Ce que mesure l’analyse
Les cellules pariétales tapissent le corps de l’estomac. Elles fabriquent l’acide gastrique, grâce à une pompe appelée H+/K+ ATPase ou pompe à protons, et le facteur intrinsèque, la protéine nécessaire à l’absorption de la vitamine B12.
Dans la gastrite atrophique auto-immune, le système immunitaire détruit ces cellules. L’estomac fabrique alors moins d’acide et moins de facteur intrinsèque. À terme, la vitamine B12 n’est plus absorbée : c’est la maladie de Biermer, ou anémie pernicieuse.
Le test recherche les anticorps dirigés contre ces cellules. Leur cible principale est la pompe à protons. Mayo Clinic Laboratories (États-Unis) les dose par ELISA, avec une pompe purifiée à partir d’estomac de porc.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique, sans préparation particulière. Selon les laboratoires, le test se fait par ELISA, qui donne un résultat en unités, ou par immunofluorescence, qui donne un titre.
Mayo signale que des complexes immuns ou des agrégats d’anticorps dans l’échantillon peuvent donner des faux positifs avec l’ELISA.
Comment lire le résultat
Seuils et unités dépendent de la trousse. Mayo Clinic Laboratories donne : négatif jusqu’à 20,0 unités, équivoque de 20,1 à 24,9, positif à partir de 25,0 unités. En cas de résultat équivoque et de forte suspicion, Mayo conseille de refaire le test 4 à 6 semaines plus tard.
Un résultat positif peut orienter vers une gastrite atrophique auto-immune ou une maladie de Biermer, mais il ne prouve pas une maladie. La revue française de Zulfiqar et ses collègues (2012) rapporte une sensibilité supérieure à 90 % pour une spécificité d’environ 50 %, selon les définitions classiques. Ces anticorps se rencontrent aussi dans la thyroïdite d’Hashimoto, le diabète et chez des personnes âgées sans gastrite atrophique.
Un résultat négatif n’exclut pas une maladie de Biermer, rappelle Mayo.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est intermédiaire : le test est utile mais peu spécifique. Selon Mayo, le diagnostic de maladie de Biermer repose sur un ensemble : gastrite atrophique prouvée par une biopsie, anémie à gros globules rouges, manque de vitamine B12, anticorps anti-cellules pariétales avec ou sans anticorps anti-facteur intrinsèque, et gastrine élevée.
Les deux anticorps sont complémentaires. Mayo résume : les anti-facteur intrinsèque sont plus spécifiques mais manquent de sensibilité, alors que les anti-cellules pariétales sont plus sensibles. La revue de Zulfiqar et ses collègues indique qu’en combinant les deux, la sensibilité atteint environ 73 % avec une spécificité de 100 % dans les travaux récents.
La maladie de Biermer s’associe souvent à d’autres maladies auto-immunes, en particulier les thyroïdites et le diabète de type 1, selon Mayo et la même revue. La British Society for Haematology (2014) rappelle de son côté que le dosage de la vitamine B12 reste le premier examen devant une suspicion de manque.
Repérer une gastrite atrophique a un autre intérêt. Selon la revue de Zulfiqar et ses collègues, l’estomac qui ne fabrique plus d’acide produit en excès une hormone, la gastrine. Cette hausse favorise la multiplication de certaines cellules de la muqueuse et peut conduire à des tumeurs carcinoïdes de l’estomac. C’est l’une des raisons pour lesquelles la gastrite atrophique fait l’objet d’un suivi spécialisé.
Les analyses à associer
- Anticorps anti-facteur intrinsèque : plus spécifiques de la maladie de Biermer.
- Vitamine B12 : pour confirmer le manque.
- Gastrine : élevée quand l’estomac ne fabrique plus d’acide.
- Anticorps anti-thyroperoxydase : une thyroïdite auto-immune est souvent associée.
À retenir
- Ces anticorps visent les cellules de l’estomac qui fabriquent l’acide et le facteur intrinsèque.
- Ils sont sensibles mais peu spécifiques de la maladie de Biermer.
- On les trouve aussi dans d’autres maladies auto-immunes et chez des personnes âgées.
- Seuils et unités dépendent de la trousse : positif à partir de 25,0 unités chez Mayo, par exemple.
- Ils se lisent avec les anti-facteur intrinsèque, la vitamine B12 et la gastrine.