Ce que mesure l’analyse
Les immunoglobulines G (IgG) sont les anticorps les plus abondants du sang. Elles se divisent en quatre sous-classes, numérotées de 1 à 4 par ordre d’abondance. Chacune a un profil d’action un peu différent :
- IgG1 : la plus abondante, surtout dirigée contre les protéines des microbes et des vaccins ;
- IgG2 : importante contre les sucres qui forment la capsule de certaines bactéries, comme le pneumocoque ;
- IgG3 : peu abondante mais très active, notamment pour activer le complément ;
- IgG4 : produite lors d’expositions prolongées à un même antigène, avec un rôle plutôt modérateur.
Le total de ces quatre sous-classes correspond aux IgG totales. Une personne peut avoir des IgG totales normales mais manquer d’une sous-classe, ce qui peut l’exposer à certaines infections. À l’inverse, une hausse isolée des IgG4 peut orienter vers une maladie rare, la maladie liée aux IgG4.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique sur sérum, sans préparation particulière. Le dosage se fait par turbidimétrie ou néphélométrie. Le laboratoire d’immunologie de Manchester University NHS Foundation Trust, au Royaume-Uni, précise qu’il ne refait pas ce dosage avant 6 mois.
Signalez les traitements qui agissent sur l’immunité, une grossesse ou une perte de protéines connue : ils modifient toutes les IgG.
Comment lire le résultat
Les résultats s’expriment en grammes par litre (g/L). À titre d’exemple, le laboratoire de Manchester donne chez l’adulte de plus de 18 ans, par turbidimétrie :
- IgG1 : 3,824 à 9,286 g/L ;
- IgG2 : 2,418 à 7,003 g/L ;
- IgG3 : 0,218 à 1,761 g/L ;
- IgG4 : 0,039 à 0,864 g/L.
Ces intervalles varient selon la méthode et la population. Une étude menée sur 636 adultes chinois en bonne santé, en néphélométrie Siemens (Li et al., Allergy, Asthma & Clinical Immunology, 2017), retient par exemple 0,05 à 1,54 g/L pour l’IgG4. Comparez toujours votre résultat aux valeurs du laboratoire qui l’a mesuré.
Une sous-classe basse, avec des infections bactériennes répétées ou une mauvaise réponse aux vaccins dirigés contre les bactéries à capsule, peut orienter vers un déficit partiel de l’immunité. Une sous-classe basse sans infection n’a souvent pas de conséquence clinique claire.
Une IgG4 élevée fait partie des critères de la maladie liée aux IgG4. Les critères diagnostiques d’Umehara et ses collègues (Modern Rheumatology, 2012) retiennent une IgG4 sérique supérieure à 135 mg/dL, soit 1,35 g/L, associée à une infiltration caractéristique sur une biopsie. Un taux élevé seul ne suffit pas.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est intermédiaire. Le PNDS de la HAS sur les déficits immunitaires héréditaires précise que le dosage des sous-classes d’IgG n’est pas un examen à prescrire en première intention. Il vient après l’hémogramme et le dosage des IgG, IgA et IgM.
La maladie liée aux IgG4 est une maladie inflammatoire qui peut toucher le pancréas, les glandes salivaires et lacrymales, les reins et d’autres organes. Selon Umehara et ses collègues, leurs critères combinés aux critères propres à chaque organe atteignent une très bonne sensibilité pour certaines atteintes, comme celles des glandes et des reins.
Attention à une confusion fréquente. Les tests dits d’« IgG alimentaires », qui mesurent des IgG dirigées contre des aliments, n’ont rien à voir avec le dosage des sous-classes. La HAS, dans son rapport de 2018 sur la pertinence des soins en allergologie, range le dosage des IgG parmi les tests dont l’efficacité n’est pas démontrée pour le diagnostic des allergies.
Les analyses à associer
- Immunoglobulines G : le taux total, à lire avec les sous-classes.
- Immunoglobulines A : un déficit associé est possible.
- Électrophorèse des protéines sériques : pour repérer un pic monoclonal.
À retenir
- Les IgG se divisent en quatre sous-classes aux rôles différents.
- Leur dosage est un examen de second temps, après les IgG totales.
- Les intervalles de référence varient beaucoup selon la méthode et la population.
- Une IgG4 au-dessus de 1,35 g/L fait partie des critères de la maladie liée aux IgG4, avec une biopsie.
- Les « IgG alimentaires » sont un autre test, sans intérêt démontré en allergie.