Ce que mesure l’analyse
Les immunoglobulines M (IgM) sont des anticorps fabriqués par les plasmocytes, des globules blancs spécialisés. Dans le sang, elles circulent surtout sous la forme de gros assemblages de cinq anticorps. C’est pourquoi on les appelle parfois macroglobulines.
Les IgM sont les premiers anticorps produits lors d’un premier contact avec un microbe : c’est la réponse dite primaire. Elles sont ensuite relayées par les IgG, plus durables. Leur grande taille les rend très efficaces pour activer le complément, un système de protéines qui aide à détruire les microbes.
Le dosage mesure toutes les IgM du sang, sans dire contre quoi elles sont dirigées. La recherche d’IgM contre un microbe précis, utilisée pour dater une infection, est un autre examen : une sérologie.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique, sans préparation particulière. Selon le Précis de biopathologie d’Eurofins Biomnis, le dosage se fait par immunonéphélémétrie ou immunoturbidimétrie. Biomnis signale que les IgM, en raison de leur forme polymérisée, peuvent donner des réactions non spécifiques avec certaines techniques.
Les IgM se dosent en général en même temps que les IgG et les IgA, dans un même bilan appelé dosage pondéral des immunoglobulines. Signalez une infection récente, une grossesse et tout traitement qui agit sur l’immunité.
Comment lire le résultat
Le résultat s’exprime en grammes par litre (g/L). Biomnis donne chez l’adulte et l’adolescent des valeurs de référence de 0,4 à 2,3 g/L. Chez le nouveau-né, les IgM sont basses, de 0,05 à 0,30 g/L ; les valeurs adultes sont atteintes vers 9 mois. À partir de 7 ans, les femmes ont des IgM plus élevées que les hommes.
Des IgM élevées de façon diffuse, dites polyclonales, se voient lors d’une infection récente, d’une anémie hémolytique auto-immune ou d’une cholangite biliaire primitive, une maladie auto-immune du foie. Une hausse peut aussi venir d’une immunoglobuline monoclonale IgM. La cause la plus fréquente est alors la maladie de Waldenström, une hémopathie, ou une gammapathie de signification indéterminée, qui se surveille.
Des IgM basses peuvent s’observer dans un myélome IgG ou IgA, qui freine la production des autres anticorps, chez les personnes très âgées, dans certaines maladies auto-immunes ou sous traitement immunosuppresseur. Les déficits héréditaires sont rares.
Biomnis rappelle un point technique important : une IgM monoclonale ne se quantifie pas correctement par ce dosage. L’électrophorèse des protéines est la méthode adaptée.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est élevé. Le dosage des IgG, IgA et IgM fait partie des examens de première intention recommandés par le PNDS de la HAS sur les déficits immunitaires héréditaires, avec l’hémogramme. Ce PNDS rappelle que le signe d’appel le plus fréquent d’un déficit est la survenue d’infections bactériennes répétées, notamment ORL ou pulmonaires.
Contrairement aux IgG, les IgM ne traversent pas le placenta. Celles du nouveau-né sont donc fabriquées par lui-même, ce qui explique leur taux très bas à la naissance.
L’interprétation repose toujours sur l’ensemble du profil. Une hausse isolée des IgM n’a pas la même signification qu’une hausse de plusieurs classes d’anticorps. Selon Biomnis, une hausse polyclonale de deux ou trois classes avec un syndrome inflammatoire oriente vers une infection, une maladie auto-immune ou certaines hémopathies. Sans inflammation, elle oriente plutôt vers une maladie chronique du foie.
Plusieurs variations sont physiologiques : baisse fréquente au troisième trimestre de grossesse, valeurs plus élevées chez la femme et environ deux fois plus élevées chez les personnes vivant en zone tropicale, selon Biomnis.
Les analyses à associer
- Immunoglobulines G et immunoglobulines A : les deux autres classes du bilan.
- Électrophorèse des protéines sériques : pour repérer et mesurer une IgM monoclonale.
- Facteur rhumatoïde : un auto-anticorps le plus souvent de type IgM.
À retenir
- Les IgM sont les premiers anticorps produits lors d’un premier contact avec un microbe.
- Biomnis donne 0,4 à 2,3 g/L chez l’adulte.
- Une hausse peut être polyclonale ou liée à une immunoglobuline monoclonale.
- Une IgM monoclonale se mesure par électrophorèse.
- Le dosage total ne remplace pas une sérologie ciblée sur un microbe.