Aller au contenu

SangAuto-immunitéPreuve courante

Anticorps anti-cellules pariétales gastriques

Aussi appelée Anti-cellules pariétales · ACP · Anti-pompe à protons (H+/K+ ATPase) · APCA

Les repères

  • Négatif (ELISA, Mayo Clinic Laboratories) moins de 20 U
  • Équivoque 20,1 à 24,9 U
  • Positif plus de 25 U

Source : Mayo Clinic Laboratories, test PCAB, ELISA, unités. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Les anticorps anti-cellules pariétales visent les cellules de l'estomac qui fabriquent l'acide et le facteur intrinsèque. Sensibles mais peu spécifiques, ils orientent vers une gastrite atrophique auto-immune ou une maladie de Biermer.

Pourquoi on la demande

  • Rechercher une gastrite atrophique auto-immune ou une maladie de Biermer devant un manque de vitamine B12.
  • Compléter les anticorps anti-facteur intrinsèque, plus spécifiques mais moins sensibles.
  • Explorer l'estomac chez une personne atteinte d'une autre maladie auto-immune, comme une thyroïdite ou un diabète de type 1.

Ce qui peut la fausser

  • Âge : présents chez des personnes âgées sans gastrite atrophique.
  • Autres maladies auto-immunes : thyroïdite d'Hashimoto, diabète de type 1.
  • Complexes immuns ou agrégats d'anticorps dans l'échantillon : faux positifs possibles avec l'ELISA.
  • Technique : ELISA ou immunofluorescence, seuils et unités propres à chaque laboratoire.
  • Résultat équivoque : à refaire 4 à 6 semaines plus tard si la suspicion est forte.

Causes d’une valeur haute

  • Gastrite atrophique auto-immune
  • Maladie de Biermer
  • Thyroïdite auto-immune
  • Diabète de type 1
  • Personnes âgées sans maladie de l'estomac

Prise de sangBilan d'un manque de vitamine B12 ; bilan de gastrite atrophique auto-immune, avec les anticorps anti-facteur intrinsèque.

UPreuve courante4 sources

Ce que mesure l’analyse

Ces auto-anticorps s'attaquent aux cellules de l'estomac qui produisent l'acide et la protéine nécessaire à l'absorption de la cobalamine, une vitamine du groupe B. Fréquents dans la maladie de Biermer, ils se rencontrent aussi dans d'autres maladies auto-immunes et avec l'âge.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Les cellules pariétales tapissent le corps de l’estomac. Elles fabriquent l’acide gastrique, grâce à une pompe appelée H+/K+ ATPase ou pompe à protons, et le facteur intrinsèque, la protéine nécessaire à l’absorption de la vitamine B12.

Dans la gastrite atrophique auto-immune, le système immunitaire détruit ces cellules. L’estomac fabrique alors moins d’acide et moins de facteur intrinsèque. À terme, la vitamine B12 n’est plus absorbée : c’est la maladie de Biermer, ou anémie pernicieuse.

Le test recherche les anticorps dirigés contre ces cellules. Leur cible principale est la pompe à protons. Mayo Clinic Laboratories (États-Unis) les dose par ELISA, avec une pompe purifiée à partir d’estomac de porc.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang classique, sans préparation particulière. Selon les laboratoires, le test se fait par ELISA, qui donne un résultat en unités, ou par immunofluorescence, qui donne un titre.

Mayo signale que des complexes immuns ou des agrégats d’anticorps dans l’échantillon peuvent donner des faux positifs avec l’ELISA.

Comment lire le résultat

Seuils et unités dépendent de la trousse. Mayo Clinic Laboratories donne : négatif jusqu’à 20,0 unités, équivoque de 20,1 à 24,9, positif à partir de 25,0 unités. En cas de résultat équivoque et de forte suspicion, Mayo conseille de refaire le test 4 à 6 semaines plus tard.

