Ce que mesure l’analyse
Les cellules NK, pour natural killer ou tueuses naturelles, sont des lymphocytes particuliers. Contrairement aux lymphocytes T et B, elles n’ont pas besoin d’avoir déjà rencontré un microbe pour agir. Elles appartiennent à l’immunité innée, la première ligne de défense.
Elles repèrent les cellules qui ont perdu certains signaux de « normalité », ce qui arrive souvent aux cellules infectées par un virus ou devenues cancéreuses. Elles les tuent en libérant des substances qui percent leur membrane. Elles produisent aussi des messagers chimiques qui orientent le reste de la réponse immunitaire.
Au laboratoire, une cellule NK se reconnaît à l’absence de la molécule CD3, propre aux lymphocytes T, et à la présence de CD16 et/ou de CD56. ARUP distingue deux sous-groupes : les NK surtout cytotoxiques, majoritaires, et les NK surtout productrices de messagers, minoritaires.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique. Le comptage se fait par cytométrie en flux, qui identifie chaque cellule grâce à des anticorps fluorescents. Chez ARUP Laboratories (États-Unis), le tube se garde à température ambiante et doit être analysé dans les 48 heures ; réfrigéré ou congelé, il est refusé.
Pour un suivi dans le temps, Mayo Clinic Laboratories recommande de prélever toujours à la même heure de la journée. Évitez aussi le prélèvement juste après un effort intense.
Comment lire le résultat
Le résultat s’exprime en nombre de cellules par microlitre (cellules/µL) et en pourcentage des lymphocytes. ARUP donne chez l’adulte un intervalle de référence de 91 à 593 cellules/µL, soit 5,0 à 32,5 % des lymphocytes. Mayo Clinic Laboratories fournit des valeurs selon l’âge sur ses comptes rendus. Comparez toujours votre résultat aux valeurs de votre laboratoire.
Des NK bas s’observent surtout sous des traitements qui affaiblissent l’immunité, pendant la reconstitution qui suit une greffe de moelle, ou dans de rares déficits immunitaires héréditaires. Ces derniers peuvent se révéler par des infections virales sévères ou répétées.
Des NK élevés de façon importante et durable font rechercher une lymphocytose à cellules NK, une prolifération rare à explorer en milieu spécialisé.
Point essentiel : un nombre normal ne garantit pas une fonction normale. ARUP précise que ce comptage n’est pas un test d’activité NK et ne doit pas être utilisé à sa place dans les critères diagnostiques qui en exigent un.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est intermédiaire. Mayo Clinic Laboratories juge ce comptage utile dans l’infection par le VIH, les déficits immunitaires primitifs touchant les NK, les lymphocytoses à NK, la greffe d’organe et la reconstitution immunitaire après une greffe de moelle. Il ne sert ni à classer les cancers des cellules NK ni à évaluer leur fonction. Le PNDS de la HAS place l’étude des sous-populations de lymphocytes en second temps dans le bilan d’un déficit immunitaire.
Les cellules NK intéressent beaucoup les sportifs. Campbell et Turner (Frontiers in Immunology, 2018) ont remis en cause l’idée d’une « fenêtre d’immunosuppression » après l’effort. La chute des lymphocytes du sang une à deux heures après un exercice intense correspondrait à leur migration vers les tissus, où ils renforcent la surveillance, et non à une baisse des défenses. Les auteurs estiment que l’exercice régulier améliore plutôt la compétence immunitaire.
Les analyses à associer
- Activité des cellules NK : pour évaluer leur fonction.
- Lymphocytes : le nombre total, base du calcul.
- Lymphocytes CD4 et lymphocytes CD8 : pour un phénotypage complet.
À retenir
- Les cellules NK tuent rapidement les cellules infectées ou anormales, sans apprentissage préalable.
- ARUP donne 91 à 593 cellules/µL chez l’adulte, soit 5,0 à 32,5 % des lymphocytes.
- Le comptage ne dit rien de leur efficacité, qui se mesure par un autre test.
- Une baisse juste après un effort intense reflète surtout une redistribution des cellules.
- Prélevez à la même heure et ne réfrigérez pas l’échantillon.