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SangAllergies et intolérancesPreuve émergente

Histamine plasmatique

Aussi appelée Histamine · Histaminémie plasmatique · Histamine sur plasma EDTA

Les repères

  • Valeur de référence (Eurofins Viracor, via Mayo Clinic Labor moins de 1 µg/L (= ng/mL)
  • Au-dessus de la référence plus de 1 µg/L (= ng/mL)

Source : Mayo Clinic Laboratories / Eurofins Viracor, test FHSPL, immunodosage enzymatique sur plasma EDTA, ng/mL (soit µg/L). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

L'histamine plasmatique mesure le principal messager de la réaction allergique dans le sang. Très fugace et fragile, elle n'est informative que prélevée au bon moment et dans des conditions strictes.

Pourquoi on la demande

  • Rechercher une activation des mastocytes pendant ou juste après une réaction de type allergique.
  • Compléter le bilan d'une mastocytose ou d'un syndrome d'activation mastocytaire, avec la tryptase et la méthylhistamine urinaire.
  • Elle est parfois demandée devant une suspicion d'intolérance à l'histamine, sans valeur diagnostique démontrée.

Ce qui peut la fausser

  • Prélèvement : tube EDTA placé immédiatement dans la glace et centrifugé à froid dans les 20 minutes.
  • Prélèvement mal conservé : les cellules du tube peuvent libérer de l'histamine et fausser le résultat.
  • Moment : en dehors d'un épisode, le dosage est peu informatif.
  • Hémolyse ou lipémie importantes : échantillon refusé.
  • Transport : plasma congelé obligatoire.

Causes d’une valeur haute

  • Réaction allergique ou anaphylaxie en cours
  • Mastocytose
  • Syndrome d'activation mastocytaire
  • Prélèvement mal conservé (libération d'histamine dans le tube)

Prise de sangBilan d'activation mastocytaire (avec la tryptase et la méthylhistamine urinaire).

µg/L (= ng/mL)Preuve émergente4 sources

Ce que mesure l’analyse

L'histamine est la substance libérée par certaines cellules immunitaires lors d'une réaction allergique. Son dosage dans le plasma renseigne sur une activation de ces cellules, mais seulement s'il est réalisé au bon moment et dans des conditions très strictes.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

L’histamine est une petite molécule stockée dans les granules des mastocytes et des polynucléaires basophiles, deux types de cellules immunitaires. Lors d’une réaction allergique, ces cellules la libèrent brutalement. L’histamine dilate les vaisseaux, fait gonfler les tissus, provoque des démangeaisons et peut contracter les bronches.

Une fois libérée, l’histamine est très vite dégradée par deux enzymes : la diamine oxydase (DAO), surtout dans l’intestin, et l’histamine N-méthyltransférase, qui produit la méthylhistamine éliminée dans les urines. C’est pourquoi l’histamine ne reste élevée dans le sang que très peu de temps.

Le test mesure l’histamine libre dans le plasma, la partie liquide du sang. Il se distingue de l’histamine sanguine totale, qui inclut l’histamine contenue dans les cellules.

Comment se passe le prélèvement

Le prélèvement est très contraignant. Pour le test proposé par Mayo Clinic Laboratories et réalisé par Eurofins Viracor (États-Unis), le sang est recueilli sur tube EDTA, placé immédiatement dans la glace, puis centrifugé à froid dans les 20 minutes. Le plasma est prélevé dans la partie haute du tube et envoyé congelé. Les échantillons très hémolysés ou très riches en graisses sont refusés.

Ces précautions ont une raison simple : si le tube attend, les cellules du sang peuvent libérer de l’histamine et donner un résultat faussement élevé.

Le moment compte autant que la technique. L’histamine ne s’élève que pendant un épisode ou juste après : prélevée à distance, elle a toutes les chances d’être normale.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en ng/mL, ce qui équivaut au µg/L. Eurofins Viracor donne une valeur de référence de 0 à 1,0 ng/mL.

Une valeur élevée, sur un prélèvement fait pendant ou juste après des symptômes et dans de bonnes conditions, évoque une activation des mastocytes : réaction allergique, mastocytose, syndrome d’activation mastocytaire. Une valeur élevée sur un tube mal conservé n’a pas de signification.

Une valeur normale n’exclut rien, surtout si le prélèvement a été tardif.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est limité. Le consensus international de Valent et ses collègues (2012) sur les maladies des mastocytes accepte une hausse de l’histamine ou de ses métabolites urinaires comme preuve d’activation mastocytaire, à côté de la tryptase. En pratique, Mayo Clinic Laboratories indique que l’histamine du sang a moins de valeur diagnostique que la méthylhistamine urinaire, surtout si le sang n’est pas prélevé pendant un épisode.

Le dosage est aussi proposé dans le cadre de l’« intolérance à l’histamine », un ensemble de symptômes attribués à l’histamine des aliments. La recommandation des sociétés allemandes et suisse d’allergologie (Reese et al., Allergo Journal International, 2017) est claire : les preuves reliant l’histamine ingérée aux symptômes sont limitées, et il manque un test de laboratoire fiable pour poser ce diagnostic.

Pourquoi la tryptase lui est-elle préférée ? Selon Mayo, la tryptase monte en 30 à 60 minutes après le début d’une réaction et ne diminue de moitié qu’environ toutes les deux heures, ce qui laisse une fenêtre de plusieurs heures pour la prélever. Elle est aussi plus stable une fois le sérum séparé. L’histamine, elle, est dégradée beaucoup plus vite et se libère facilement dans le tube : un prélèvement parfait au bon moment est difficile à obtenir en dehors de l’hôpital.

Le dosage de l’histamine plasmatique garde donc une place étroite, en milieu spécialisé, dans l’exploration des maladies des mastocytes.

Les analyses à associer

  • Tryptase : le marqueur de référence de l’activation des mastocytes.
  • Méthylhistamine urinaire : plus informative en dehors des épisodes.
  • Diamine oxydase : l’enzyme qui dégrade l’histamine.
  • Histamine sanguine totale : une mesure qui inclut l’histamine des cellules.

À retenir

  • L’histamine est libérée lors des réactions allergiques, puis dégradée très vite.
  • Eurofins Viracor donne une référence de 0 à 1,0 ng/mL.
  • Le tube doit être refroidi et centrifugé très rapidement.
  • Le dosage n’a de sens que pendant ou juste après un épisode.
  • Il ne permet pas de diagnostiquer une intolérance à l’histamine.

Testez-vous

4 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Chez Eurofins Viracor, une histamine plasmatique jusqu'à 1,0 ng/mL est…

  2. 02Comment le tube doit-il être traité ?

  3. 03Selon Mayo, quel examen renseigne mieux sur les mastocytes en dehors d'un épisode ?

  4. 04Ce dosage permet-il de diagnostiquer une intolérance à l'histamine ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 4

  1. 1Mayo Clinic Laboratories (Rochester, États-Unis), test FHSPL Histamine, Plasma, réalisé par Eurofins Viracor : immunodosage enzymatique.
  2. 2Mayo Clinic Laboratories (Rochester, États-Unis). N-Methylhistamine, 24 Hour, Urine, test NMH24 : chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem.
  3. 3Valent P, et al. Definitions, criteria and global classification of mast cell disorders with special reference to mast cell activation syndromes: a consensus proposal. Int Arch Allergy Immunol. 2012;157(3):215-225. PMID 22041891.
  4. 4Reese I, et al. German guideline for the management of adverse reactions to ingested histamine (DGAKI, GPA, AeDA, SGAI). Allergo J Int. 2017;26(2):72-79. PMID 28344921.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.