Un résultat positif peut orienter vers une gastrite atrophique auto-immune ou une maladie de Biermer, mais il ne prouve pas une maladie. La revue française de Zulfiqar et ses collègues (2012) rapporte une sensibilité supérieure à 90 % pour une spécificité d’environ 50 %, selon les définitions classiques. Ces anticorps se rencontrent aussi dans la thyroïdite d’Hashimoto, le diabète et chez des personnes âgées sans gastrite atrophique.

Un résultat négatif n’exclut pas une maladie de Biermer, rappelle Mayo.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est intermédiaire : le test est utile mais peu spécifique. Selon Mayo, le diagnostic de maladie de Biermer repose sur un ensemble : gastrite atrophique prouvée par une biopsie, anémie à gros globules rouges, manque de vitamine B12, anticorps anti-cellules pariétales avec ou sans anticorps anti-facteur intrinsèque, et gastrine élevée.

Les deux anticorps sont complémentaires. Mayo résume : les anti-facteur intrinsèque sont plus spécifiques mais manquent de sensibilité, alors que les anti-cellules pariétales sont plus sensibles. La revue de Zulfiqar et ses collègues indique qu’en combinant les deux, la sensibilité atteint environ 73 % avec une spécificité de 100 % dans les travaux récents.

La maladie de Biermer s’associe souvent à d’autres maladies auto-immunes, en particulier les thyroïdites et le diabète de type 1, selon Mayo et la même revue. La British Society for Haematology (2014) rappelle de son côté que le dosage de la vitamine B12 reste le premier examen devant une suspicion de manque.

Repérer une gastrite atrophique a un autre intérêt. Selon la revue de Zulfiqar et ses collègues, l’estomac qui ne fabrique plus d’acide produit en excès une hormone, la gastrine. Cette hausse favorise la multiplication de certaines cellules de la muqueuse et peut conduire à des tumeurs carcinoïdes de l’estomac. C’est l’une des raisons pour lesquelles la gastrite atrophique fait l’objet d’un suivi spécialisé.

Les analyses à associer

  • Anticorps anti-facteur intrinsèque : plus spécifiques de la maladie de Biermer.
  • Vitamine B12 : pour confirmer le manque.
  • Gastrine : élevée quand l’estomac ne fabrique plus d’acide.
  • Anticorps anti-thyroperoxydase : une thyroïdite auto-immune est souvent associée.

À retenir

  • Ces anticorps visent les cellules de l’estomac qui fabriquent l’acide et le facteur intrinsèque.
  • Ils sont sensibles mais peu spécifiques de la maladie de Biermer.
  • On les trouve aussi dans d’autres maladies auto-immunes et chez des personnes âgées.
  • Seuils et unités dépendent de la trousse : positif à partir de 25,0 unités chez Mayo, par exemple.
  • Ils se lisent avec les anti-facteur intrinsèque, la vitamine B12 et la gastrine.

Testez-vous

4 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Chez Mayo Clinic Laboratories, un résultat de 25 unités ou plus est…

  2. 02Ces anticorps sont-ils propres à la maladie de Biermer ?

  3. 03Lequel est le plus spécifique de la maladie de Biermer ?

  4. 04Que conseille Mayo en cas de résultat équivoque et de forte suspicion ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 4

  1. 1Mayo Clinic Laboratories (Rochester, États-Unis). Parietal Cell Antibodies, IgG, Serum, test PCAB : ELISA (H+/K+ ATPase).
  2. 2Zulfiqar AA, Serraj K, Pennaforte JL, Andrès E. Maladie de Biermer : de la physiopathologie à la clinique. mt (Médecine thérapeutique, John Libbey Eurotext). 2012;18(1):21-29. https://doi.org/10.1684/met.2012.0352 — texte
  3. 3Mayo Clinic Laboratories (Rochester, États-Unis). Intrinsic Factor Blocking Antibody, Serum, test IFBA : immunodosage enzymatique par compétition.
  4. 4Devalia V, Hamilton MS, Molloy AM; British Committee for Standards in Haematology. Guidelines for the diagnosis and treatment of cobalamin and folate disorders. Br J Haematol. 2014;166(4):496-513. PMID 24942828.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.