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SangImmunité et anticorpsPreuve validée

Complément C3

Aussi appelée C3 · C3c · Fraction C3 du complément

Les repères

  • Bas moins de 0,8 g/L
  • Valeurs indicatives du laboratoire 0,8 à 1,8 g/L
  • Élevé plus de 1,8 g/L

Source : CHRU de Lille, fiche « Complément », C3c par néphélométrie ou turbidimétrie : 800 à 1800 mg/L, soit 0,8 à 1,8 g/L (valeurs indicatives du laboratoire). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Le C3 est la protéine centrale du complément, un système de défense du sang. Son dosage, lu avec le C4 et le CH50, aide à repérer une consommation du complément, comme dans le lupus.

Pourquoi on la demande

  • Rechercher une consommation du complément au diagnostic et au suivi d'un lupus systémique.
  • Préciser quelle voie du complément est touchée quand le CH50 est anormal.
  • Explorer certaines maladies des reins, comme le syndrome hémolytique et urémique atypique.
  • Rechercher un déficit du complément après une méningite à méningocoque.

Ce qui peut la fausser

  • Tube sec ou transport lent : le complément s'active dans le tube, ce qui fausse les résultats.
  • Sérum riche en graisses (hyperlipidémique) : surestimation du dosage.
  • Insuffisance du foie : baisse, car le foie est le principal lieu de fabrication.
  • Fuite de protéines dans les urines : perte de C3.
  • Inflammation : le C3 peut monter et masquer une consommation.
  • Nourrisson : valeurs adultes atteintes vers 3 mois.

Causes d’une valeur haute

  • Réaction inflammatoire

Causes d’une valeur basse

  • Lupus systémique actif (consommation)
  • Syndrome hémolytique et urémique atypique, avec déficit en C3 ou en protéines régulatrices (facteurs H, I, MCP)
  • Insuffisance hépatique
  • Fuite urinaire de protéines
  • Déficit héréditaire en C3 (rare)

Prise de sangBilan du complément (C3, C4, CH50) ; bilan initial et suivi du lupus systémique ; bilan de déficit immunitaire.

g/LPreuve validée3 sources

Ce que mesure l’analyse

Le complément est un ensemble de protéines du sang qui aident à détruire les microbes. Cette protéine en est le pivot : sa baisse traduit le plus souvent une consommation, par exemple dans un lupus, et se lit avec les autres dosages du complément.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Le complément est un ensemble de protéines du sang qui participent à la défense contre les microbes. Activées en cascade, elles marquent les bactéries pour faciliter leur destruction, attirent les globules blancs et peuvent percer la paroi de certains microbes.

Cette cascade peut démarrer par plusieurs voies. La voie classique est déclenchée surtout par les anticorps. La voie alterne s’active directement au contact de certaines surfaces microbiennes. Toutes aboutissent au C3, la protéine centrale du complément, puis à la voie terminale commune, formée des composants C5 à C9.

En pratique, le laboratoire dose le C3c. La fiche du CHRU de Lille le décrit comme le fragment le plus stable de la protéine C3. Le C3 est fabriqué surtout par le foie.

Comment se passe le prélèvement

Le complément est fragile. La fiche du CHRU de Lille recommande un tube EDTA, ou du plasma conservé à +4 °C, et un acheminement rapide au laboratoire. Elle met en garde : le complément s’active dans le tube, surtout sur tube sec, ce qui fausse les résultats.

Le C3c se dose par néphélométrie ou turbidimétrie, des techniques qui mesurent le trouble produit par sa réaction avec un anticorps de réactif. Aucune préparation particulière n’est demandée.

Comment lire le résultat

Le CHRU de Lille donne des valeurs indicatives de 800 à 1800 mg/L, soit 0,8 à 1,8 g/L. Le laboratoire précise que ces valeurs varient selon le fournisseur et la méthode : comparez votre résultat aux valeurs de votre laboratoire. Le nourrisson atteint les valeurs adultes vers 3 mois.

