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SangImmunité et anticorpsPreuve validée

Complément hémolytique total

Aussi appelée CH50 · Activité hémolytique du complément · Complément total

Les repères

  • Bas moins de 70 %
  • Valeurs physiologiques (méthode hémolytique) 70 à 130 %
  • Élevé plus de 130 %

Source : CHRU de Lille, fiche « Complément », CH50 par méthode hémolytique : 70 à 130 % (valeurs physiologiques indicatives). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Le CH50 vérifie en un seul test que la voie classique du complément fonctionne jusqu'au bout. Un résultat bas oriente vers une consommation ou un déficit, à préciser par des dosages ciblés.

Pourquoi on la demande

  • Vérifier en un seul test le fonctionnement de la voie classique et de la voie terminale du complément.
  • Rechercher un déficit du complément après une méningite à méningocoque.
  • Suivre l'activation du complément dans un lupus systémique ou une cryoglobulinémie.
  • Orienter la recherche d'un déficit précis (C1q, C2, C4, C5 à C9) avant des dosages ciblés.

Ce qui peut la fausser

  • Tube sec ou transport lent : le complément s'active dans le tube et le CH50 baisse à tort.
  • Plasma non conservé au froid : même risque d'activation.
  • Méthode : les valeurs varient selon le fournisseur et la technique.
  • Insuffisance du foie : baisse du C3, du C4 et donc du CH50.
  • Nourrisson : valeurs adultes atteintes vers 3 mois.
  • Un CH50 normal n'explore pas la voie alterne, qui se teste par l'AP50.

Causes d’une valeur haute

  • Réaction inflammatoire

Causes d’une valeur basse

  • Lupus systémique et cryoglobulinémie (consommation par la voie classique)
  • Déficit héréditaire d'un composant : C1q, C2, C4, C3, ou C5 à C9
  • Insuffisance hépatique
  • Prélèvement mal conservé

Prise de sangBilan du complément (C3, C4, CH50) ; bilan initial et suivi du lupus systémique ; bilan de déficit immunitaire.

%Preuve validée3 sources

Ce que mesure l’analyse

Ce test mesure la capacité du sang à faire éclater des globules rouges marqués par des anticorps, grâce au complément. Il vérifie en une fois toute une chaîne de protéines de défense : un résultat bas traduit une consommation ou un déficit.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Le complément est un ensemble de protéines du sang qui aident à détruire les microbes. Elles s’activent en cascade, par plusieurs voies, et aboutissent à une voie terminale commune, formée des composants C5 à C9. Ces derniers s’assemblent pour percer la paroi de certaines cellules et bactéries.

Le CH50, ou complément hémolytique total, est un test de fonction. Il ne mesure pas une protéine, mais la capacité du sérum à faire éclater des globules rouges de mouton recouverts d’anticorps. Le résultat correspond à la quantité de sérum qui fait éclater la moitié de ces globules rouges, d’où le chiffre 50 dans son nom.

Pour réussir ce test, toute la voie classique et la voie terminale doivent fonctionner, du C1 jusqu’au C9. Un seul maillon manquant suffit à faire chuter le résultat. Le CH50 sert donc de test de dépistage : normal, il rend très improbable un déficit complet de ces voies.

Comment se passe le prélèvement

C’est le point le plus délicat. La fiche du CHRU de Lille recommande un tube EDTA, ou du plasma conservé à +4 °C, et un acheminement rapide au laboratoire. Le complément s’active dans le tube, surtout sur tube sec. Un prélèvement mal conservé peut donc donner un CH50 bas à tort.

Selon cette fiche, la méthode hémolytique reste la référence, même si des techniques plus automatisées tendent à la remplacer.

Comment lire le résultat

Le CH50 s’exprime en pourcentage de l’activité normale. Le CHRU de Lille donne des valeurs physiologiques de 70 à 130 % avec la méthode hémolytique. Ces valeurs sont indicatives et varient selon le fournisseur. Le nourrisson atteint les valeurs adultes vers 3 mois.

Le CH50 se lit avec le C3 et le C4 :

  • CH50 et C4 bas, C3 normal : activation de la voie classique, comme dans le lupus ou la cryoglobulinémie. Le CHRU de Lille conseille alors de suivre le CH50.
  • CH50 non mesurable avec C3 et C4 normaux : le CHRU de Lille conseille de doser les facteurs de la voie terminale commune (C5 à C9). Un déficit en C9 peut toutefois laisser un CH50 autour de la moitié de la normale.
  • C3, C4 et CH50 normaux : selon le schéma du CHRU de Lille, l’exploration peut s’arrêter là.

Le CH50 n’explore pas la voie alterne : les facteurs B, D et la properdine se testent par un autre examen, l’AP50. Un CH50 élevé est peu informatif ; il peut accompagner une inflammation.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est élevé. Le PNDS de la HAS sur les déficits immunitaires héréditaires recommande d’explorer le complément (CH50, AP50, C3, C4) chez une personne ayant fait une méningite à méningocoque. Les déficits de la voie terminale exposent en effet à ces infections, comme le rappelle aussi la fiche du CHRU de Lille.

Ces déficits héréditaires sont rares, à une exception près : selon le CHRU de Lille, le déficit en C2 est le moins rare, et il est fréquemment sans symptôme. Le PNDS lupus systémique de la HAS le cite pourtant parmi les causes rares de lupus d’origine génétique, avec une pénétrance de 20 % : seule une partie des personnes porteuses développe la maladie.

Dans le lupus, ce PNDS inclut le CH50, le C3 et le C4 dans le bilan initial, et retient la baisse du complément parmi les critères immunologiques SLICC.

Les analyses à associer

  • Complément C3 et complément C4 : pour situer la voie touchée.
  • Anticorps antinucléaires : pour le bilan d’un lupus.
  • Immunoglobulines G : pour le bilan d’un déficit immunitaire.

À retenir

  • Le CH50 vérifie en un seul test la voie classique et la voie terminale du complément.
  • Le CHRU de Lille donne 70 à 130 % avec la méthode hémolytique.
  • Un CH50 effondré avec C3 et C4 normaux fait rechercher un déficit d’un composant.
  • Il n’explore pas la voie alterne, testée par l’AP50.
  • Un prélèvement mal conservé peut donner un résultat faussement bas.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Avec la méthode hémolytique, un CH50 entre 70 et 130 % est…

  2. 02Un CH50 effondré avec un C3 et un C4 normaux fait rechercher…

  3. 03Le CH50 explore-t-il la voie alterne du complément ?

  4. 04Pourquoi le transport rapide de l'échantillon compte-t-il ?

  5. 05Le déficit en C2…

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 3

  1. 1Centre de biologie pathologie génétique médicale, CHRU de Lille. Fiche « Complément » : CH50 (méthode hémolytique), C3c et C4 (néphélométrie ou turbidimétrie), valeurs indicatives du laboratoire.
  2. 2HAS, Centre de référence des déficits immunitaires héréditaires (CEREDIH). Protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) Déficits immunitaires héréditaires, adultes et enfants, mise à jour de décembre 2022 (publication 2023). https://www.has-sante.fr/jcms/p_3431473/fr/deficits-immunitaires-hereditaires — copie
  3. 3HAS, Centre de référence du lupus, du SAPL et autres maladies auto-immunes rares, filière FAI²R. Protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) Lupus systémique, 2017, actualisé en 2020.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.