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SangAuto-immunitéPreuve validée

Anticorps anti-antigènes nucléaires solubles

Aussi appelée Anti-ENA · Anticorps anti-antigènes solubles · Anti-SSA, anti-SSB, anti-Sm, anti-RNP

Les anti-ENA sont des auto-anticorps dirigés contre des protéines solubles du noyau. Leur identification précise la cible d'AAN positifs et oriente vers un lupus, un Gougerot-Sjögren, une sclérodermie ou une myosite.

Pourquoi on la demande

  • Identifier la cible d'AAN positifs pour orienter vers une maladie auto-immune précise.
  • Rechercher un syndrome de Gougerot-Sjögren (anti-SSA, anti-SSB).
  • Conforter un lupus systémique (anti-Sm, très spécifiques).
  • Explorer une sclérodermie (anti-Scl-70, anti-centromères) ou une myosite (anti-Jo-1 et autres anti-synthétases).
  • Préparer une grossesse chez une femme atteinte de lupus ou de Gougerot-Sjögren, les anti-SSA étant associés au lupus néonatal.

Ce qui peut la fausser

  • Technique : immunodot, ELISA ou tests multiplex ; les antigènes testés diffèrent selon les trousses.
  • Laboratoires : résultats parfois discordants d'une méthode à l'autre.
  • Recherche sans AAN positifs : en général moins informative.
  • Un résultat négatif n'exclut pas une maladie auto-immune.

Causes d’une valeur haute

  • Syndrome de Gougerot-Sjögren (anti-SSA/Ro60, anti-Ro52, anti-SSB)
  • Lupus systémique (anti-Sm, anti-SSA, anti-RNP)
  • Connectivite mixte, ou syndrome de Sharp (anti-RNP)
  • Sclérodermie systémique (anti-Scl-70, anti-centromères)
  • Myosites et syndrome des antisynthétases (anti-Jo-1, PL7, PL12)

Prise de sangBilan d'auto-immunité après des AAN positifs ; bilan de connectivite.

qualitatif (positif ou négatifPreuve validée6 sources

Ce que mesure l’analyse

Ce test identifie contre quelles protéines du noyau sont dirigés des auto-anticorps déjà repérés. Chaque cible a sa signification : certaines orientent vers un lupus, d'autres vers un syndrome sec, une sclérodermie ou une atteinte des muscles.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Les anti-ENA (de l’anglais extractable nuclear antigens) sont des auto-anticorps dirigés contre des protéines du noyau que l’on peut extraire en solution, d’où leur nom français d’anticorps anti-antigènes nucléaires solubles. Ils font partie des anticorps antinucléaires (AAN), mais chacun vise une cible précise.

Le test a pour but d’identifier la cible d’AAN positifs. C’est une étape importante, car chaque anticorps oriente vers une maladie différente. Le document d’Eurofins Biomnis sur les autoanticorps (2017) en donne les principales associations :

  • anti-Sm, anti-RNP et anti-SSA : lupus systémique ;
  • anti-SSA/Ro60, anti-Ro52 et anti-SSB : syndrome de Gougerot-Sjögren, une maladie auto-immune qui assèche la bouche et les yeux ;
  • anti-RNP : connectivite mixte, ou syndrome de Sharp ;
  • anti-Scl-70 (anti-topo-isomérase) : sclérodermie systémique diffuse ; anti-centromères : sclérodermie limitée ;
  • anti-Jo-1, PL7, PL12 et autres : myosites et syndrome des antisynthétases.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang classique, sans préparation particulière. En France, selon le document Biomnis, la nomenclature prévoit la recherche des anti-ENA en complément d’AAN positifs au-delà d’un titre de 80.

Les laboratoires utilisent des techniques variées : bandelettes portant plusieurs antigènes (immunodot), ELISA ou tests multiplex. Les panels d’antigènes diffèrent selon les trousses. Les recommandations internationales d’Agmon-Levin et ses collègues (2014) soulignent que ces méthodes peuvent donner des résultats discordants.

