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SaliveImmunité et anticorpsPreuve émergente

IgA sécrétoires salivaires

Aussi appelée sIgA salivaires · IgA salivaires · IgA sécrétoires de la salive

Les repères

  • Limite basse (Diagnos-Techs) 5 à 9 mg/dL
  • Normal (Diagnos-Techs) 10 à 20 mg/dL
  • Limite haute (Diagnos-Techs) 21 à 25 mg/dL

Source : Diagnos-Techs, panel Adrenal Stress Index, sIgA salivaires totales (test MB2S), mg/dL, compte rendu type. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Les IgA sécrétoires de la salive sont les anticorps qui protègent la bouche et les voies respiratoires. Étudiées surtout chez les athlètes, elles se suivent dans le temps plutôt qu'elles ne s'interprètent sur une mesure isolée.

Pourquoi on la demande

  • Suivre la défense des muqueuses d'un athlète au cours d'une saison d'entraînement, dans un cadre de recherche ou d'encadrement sportif.
  • Repérer, chez un athlète suivi de façon répétée, une baisse inhabituelle par rapport à ses propres valeurs.
  • Compléter certains bilans salivaires de médecine fonctionnelle, avec le cycle du cortisol.

Ce qui peut la fausser

  • Débit de salive : plus il est élevé, plus la concentration baisse.
  • Effort récent : baisse après une séance, sans valeur démontrée d'immunosuppression.
  • Stress et émotions : variations complexes.
  • Brossage des dents, repas, boisson ou tabac dans l'heure qui précède le recueil.
  • Heure et méthode du recueil : à respecter selon le protocole du laboratoire.
  • Grande variabilité d'un jour à l'autre et d'une personne à l'autre.
  • Âge : chez l'enfant, les valeurs montent jusque vers 5 à 7 ans.

Causes d’une valeur basse

  • Charge d'entraînement élevée et prolongée (études chez les athlètes)
  • Période qui précède une infection respiratoire haute, chez certains athlètes

Prélèvement de saliveAdrenal Stress Index (Diagnos-Techs) ; protocoles de suivi des athlètes et de recherche (trousses ELISA, par exemple Salimetrics).

mg/dLPreuve émergente5 sources

Profil sportif

Chez des nageurs d'élite, Gleeson et ses collègues (Medicine & Science in Sports & Exercise, 1999) ont observé des IgA salivaires plus basses avec les mois d'entraînement, et un lien avec le nombre d'infections. Chez des marins professionnels, Neville et ses collègues (2008) ont montré qu'une baisse par rapport aux propres valeurs de l'athlète précédait les infections respiratoires, alors que la valeur absolue n'avait pas d'intérêt. Un suivi individuel répété est donc plus parlant qu'une mesure isolée.

Ce que mesure l’analyse

Ces anticorps tapissent la bouche et les voies respiratoires pour empêcher les microbes de s'y fixer. Leur dosage dans la salive est surtout utilisé pour suivre des sportifs, car il varie beaucoup avec l'entraînement, le stress et le moment du recueil.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Les immunoglobulines A (IgA) sont des anticorps. Sur les muqueuses, comme la bouche, le nez, les bronches ou l’intestin, elles existent sous une forme particulière : les IgA sécrétoires, ou sIgA. Elles sont produites par des plasmocytes, des globules blancs spécialisés situés sous la muqueuse, puis transportées à sa surface.

Leur rôle principal est l’exclusion immunitaire : elles se fixent aux microbes et aux substances étrangères pour les empêcher de s’accrocher à la muqueuse et d’y pénétrer. Diagnos-Techs les décrit comme l’anticorps prédominant des muqueuses.

Le dosage dans la salive mesure ces anticorps de la bouche. Ce n’est pas le même examen que le dosage des IgA dans le sang. Salimetrics, fabricant de trousses de dosage, rappelle que les IgA de la salive ne sont pas directement liées à celles du sang.

Comment se passe le prélèvement

Le recueil se fait à la maison, selon les consignes du laboratoire. Chez Diagnos-Techs (États-Unis), il faut éviter de manger, de boire autre chose que de l’eau, de fumer, de se brosser les dents ou d’utiliser un bain de bouche dans l’heure qui précède. On se rince la bouche à l’eau froide quelques minutes avant, puis on recueille la salive sur un coton ou directement dans un tube. Les échantillons sont réfrigérés puis expédiés.