Le C3 se lit rarement seul. On le compare au C4 et au CH50, qui mesure l’activité de toute la cascade :

  • CH50 et C4 bas, C3 normal : activation de la voie classique, comme dans le lupus ou la cryoglobulinémie. Selon le CHRU de Lille, le C3 ne baisse alors qu’en cas d’activation majeure.
  • C3 bas avec C4 normal : l’atteinte porte plutôt sur la voie alterne. Le CHRU de Lille cite les déficits en C3 ou en protéines régulatrices (facteurs H, I et MCP) dans le syndrome hémolytique et urémique atypique, une maladie qui touche les reins et le sang.
  • C3, C4 et CH50 bas ensemble : consommation importante, par exemple dans un lupus actif.

Plusieurs situations faussent la lecture, selon la même fiche. Un sérum très riche en graisses surestime le C3. Une insuffisance du foie le fait baisser. Une fuite modérée de protéines dans les urines entraîne une perte de C3.

Un C3 élevé est peu informatif. Le C3 participe à la réaction inflammatoire et peut monter lors d’une inflammation, ce qui peut masquer une consommation en cours.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est élevé. Le protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) sur le lupus systémique, publié par la HAS en 2017 et mis à jour en 2020, inclut le dosage du CH50, du C3 et du C4 dans le bilan biologique initial. Il signale qu’une hypocomplémentémie, c’est-à-dire un complément bas, est fréquente dans cette maladie. Elle peut venir de la consommation par la maladie, d’un déficit constitutionnel, ou des deux. Une baisse du complément (C3 bas, C4 bas, CH50 bas) figure parmi les critères immunologiques de classification SLICC rapportés dans ce PNDS.

Le PNDS de la HAS sur les déficits immunitaires héréditaires recommande d’explorer le complément, dont le C3, chez une personne ayant fait une méningite à méningocoque. Ces déficits héréditaires restent rares.

Un C3 bas n’est donc jamais un diagnostic en soi : c’est une piste à interpréter avec votre médecin, selon les autres dosages et le contexte.

Les analyses à associer

  • Complément C4 et complément hémolytique total : pour savoir quelle voie est touchée.
  • Anticorps antinucléaires et anticorps anti-ADN natif : pour le bilan d’un lupus.

À retenir

  • Le C3 est la protéine centrale du complément, fabriquée surtout par le foie.
  • Le CHRU de Lille donne 0,8 à 1,8 g/L à titre indicatif.
  • Il se lit avec le C4 et le CH50 pour situer la voie touchée.
  • Un C3 bas évoque une consommation, comme dans un lupus actif, ou un déficit.
  • Le prélèvement se fait de préférence sur tube EDTA, avec un transport rapide.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Selon le CHRU de Lille, un C3 entre 0,8 et 1,8 g/L est…

  2. 02Quel tube faut-il éviter pour doser le complément ?

  3. 03Dans un lupus actif, le C3 a tendance à…

  4. 04Un sérum très riche en graisses peut-il fausser le dosage du C3 ?

  5. 05Une insuffisance du foie fait-elle varier le C3 ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 3

  1. 1Centre de biologie pathologie génétique médicale, CHRU de Lille. Fiche « Complément » : CH50 (méthode hémolytique), C3c et C4 (néphélométrie ou turbidimétrie), valeurs indicatives du laboratoire.
  2. 2HAS, Centre de référence du lupus, du SAPL et autres maladies auto-immunes rares, filière FAI²R. Protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) Lupus systémique, 2017, actualisé en 2020.
  3. 3HAS, Centre de référence des déficits immunitaires héréditaires (CEREDIH). Protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) Déficits immunitaires héréditaires, adultes et enfants, mise à jour de décembre 2022 (publication 2023). https://www.has-sante.fr/jcms/p_3431473/fr/deficits-immunitaires-hereditaires — copie

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.