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SangAuto-immunitéPreuve validée

Anticorps anti-ADN natif

Aussi appelée Anti-ADNdb · Anti-ADN double brin · Anti-dsDNA

Les repères

  • Négatif (ELISA IgG, Mayo Clinic Laboratories) moins de 100 UI/mL
  • Positif (ELISA IgG, Mayo Clinic Laboratories) plus de 100 UI/mL

Source : Mayo Clinic Laboratories, test ADNA1, ELISA IgG, UI/mL. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Les anticorps anti-ADN natif sont des auto-anticorps dirigés contre l'ADN double brin. Très évocateurs de lupus systémique, ils aident au diagnostic et au suivi de son activité, notamment rénale.

Pourquoi on la demande

  • Conforter un diagnostic de lupus systémique quand les AAN sont positifs.
  • Suivre l'activité d'un lupus chez une personne qui avait déjà ces anticorps.
  • Apprécier le risque d'atteinte rénale lupique, avec le complément et la protéinurie.

Ce qui peut la fausser

  • Technique : test de Farr, Crithidia luciliae, ELISA et tests automatisés n'utilisent pas les mêmes antigènes ni les mêmes seuils.
  • ELISA : faux positifs possibles, notamment lors d'infections virales.
  • Traitement par anti-TNF : faux positifs décrits avec le test de Farr.
  • Héparine et autres polyanions : interférences possibles.
  • Résultat faiblement positif : faible valeur prédictive de lupus.
  • Changement de laboratoire : résultats non comparables.

Causes d’une valeur haute

  • Lupus systémique, surtout actif ou avec atteinte rénale
  • Faux positif à faible taux (infection virale, interférence)
  • Traitement par anti-TNF (faux positifs avec certaines techniques)

Prise de sangBilan d'auto-immunité après des AAN positifs ; bilan initial et suivi du lupus systémique.

UI/mLPreuve validée6 sources

Ce que mesure l’analyse

Ces auto-anticorps s'attaquent à l'ADN, la molécule qui porte nos gènes, sous sa forme naturelle en double brin. Ils sont très évocateurs de lupus, et leur taux peut varier avec l'activité de la maladie.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

L’ADN porte nos gènes. Dans le noyau des cellules, il existe sous sa forme naturelle, dite native ou double brin : deux brins enroulés l’un autour de l’autre et associés à des protéines, les histones. L’ensemble forme les nucléosomes.

Les anticorps anti-ADN natif sont des auto-anticorps dirigés contre cet ADN double brin. Ils font partie des anticorps antinucléaires (AAN), mais ils sont bien plus spécifiques. Ils sont très évocateurs du lupus systémique, une maladie auto-immune qui peut toucher la peau, les articulations, les reins, le sang et d’autres organes.

Le PNDS lupus de la HAS signale que certains de ces anticorps interagissent avec des constituants de la membrane qui filtre le sang dans les reins. Biomnis les associe, avec les anticorps anti-nucléosomes, à l’atteinte rénale du lupus.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang classique, sans préparation particulière. La recherche est en général demandée après des AAN positifs. Plusieurs techniques existent, selon le document Focus d’Eurofins Biomnis :

  • le test de Farr, technique de référence historique, très spécifique, qui détecte surtout les anticorps de forte affinité. Il utilise la radioactivité et n’est plus réalisé que dans quelques laboratoires ;
  • l’immunofluorescence sur Crithidia luciliae, un parasite dont une structure contient de l’ADN double brin. Elle est spécifique mais peu sensible, et de lecture subjective ;
  • l’ELISA et les techniques automatisées, sensibles et pratiques, mais de spécificité variable, avec un risque de faux positifs.

Signalez vos traitements : Biomnis cite des faux positifs du test de Farr chez des personnes traitées par anti-TNF, et des interférences avec l’héparine.

Comment lire le résultat

Il n’existe pas de seuil universel. Biomnis rappelle que les techniques commercialisées n’utilisent pas les mêmes antigènes, donc pas les mêmes seuils. À titre d’exemple, Mayo Clinic Laboratories (États-Unis) considère son ELISA IgG comme négatif sous 100 UI/mL et positif à partir de 100 UI/mL. D’autres trousses ont des seuils très différents : comparez toujours votre résultat aux valeurs du laboratoire.

Mayo précise que les résultats faiblement positifs ont une faible valeur prédictive de lupus, que les faux positifs sont en général de faible taux, et qu’un résultat négatif n’exclut pas la maladie. Le PNDS de la HAS va dans le même sens : l’absence d’anti-ADN natif n’élimine pas un lupus.

Chez une personne lupique, le taux peut suivre l’activité de la maladie. Selon Biomnis, une hausse fait craindre une poussée, une baisse accompagne une amélioration. Mayo nuance : de petites variations ne permettent pas de prédire l’évolution, et ce résultat seul ne suffit pas à guider la prise en charge.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est élevé. Les anti-ADN natif figurent dans les critères de classification du lupus. Dans les critères EULAR/ACR 2019 (Aringer et al., Arthritis & Rheumatology, 2019), ils comptent parmi les critères immunologiques les plus lourds, au même titre que les anti-Sm, à condition d’utiliser une technique suffisamment spécifique.

Le PNDS lupus systémique de la HAS indique qu’un titre significatif d’AAN associé à des anti-ADN natif positifs permet de retenir le diagnostic dans un contexte clinique évocateur. Il présente le test de Farr comme l’examen de référence, peu réalisé, et rappelle le risque de faux positifs des méthodes immuno-enzymatiques.

Les recommandations internationales d’Agmon-Levin et ses collègues (2014) consacrent une partie de leurs propositions aux anti-ADN double brin, pour harmoniser les techniques et l’interprétation entre laboratoires.

Les analyses à associer

  • Anticorps antinucléaires : le test de dépistage, demandé en premier.
  • Complément C3 et complément C4 : leur baisse avec des anti-ADN élevés évoque un lupus actif.
  • Protéinurie des 24 heures : pour rechercher une atteinte rénale.

À retenir

  • Les anti-ADN natif sont des auto-anticorps très évocateurs de lupus systémique.
  • Ils se recherchent en général après des AAN positifs.
  • Seuils et unités dépendent de la technique : 100 UI/mL chez Mayo, par exemple.
  • Leur taux peut suivre l’activité du lupus, notamment rénale.
  • Un résultat négatif n’exclut pas un lupus ; un faible positif doit être interprété avec prudence.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Chez Mayo Clinic Laboratories, un anti-ADN natif sous 100 UI/mL est…

  2. 02Dans quel ordre ces examens sont-ils en général demandés ?

  3. 03Chez une personne lupique, une hausse nette du taux peut faire craindre…

  4. 04Les résultats sont-ils comparables d'un laboratoire à l'autre ?

  5. 05Un anti-ADN natif négatif exclut-il un lupus ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 6

  1. 1HAS, Centre de référence du lupus, du SAPL et autres maladies auto-immunes rares, filière FAI²R. Protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) Lupus systémique, 2017, mise à jour 2020.
  2. 2Eurofins Biomnis. Focus : Anticorps anti-ADN (C. Emile, d'après P. Chrétien, 7e colloque du GEAI, 2012).
  3. 3Mayo Clinic Laboratories (Rochester, États-Unis). Double-Stranded DNA (dsDNA) Antibodies, IgG, Serum, test ADNA1 : ELISA.
  4. 4Aringer M, Costenbader K, Daikh D, et al. 2019 European League Against Rheumatism/American College of Rheumatology classification criteria for systemic lupus erythematosus. Arthritis Rheumatol. 2019;71(9):1400-1412. PMID 31385462.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.