Ce que mesure l’analyse
L’histamine est libérée par les mastocytes, des cellules immunitaires présentes dans la peau, les muqueuses et autour des vaisseaux. Une fois libérée, elle est rapidement dégradée. L’une des voies principales passe par une enzyme, l’histamine N-méthyltransférase (HNMT), qui la transforme en N-méthylhistamine. Ce produit est éliminé dans les urines.
Selon Mayo Clinic Laboratories (États-Unis), la méthylhistamine est le principal métabolite de l’histamine. Son taux urinaire augmente quand les mastocytes s’activent, par exemple lors d’une réaction allergique, ou quand ils sont trop nombreux, comme dans la mastocytose. Cette maladie peut toucher la peau seule (urticaire pigmentaire) ou d’autres organes comme le foie, la rate ou la moelle osseuse (mastocytose systémique).
Comment se passe le prélèvement
Deux modes de recueil existent. Le recueil de 24 heures, plus fiable, consiste à collecter toutes les urines d’une journée, au réfrigérateur. Mayo demande de noter la durée et le volume total ; si le volume est trop faible, le laboratoire réalise un dosage sur un échantillon ponctuel. Le recueil ponctuel, sur une seule miction, est préféré quand les symptômes surviennent par épisodes : il permet de prélever juste après une crise.
Signalez vos médicaments. Les antidépresseurs de type IMAO peuvent faire monter le résultat : Mayo recommande, si c’est médicalement possible, de les interrompre deux semaines avant, ce qui se décide avec votre médecin. Les médicaments qui inhibent la diamine oxydase peuvent au contraire le faire baisser.
Selon Mayo, une alimentation habituelle n’a pas d’effet. Un régime très riche en histamine peut entraîner une hausse modérée, d’environ 30 %, surtout sur un échantillon prélevé après le repas.
Comment lire le résultat
Le résultat est rapporté à la créatinine urinaire, ce qui corrige la dilution des urines. Il s’exprime en µg par gramme de créatinine. Mayo donne ces intervalles de référence :
- plus de 16 ans : 19 à 143 µg/g de créatinine ;
- 6 à 16 ans : 48 à 238 ;
- 0 à 5 ans : 85 à 369.
Selon Mayo, la mastocytose systémique et l’anaphylaxie entraînent en général une hausse d’au moins deux fois la limite. L’urticaire pigmentaire et les formes localisées donnent souvent des hausses modestes. Les valeurs se chevauchent toutefois : ce dosage seul ne permet pas de distinguer une forme localisée d’une forme systémique. Toutes les personnes atteintes ne dépassent pas la limite, et des personnes en bonne santé peuvent la dépasser légèrement.
Les urines ponctuelles peuvent varier jusqu’à 25 %. Pour un résultat limite, un recueil de 24 heures est préférable.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est intermédiaire. Le consensus international de Valent et ses collègues (2012) sur les maladies des mastocytes accepte la hausse des métabolites urinaires de l’histamine comme preuve d’activation mastocytaire, à côté de la tryptase. Mayo attribue à la méthylhistamine urinaire une meilleure sensibilité et spécificité que l’histamine du sang, surtout en dehors des épisodes.
Le diagnostic de mastocytose systémique repose sur la biopsie de moelle osseuse. La méthylhistamine, comme la tryptase, sert à orienter et à suivre, pas à poser seule le diagnostic.
Mayo signale enfin qu’une variante du gène HNMT peut abaisser la méthylhistamine, car l’enzyme la fabrique alors plus lentement.
Les analyses à associer
- Tryptase : le marqueur de référence des mastocytes.
- Histamine plasmatique : la molécule mère, plus fugace.
- Créatinine : pour rapporter le résultat à la dilution des urines.
- Diamine oxydase : l’autre voie de dégradation de l’histamine.
À retenir
- La méthylhistamine est le principal produit de dégradation de l’histamine.
- Mayo donne 19 à 143 µg/g de créatinine chez l’adulte.
- Elle aide à explorer les mastocytoses et l’activation des mastocytes.
- Les IMAO, une alimentation très riche en histamine et le type de recueil influencent le résultat.
- Elle oriente le diagnostic, sans le poser seule.