Le moment compte. Le débit de salive influence la concentration : selon Salimetrics, plus il est élevé, plus le taux d’IgA mesuré baisse. Pour comparer deux mesures, gardez le même horaire, le même état de repos et la même méthode.

Comment lire le résultat

Les unités et les repères dépendent du laboratoire. Le compte rendu type de l’Adrenal Stress Index de Diagnos-Techs classe les IgA salivaires totales ainsi : 5 à 9 mg/dL en limite basse, 10 à 20 mg/dL normal, 21 à 25 mg/dL en limite haute. Ces repères sont propres à ce laboratoire. En recherche, on exprime souvent le résultat en µg/mL ou en débit de sécrétion.

La variabilité est très forte. Dans l’étude de Neville et ses collègues, les IgA salivaires variaient d’environ 48 % d’une semaine à l’autre chez une même personne, et d’environ 71 % entre personnes. Une mesure isolée a donc peu de sens. C’est l’évolution par rapport à vos propres valeurs qui renseigne.

Une valeur basse peut accompagner une charge d’entraînement élevée, un stress ou une période qui précède une infection. Une valeur haute n’a pas de signification clinique établie. Diagnos-Techs présente aussi ce dosage comme un dépistage de sensibilités alimentaires : cet usage n’a pas de validation scientifique reconnue.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est celui d’un marqueur de recherche, surtout étudié chez les sportifs. Chez 26 nageurs d’élite suivis sept mois, Gleeson et ses collègues (Medicine & Science in Sports & Exercise, 1999) ont trouvé un lien inverse entre IgA salivaires et nombre d’infections. Les valeurs avant l’entraînement baissaient au fil des mois de préparation.

Neville et ses collègues (2008) ont suivi chaque semaine 38 marins de la Coupe de l’America pendant 50 semaines. La valeur absolue n’était pas liée aux infections respiratoires. En revanche, une baisse d’environ 28 % précédait les infections dans les trois semaines. Une valeur inférieure à 40 % de la moyenne habituelle de l’athlète correspondait à une chance sur deux d’infection dans les trois semaines.

Campbell et Turner (Frontiers in Immunology, 2018) nuancent : les variations des IgA salivaires après l’effort ne signalent pas, selon eux, une période d’immunosuppression. Ce dosage aide à suivre un athlète dans le temps, mais ne mesure pas à lui seul l’état de son immunité.

Les analyses à associer

  • Immunoglobulines A : le dosage sanguin, pour rechercher un déficit en IgA.
  • IgA sécrétoires fécales : l’immunité des muqueuses de l’intestin.
  • Cycle du cortisol salivaire : souvent recueilli en même temps, il renseigne sur le stress.

À retenir

  • Les IgA sécrétoires protègent les muqueuses de la bouche et des voies respiratoires.
  • Les repères dépendent du laboratoire : 10 à 20 mg/dL est « normal » chez Diagnos-Techs.
  • Elles varient beaucoup avec le débit de salive, le stress, l’effort et l’heure.
  • Chez l’athlète, une baisse par rapport à ses propres valeurs a précédé des infections respiratoires.
  • C’est un outil de suivi et de recherche, pas un diagnostic.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Selon Diagnos-Techs, des IgA salivaires entre 10 et 20 mg/dL sont…

  2. 02Les IgA de la salive reflètent-elles directement celles du sang ?

  3. 03Chez des marins de haut niveau suivis par Neville, que se passait-il avant une infection respiratoire ?

  4. 04Une baisse des IgA salivaires après une séance prouve-t-elle une immunosuppression ?

  5. 05Peut-on se brosser les dents juste avant le recueil ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 5

  1. 1Diagnos-Techs (Kent, États-Unis). Adrenal Stress Index, exemple de compte rendu : IgA sécrétoires salivaires totales, test MB2S, mg/dL.
  2. 2Salimetrics. Salivary Secretory IgA (SIgA) ELISA Kit, fiche technique (usage recherche uniquement).
  3. 3Gleeson M, McDonald WA, Pyne DB, et al. Salivary IgA levels and infection risk in elite swimmers. Med Sci Sports Exerc. 1999;31(1):67-73. PMID 9927012.
  4. 4Neville V, Gleeson M, Folland JP. Salivary IgA as a risk factor for upper respiratory infections in elite professional athletes. Med Sci Sports Exerc. 2008;40(7):1228-1236. PMID 18580401.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.