Ce que mesure l’analyse
Les immunoglobulines A (IgA) sont des anticorps fabriqués par les plasmocytes, des globules blancs spécialisés. Leur rôle principal se joue sur les muqueuses : intestin, voies respiratoires, voies urinaires. Là, elles sont sécrétées sous une forme particulière, les IgA sécrétoires, qui empêchent les microbes de s’accrocher.
Une partie des IgA circule aussi dans le sang : c’est elle que mesure ce dosage. Les IgA sériques, du sang, et les IgA sécrétoires, de la salive ou des selles, sont donc deux examens différents.
Le dosage des IgA a deux grands usages. Il repère un déficit en IgA, assez fréquent. Il sert aussi à interpréter les tests de la maladie cœliaque, qui reposent sur des anticorps de type IgA.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique, sans préparation particulière. Selon le Précis de biopathologie d’Eurofins Biomnis, le dosage se fait par immunonéphélémétrie ou immunoturbidimétrie, avec un étalonnage sur le standard international CRM 470.
Signalez une grossesse et tout traitement : certains antiépileptiques, les corticoïdes à forte dose, les immunosuppresseurs ou la chimiothérapie peuvent abaisser les IgA.
Comment lire le résultat
Le résultat s’exprime en grammes par litre (g/L). Biomnis donne chez l’adulte et l’adolescent des valeurs de référence de 0,7 à 4 g/L. Les IgA montent lentement pendant l’enfance : environ 0,15 à 1,10 g/L à un an, avec des valeurs adultes atteintes vers 14 ans. Les hommes ont des valeurs un peu plus élevées que les femmes. Pendant les six premiers mois de grossesse, les IgA baissent d’environ 20 %.
Des IgA basses font d’abord penser au déficit congénital en IgA. Le PNDS de la HAS sur les déficits immunitaires héréditaires l’estime à environ 1 personne sur 600 chez les Caucasiens ; il est beaucoup plus rare chez les personnes d’origine asiatique ou africaine. Il passe souvent inaperçu. Certains médicaments ou une perte de protéines peuvent aussi abaisser les IgA.
Des IgA élevées se voient dans les infections des muqueuses, la maladie cœliaque, la maladie de Crohn ou la cirrhose alcoolique. Une hausse peut aussi venir d’une immunoglobuline monoclonale IgA, à repérer par électrophorèse.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est élevé. Le dosage des IgG, IgA et IgM fait partie des examens de première intention recommandés par le PNDS de la HAS devant un déficit immunitaire suspecté.
Pour la maladie cœliaque, la HAS a publié en 2026 ses premières recommandations sur le diagnostic chez l’enfant et l’adulte. En première intention, elle recommande la recherche d’anticorps IgA anti-transglutaminase, associée au dosage des IgA totales. La raison est simple : le déficit en IgA est plus fréquent chez les personnes atteintes de maladie cœliaque, et il rend le test IgA faussement rassurant.
En pratique, le dosage des IgA totales permet donc de savoir si le test de la maladie cœliaque est interprétable. Quand les IgA sont effondrées, le médecin s’oriente vers des tests qui reposent sur des anticorps de type IgG.
Le contexte reste essentiel. Le PNDS rappelle que le signe d’appel le plus fréquent d’un déficit immunitaire est la survenue d’infections, surtout bactériennes, ORL ou pulmonaires, et répétées. Un déficit en IgA découvert par hasard, sans infections, n’a pas la même portée qu’un déficit associé à des infections répétées ou à une baisse d’autres classes d’anticorps.
Les IgA de la salive sont souvent étudiées chez les sportifs, en lien avec les infections respiratoires. Ce sont d’autres mesures, qui ne se déduisent pas du dosage sanguin.
Les analyses à associer
- Anticorps anti-transglutaminase IgA : le test de la maladie cœliaque, à lire avec les IgA totales.
- Immunoglobulines G et immunoglobulines M : pour le bilan complet des anticorps.
- Électrophorèse des protéines sériques : pour repérer un pic monoclonal.
À retenir
- Les IgA protègent surtout les muqueuses ; ce dosage mesure celles du sang.
- Biomnis donne 0,7 à 4 g/L chez l’adulte.
- Le déficit en IgA est fréquent et souvent silencieux.
- La HAS recommande de doser les IgA totales avec les anticorps de la maladie cœliaque.
- Les IgA de la salive sont un autre examen.