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SangAllergies et intolérancesPreuve non validée

IgG alimentaires

Aussi appelée Test d'intolérance alimentaire IgG · IgG4 alimentaires · Test IgG aux aliments

Les tests d'IgG alimentaires mesurent des anticorps produits normalement quand on mange un aliment. Les sociétés savantes et la HAS déconseillent de les utiliser pour diagnostiquer une allergie ou une intolérance.

Pourquoi on la demande

  • Proposé par certains laboratoires pour expliquer des troubles digestifs, une fatigue, des maux de tête ou des problèmes de peau attribués à l'alimentation.
  • Demandé pour construire un régime d'éviction, un usage que les sociétés savantes déconseillent.
  • Utilisé en recherche pour étudier la réponse immunitaire normale aux aliments.

Ce qui peut la fausser

  • Consommation : les aliments les plus mangés donnent le plus souvent des IgG élevées.
  • Absence de lien démontré entre les résultats et les symptômes.
  • Méthodes, panels et seuils propres à chaque laboratoire, non standardisés.
  • Résultats positifs fréquents chez des personnes sans aucun symptôme.

Causes d’une valeur haute

  • Consommation régulière de l'aliment (réponse normale de tolérance)

Prise de sangPanels d'« intolérance alimentaire » IgG ou IgG4 proposés par des laboratoires privés, souvent hors du circuit médical.

variable selon le laboratoirePreuve non validée3 sources

Profil sportif

Les sportifs qui cherchent à optimiser leur alimentation sont souvent ciblés par ces tests. Dans l'enquête de Lis et ses collègues (2015), 57 % des athlètes non cœliaques sous régime sans gluten s'étaient diagnostiqués eux-mêmes une sensibilité au gluten. Des IgG positives au blé ne prouvent ni allergie ni intolérance, et un régime d'éviction fondé sur ce test peut restreindre inutilement l'alimentation.

Ce que mesure l’analyse

Ces tests mesurent des anticorps que l'organisme fabrique normalement contre les aliments que l'on mange souvent. Un résultat positif traduit surtout une exposition, voire une tolérance, et pas une allergie ni une intolérance.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Les tests dits d’« intolérance alimentaire » mesurent, dans le sang, des anticorps de type IgG, souvent de la sous-classe IgG4, dirigés contre des dizaines voire des centaines d’aliments. Ils sont proposés pour expliquer des troubles digestifs, une fatigue, des maux de tête ou des problèmes de peau, et pour construire un régime d’éviction.

Il faut bien distinguer ces anticorps des IgE, les anticorps de l’allergie immédiate. Les IgG contre les aliments sont produites normalement par le système immunitaire quand on mange un aliment. Leur présence montre que l’organisme a rencontré cet aliment, pas qu’il y réagit mal.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang ou un prélèvement au bout du doigt, selon les laboratoires. Les panels, les méthodes et les seuils varient d’un laboratoire à l’autre et ne sont pas standardisés. Le résultat est souvent présenté sous forme de couleurs ou de classes par aliment.

Comment lire le résultat

Il n’existe pas de valeur de référence validée qui relierait un taux d’IgG à une intolérance. C’est pourquoi cette fiche ne donne pas de repère chiffré.

Ce qui compte vraiment : les aliments que vous mangez le plus souvent ont toutes les chances de ressortir avec des IgG élevées. Le rapport de l’EAACI (Stapel et al., Allergy, 2008) note que de nombreux sérums sont positifs sans aucun symptôme correspondant. Un résultat positif traduit donc surtout une exposition, voire une tolérance, et non un problème.

Si vous avez des symptômes après certains aliments, d’autres explorations existent et ont fait leurs preuves : IgE spécifiques et tests cutanés pour une allergie, recherche de maladie cœliaque, test respiratoire pour une intolérance au lactose, ou bilan digestif selon les symptômes.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est celui d’un test non validé. Le groupe de travail de l’Académie européenne d’allergologie et d’immunologie clinique (EAACI) a publié en 2008 une position sans ambiguïté (Stapel et al.). Il n’existe ni preuve convaincante que les IgG4 libèrent de l’histamine chez l’humain, ni étude contrôlée montrant la valeur diagnostique de ces tests dans l’allergie alimentaire. Les IgG4 contre les aliments indiquent que l’organisme a été exposé de façon répétée, et seraient plutôt un marqueur de tolérance immunologique, liée aux lymphocytes T régulateurs. Le groupe conclut que ce test n’est pas pertinent et ne devrait pas être réalisé en cas de plaintes liées à l’alimentation.

Le même rapport décrit un marché en croissance : des panels de centaines d’aliments sont proposés aux enfants, aux adolescents et aux adultes, souvent à des personnes convaincues que leurs symptômes viennent de l’alimentation sans que ce lien ait été vérifié. Les auteurs insistent sur ce point : l’IgG4 n’indique ni une allergie alimentaire, ni une intolérance, mais une réponse physiologique du système immunitaire après exposition.

La HAS va dans le même sens. Dans son rapport de février 2018 sur la pertinence des soins en allergologie, elle range le dosage des IgG parmi les tests diagnostiques n’ayant pas fait la preuve de leur efficacité, qu’il n’y a pas lieu de réaliser.

Le principal risque est indirect : des régimes d’éviction multiples, fondés sur ces résultats, peuvent restreindre inutilement l’alimentation, compliquer la vie sociale et faire passer à côté d’une vraie cause des symptômes. Ce risque concerne aussi les sportifs, souvent ciblés par ces offres.

Les analyses à associer

  • Immunoglobulines E spécifiques : l’exploration d’une vraie allergie alimentaire.
  • Anticorps anti-transglutaminase IgA : la recherche d’une maladie cœliaque.
  • Test respiratoire au lactose : l’exploration d’une intolérance au lactose.
  • Calprotectine fécale : la recherche d’une inflammation de l’intestin.

À retenir

  • Les IgG alimentaires sont produites normalement quand on mange un aliment.
  • Un résultat positif traduit une exposition, voire une tolérance, pas une intolérance.
  • L’EAACI et la HAS déconseillent ce test pour explorer des troubles liés à l’alimentation.
  • Aucun seuil validé n’existe.
  • Des symptômes après certains aliments se discutent avec un médecin, avec des tests qui ont fait leurs preuves.

Testez-vous

4 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Des IgG positives contre un aliment prouvent-elles une intolérance ?

  2. 02Que dit la HAS de ce test dans le bilan d'une allergie ?

  3. 03Selon l'EAACI, les IgG4 contre les aliments reflètent plutôt…

  4. 04Selon l'EAACI, faut-il utiliser ce test devant des troubles attribués aux aliments ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 3

  1. 1Stapel SO, et al. Testing for IgG4 against foods is not recommended as a diagnostic tool: EAACI Task Force Report. Allergy. 2008;63(7):793-796. PMID 18489614.
  2. 2HAS. Pertinence des soins en allergologie-immunologie. Rapport d'élaboration, février 2018.
  3. 3Lis D, Stellingwerff T, Shing CM, Ahuja KD, Fell JW. Exploring the popularity, experiences, and beliefs surrounding gluten-free diets in nonceliac athletes. Int J Sport Nutr Exerc Metab. 2015;25(1):37-45. PMID 24901744.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.