Ce que mesure l’analyse
Les immunoglobulines, ou anticorps, sont des protéines fabriquées par les plasmocytes, des globules blancs spécialisés issus des lymphocytes B. Elles reconnaissent les microbes et aident l’organisme à les éliminer. Il en existe cinq classes : IgG, IgA, IgM, IgD et IgE.
Les IgG sont les plus abondantes du sang. Elles dominent la réponse dite secondaire, celle qui suit un deuxième contact avec un microbe ou un rappel de vaccin. Elles assurent la mémoire de l’immunité et durent longtemps.
Ce sont aussi les seules à traverser le placenta. Le nouveau-né naît donc avec les IgG de sa mère, qui le protègent ses premiers mois, le temps qu’il fabrique les siennes. Les IgG se divisent en quatre sous-classes, IgG1 à IgG4, qui font l’objet d’une fiche à part.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique, sans préparation particulière. Selon le Précis de biopathologie d’Eurofins Biomnis, le dosage se fait par immunonéphélémétrie ou immunoturbidimétrie, des techniques qui mesurent le trouble créé par la réaction entre les IgG et des anticorps de réactif. Les laboratoires s’étalonnent sur un standard international, le CRM 470.
Signalez une grossesse, une contraception œstroprogestative et tout traitement qui agit sur l’immunité : corticoïdes, immunosuppresseurs, chimiothérapie.
Comment lire le résultat
Le résultat s’exprime en grammes par litre (g/L). Biomnis donne chez l’adulte et l’adolescent des valeurs de référence de 7 à 16 g/L.
Chez l’enfant, les valeurs changent beaucoup avec l’âge. À la naissance, le taux est proche de celui de l’adulte, mais il s’agit surtout des IgG maternelles. Il baisse ensuite : environ 2,5 à 5 g/L vers 3 mois, puis 5 à 9 g/L vers un an. Les valeurs adultes sont atteintes vers 6 ans. Le PNDS de la HAS sur les déficits immunitaires héréditaires rappelle que les IgG ne s’interprètent pas avant quelques mois de vie.
Des IgG basses ont surtout des causes acquises : traitements immunosuppresseurs, pertes de protéines par les reins ou l’intestin, certaines hémopathies, dénutrition sévère. Les déficits héréditaires sont plus rares, comme le déficit immunitaire commun variable, qui se révèle à l’adolescence ou à l’âge adulte.
Des IgG élevées traduisent souvent une stimulation diffuse de l’immunité : infections chroniques, maladies auto-immunes, maladie chronique du foie. Elles peuvent aussi venir d’une immunoglobuline monoclonale, que l’électrophorèse permet de repérer. Biomnis insiste : un pic monoclonal ne se quantifie pas correctement par ce dosage.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est élevé. Le dosage des IgG, IgA et IgM fait partie des examens de première intention recommandés par le PNDS de la HAS devant un déficit immunitaire suspecté, avec l’hémogramme.
Ce PNDS rappelle que le signe d’appel le plus fréquent d’un déficit est la survenue d’infections. Chez l’adulte, plus de deux otites, sinusites ou pneumonies par an doivent faire évoquer un déficit. Chez l’enfant, les seuils dépendent de l’âge. Les déficits portant sur les anticorps sont les plus fréquents des déficits immunitaires héréditaires.
Plusieurs facteurs physiologiques modifient les IgG, selon Biomnis : une baisse fréquente au troisième trimestre de grossesse, une baisse de 10 à 15 % sous contraception orale, et des taux environ deux fois plus élevés chez les personnes vivant en zone tropicale. Un résultat se lit donc toujours avec le contexte.
Les analyses à associer
- Immunoglobulines A et immunoglobulines M : les deux autres classes du bilan de première intention.
- Électrophorèse des protéines sériques : pour voir la zone des gammaglobulines et repérer un pic.
- Sous-classes d’IgG : en second temps, quand les IgG totales sont normales malgré des infections.
À retenir
- Les IgG sont les anticorps les plus abondants et assurent la mémoire de l’immunité.
- Biomnis donne 7 à 16 g/L chez l’adulte.
- Chez le nourrisson, elles viennent surtout de la mère et ne s’interprètent pas comme chez l’adulte.
- Des infections bactériennes répétées justifient leur dosage, avec les IgA et les IgM.
- Un pic monoclonal se mesure par électrophorèse, pas par ce dosage.