Ce que mesure l’analyse
La GAD65, ou décarboxylase de l’acide glutamique, est une enzyme présente dans les neurones et dans les cellules bêta du pancréas. Dans les neurones, elle fabrique le GABA, un messager chimique qui calme l’activité nerveuse. Les anticorps anti-GAD sont dirigés contre cette enzyme. Leur présence signe une réaction auto-immune, c’est-à-dire une attaque du système immunitaire contre les tissus de l’organisme.
Selon Mayo Clinic Laboratories, c’est le principal anticorps dirigé contre les îlots du pancréas, où se trouvent les cellules qui fabriquent l’insuline. Il marque une susceptibilité au diabète de type 1 et à des maladies auto-immunes associées, comme celles de la thyroïde, l’anémie de Biermer ou le vitiligo. À taux élevé, il accompagne aussi des maladies neurologiques auto-immunes : syndrome de la personne raide, ataxie cérébelleuse, encéphalite du tronc cérébral, certaines épilepsies.
Comment se passe le prélèvement
Une simple prise de sang suffit. Mayo demande au moins 1 mL de sérum, conservé de préférence au réfrigérateur, où il reste stable 28 jours. Les échantillons très hémolysés, laiteux ou jaunes sont refusés.
Signalez tout examen récent utilisant un produit radioactif, comme une scintigraphie. La technique de Mayo est un radio-immunodosage, qui repose sur un marqueur radioactif. Un isotope encore présent dans votre sang peut perturber la mesure. Mayo contrôle donc la radioactivité de chaque échantillon et met de côté pendant une semaine ceux qui en contiennent.
Comment lire le résultat
Les unités et les seuils varient selon la technique et le laboratoire : comparez toujours vos résultats dans le même laboratoire. Chez Mayo Clinic Laboratories :
- 0,02 nmol/L ou moins : négatif ;
- de 0,03 à 19,9 nmol/L : titre faible, retrouvé chez environ 80 % des diabétiques de type 1 et chez moins de 5 % des diabétiques de type 2 ;
- 20 nmol/L ou plus : titre élevé, retrouvé dans environ 93 % des syndromes de la personne raide classiques et dans des maladies proches, comme certaines ataxies cérébelleuses acquises.
Un résultat positif n’est pas un diagnostic. Selon les données de Mayo, environ 8 % des habitants en bonne santé de plus de 50 ans du comté d’Olmsted, aux États-Unis, ont des anti-GAD à titre faible. Ils ont peut-être un risque accru de maladie auto-immune future, sans plus. Pour explorer un diabète auto-immun, Mayo recommande d’associer d’autres anticorps : anti-insuline, anti-IA-2 et anti-ZnT8.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est élevé pour la classification du diabète. La déclaration commune de la JDRF, de l’Endocrine Society et de l’American Diabetes Association (Insel et al., Diabetes Care, 2015) décrit le diabète de type 1 comme une maladie qui progresse par étapes, bien avant les symptômes :
- stade 1 : au moins deux auto-anticorps contre les îlots, avec une glycémie normale ;
- stade 2 : auto-anticorps et glycémie déjà perturbée, toujours sans symptôme ;
- stade 3 : apparition des symptômes.
Les anti-GAD comptent aussi chez l’adulte. Le panel d’experts réuni par Buzzetti (Diabetes, 2020) rappelle que le diabète auto-immun latent de l’adulte (LADA) représente 2 à 12 % des diabètes de l’adulte. Ces personnes ressemblent d’abord à des diabétiques de type 2 et n’ont pas besoin d’insuline au diagnostic, mais elles portent des marqueurs immunitaires du diabète de type 1. Les experts conseillent de rechercher un LADA chez les adultes dont le diabète vient d’être découvert sans besoin d’insuline. Ils proposent ensuite d’adapter la prise en charge au peptide C, reflet de la sécrétion d’insuline restante.
Les analyses à associer
- Peptide C : la sécrétion d’insuline restante.
- Hémoglobine glyquée : l’équilibre glycémique.
- Anticorps anti-thyroperoxydase : l’auto-immunité thyroïdienne.
- Anticorps anti-cellules pariétales gastriques : la recherche d’une anémie de Biermer.
À retenir
- Les anti-GAD signent une réaction auto-immune contre le pancréas ou le système nerveux.
- Un titre faible oriente vers un diabète auto-immun ; un titre très élevé, vers une maladie neurologique.
- Un résultat positif existe aussi chez des personnes en bonne santé, surtout après 50 ans.
- Ils se lisent avec d’autres auto-anticorps et avec le peptide C.