Comment lire le résultat

Le résultat est en général qualitatif : positif ou négatif pour chaque anticorps, parfois avec un indice d’intensité propre à la trousse. Il n’existe pas de valeur chiffrée commune à tous les laboratoires, c’est pourquoi cette fiche ne donne pas de repère numérique.

La signification dépend de la cible et du contexte. Le PNDS lupus de la HAS décrit les anti-Sm comme peu fréquents mais hautement spécifiques du lupus. Les anti-SSA et anti-SSB se rencontrent dans le syndrome de Gougerot-Sjögren et/ou le lupus ; les anti-RNP aussi dans le syndrome de Sharp. Le PNDS rappelle enfin que l’absence d’anti-ENA n’exclut pas un lupus.

Les anti-SSA ont une importance particulière chez la femme qui envisage une grossesse : le PNDS les associe au lupus subaigu et au lupus néonatal, qui touche le nouveau-né. Leur présence fait l’objet d’un suivi spécialisé de la grossesse.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est élevé : plusieurs de ces anticorps font partie des critères internationaux de classification.

  • Lupus : dans les critères EULAR/ACR 2019 (Aringer et al., 2019), les anti-Sm pèsent autant que les anti-ADN natif, parmi les critères immunologiques les plus lourds.
  • Syndrome de Sjögren : dans les critères ACR/EULAR 2016 (Shiboski et al., Arthritis & Rheumatology, 2017), la présence d’anti-SSA/Ro a le même poids que l’infiltrat caractéristique à la biopsie des glandes salivaires, le plus élevé des critères. Ces critères atteignent 96 % de sensibilité et 95 % de spécificité dans la cohorte de validation.
  • Sclérodermie : les critères ACR/EULAR 2013 (van den Hoogen et al., Arthritis & Rheumatism, 2013) intègrent les auto-anticorps liés à la sclérodermie parmi les éléments cotés.

Ces critères servent à classer les malades dans les études. Le diagnostic individuel repose toujours sur l’examen clinique et l’ensemble des résultats, interprétés par le médecin.

Les analyses à associer

  • Anticorps antinucléaires : le test de dépistage, demandé en premier.
  • Anticorps anti-ADN natif : l’autre grande cible à identifier dans le lupus.
  • Facteur rhumatoïde : fréquent dans le syndrome de Gougerot-Sjögren.

À retenir

  • Les anti-ENA identifient la cible d’AAN positifs.
  • Chaque anticorps oriente vers une maladie : anti-Sm vers le lupus, anti-SSA et anti-SSB vers le Gougerot-Sjögren, anti-Scl-70 vers la sclérodermie.
  • Le résultat est surtout qualitatif et dépend de la trousse utilisée.
  • Un résultat négatif n’exclut pas une maladie auto-immune.
  • Les anti-SSA justifient un suivi spécialisé en cas de grossesse.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Quels anticorps sont peu fréquents mais très spécifiques du lupus ?

  2. 02Les anti-SSA et anti-SSB orientent surtout vers…

  3. 03Une recherche d'anti-ENA négative exclut-elle un lupus ?

  4. 04Dans les critères ACR/EULAR du syndrome de Sjögren, les anti-SSA comptent…

  5. 05Les anti-ENA se recherchent en général…

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 6

  1. 1Eurofins Biomnis. Le point sur… Les autoanticorps dans le diagnostic et le suivi des maladies auto-immunes, août 2017.
  2. 2HAS, Centre de référence du lupus, du SAPL et autres maladies auto-immunes rares, filière FAI²R. Protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) Lupus systémique, 2017, mise à jour 2020.
  3. 3Aringer M, Costenbader K, Daikh D, et al. 2019 European League Against Rheumatism/American College of Rheumatology classification criteria for systemic lupus erythematosus. Arthritis Rheumatol. 2019;71(9):1400-1412. PMID 31385462.
  4. 4Shiboski CH, Shiboski SC, Seror R, et al. 2016 American College of Rheumatology/European League Against Rheumatism classification criteria for primary Sjögren's syndrome. Arthritis Rheumatol. 2017;69(1):35-45. PMID 27785888.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.