent : un repas riche en glucides fait baisser l'acétone en quelques heures.
  • Effort : l'acétone peut monter pendant et après l'exercice ; évitez de mesurer juste après.
  • Nuit : l'acétone peut plus que doubler pendant le sommeil, faute d'apport alimentaire.
  • Ail en grande quantité : hausse 24 à 30 heures plus tard.
  • Disulfirame : ce médicament bloque l'élimination de l'acétone, qui est multipliée par 10 à 15.
  • Sauna sec : hausse rapportée après une séance.
  • Appareil et méthode : la valeur dépend de l'instrument et du type de souffle recueilli.

Causes d’une valeur haute

  • Alimentation très riche en graisses et pauvre en glucides (jusqu'à environ 40 ppm)
  • Restriction calorique, jeûne prolongé (jusqu'à environ 170 ppm)
  • Effort physique
  • Ail, disulfirame, sauna
  • Acidocétose diabétique (75 à 1 250 ppm)

Test respiratoireAnalyseurs d'haleine grand public ; chromatographie en phase gazeuse ou spectrométrie de masse en recherche.

ppm (parties par million)Preuve émergente4 sources

Profil sportif

Anderson (Obesity, 2015) rapporte qu'au cours d'épreuves d'effort progressives, l'acétone expirée double environ avec l'intensité, avec un maximum vers le seuil lactique. Mesurez-la donc au repos et à distance de l'entraînement si vous voulez comparer des valeurs d'un jour à l'autre.

Ce que mesure l’analyse

Ce test mesure l'acétone de votre souffle, un sous-produit de la combustion des graisses. Il reflète la cétose de façon non invasive, mais sa valeur dépend de l'appareil, de la façon de souffler et de nombreux facteurs du quotidien.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Quand le foie brûle beaucoup de graisses, il fabrique des corps cétoniques : l’acétoacétate, le bêta-hydroxybutyrate (BHB) et l’acétone. L’acétone se forme spontanément à partir de l’acétoacétate. C’est une très petite molécule : elle passe du sang dans les voies aériennes et se retrouve dans l’air expiré. Mesurer l’acétone de l’haleine donne ainsi un reflet de la cétose, sans piqûre.

Dans sa revue publiée dans Obesity en 2015, Joseph Anderson rappelle que cette mesure existe depuis plus de cinquante ans. Elle a d’abord servi à suivre le jeûne et le diabète, puis à estimer la perte de graisse chez des personnes en bonne santé.

Comment se passe la mesure

Vous soufflez dans un appareil, qui mesure l’acétone en ppm, ou parties par million. Il existe plusieurs façons de recueillir le souffle, et elles ne donnent pas la même valeur. Selon Anderson :

  • le souffle normal, ou courant, est simple et répétable, mais reflète le moins bien le sang ;
  • l’expiration complète après une inspiration profonde se rapproche davantage du sang, mais dépend beaucoup de l’effort fourni ;
  • la réinspiration dans un sac pendant six cycles donne la meilleure exactitude, mais elle est moins confortable.

L’acétone s’échange surtout dans les voies aériennes, pas dans les alvéoles. Le volume soufflé, la température du souffle, l’apnée ou l’hyperventilation modifient donc la concentration. Pour comparer des mesures, gardez toujours la même méthode, au même moment de la journée, à jeun et au repos.

Comment lire le résultat

Anderson a rassemblé les valeurs publiées. Chez l’adulte en bonne santé qui mange de façon mixte, l’acétone expirée va de 0,5 à 2 ppm. Elle peut atteindre environ 40 ppm sous régime riche en graisses et pauvre en glucides, environ 170 ppm après des semaines de jeûne, et de 75 à 1 250 ppm dans une acidocétose diabétique. Ces chiffres viennent d’études et d’appareils variés : ce ne sont pas des normes de laboratoire.

L’acétone varie aussi au fil des heures. Elle peut plus que doubler pendant la nuit, faute d’apport alimentaire. Un repas riche en glucides la fait baisser en quelques heures, alors qu’il faut plusieurs jours de restriction calorique pour qu’elle atteigne un nouveau plateau. L’ail en grande quantité, le disulfirame, un médicament, ou un sauna sec l’élèvent sans lien avec la combustion des graisses.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est émergent. Le lien avec les cétones du sang est réel : Anderson rapporte une corrélation moyenne de 0,77 avec le BHB, de 0,54 à 0,94 selon les études. La relation n’est pas linéaire ; l’acétone est surtout sensible quand le BHB est bas, sous 1 mmol/L.

Musa-Veloso et ses collègues (American Journal of Clinical Nutrition, 2002) ont donné quatre repas cétogènes à douze adultes. L’acétone de l’haleine prédisait le mieux l’acétoacétate du plasma, et prédisait le BHB aussi bien que les cétones urinaires. Chez des enfants épileptiques sous régime cétogène, la même équipe (Nutrition, 2006) a trouvé une relation étroite, mais courbe, entre l’acétone de l’haleine et les cétones du plasma. Elle n’a pas trouvé de lien avec la fréquence des crises.

Le lien avec la perte de graisse repose sur de petites études. Anderson estime qu’une acétone de 2 ppm maintenue pendant une restriction calorique correspondrait à une perte d’environ 114 à 227 g de graisse par semaine. Cette estimation suppose que la façon de souffler et les autres facteurs soient contrôlés. Enfin, l’acétone de l’haleine ne sert pas à diagnostiquer une acidocétose : le consensus international de 2024 s’appuie sur la glycémie, les cétones du sang ou des urines et l’acidose.

Les analyses à associer

  • Corps cétoniques sanguins : la mesure de référence.
  • Cétones urinaires : l’autre méthode sans piqûre.
  • Glycémie à jeun : pour écarter un diabète déséquilibré.

À retenir

  • L’acétone de l’haleine reflète la cétose sans prise de sang.
  • Elle suit le BHB sanguin, surtout aux faibles valeurs.
  • Repas, nuit, effort, ail et façon de souffler la modifient.
  • Les valeurs publiées ne sont pas des normes : comparez-vous à vous-même, avec le même appareil.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Chez un adulte en bonne santé à l'alimentation mixte, l'acétone expirée se situe autour de…

  2. 02L'acétone de l'haleine reflète-t-elle les cétones du sang ?

  3. 03Un repas riche en glucides fait…

  4. 04La façon de souffler change-t-elle le résultat ?

  5. 05Ce test sert-il à diagnostiquer une acidocétose ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 4

  1. 1Anderson JC. Measuring breath acetone for monitoring fat loss: Review. Obesity (Silver Spring). 2015;23(12):2327-2334. PMID 26524104.
  2. 2Musa-Veloso K, Likhodii SS, Cunnane SC. Breath acetone is a reliable indicator of ketosis in adults consuming ketogenic meals. Am J Clin Nutr. 2002;76(1):65-70. PMID 12081817.
  3. 3Musa-Veloso K, Likhodii SS, Rarama E, et al. Breath acetone predicts plasma ketone bodies in children with epilepsy on a ketogenic diet. Nutrition. 2006;22(1):1-8. PMID 16183255.
  4. 4Umpierrez GE, Davis GM, ElSayed NA, et al. Hyperglycemic Crises in Adults With Diabetes: A Consensus Report (ADA, EASD, JBDS, AACE, DTS). Diabetes Care. 2024;47(8):1257-1275. PMID 39052901.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.