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SangAllergies et intolérancesPreuve courante

Éosinophiles et ECP

Aussi appelée Protéine cationique des éosinophiles · ECP · Polynucléaires éosinophiles · Éosinophilie

Les repères

  • Pas d'éosinophilie moins de 0,5 G/L
  • Éosinophilie 0,5 à 1,5 G/L
  • Hyperéosinophilie si elle persiste à un mois d'intervalle plus de 1,5 G/L
  • Intervalle de référence de l'ECP (ImmunoCAP, Labcorp) 4 à 54 µg/L (ECP)
  • ECP au-dessus de l'intervalle plus de 54 µg/L (ECP)

Source : Ackermann F et al., La Revue du Praticien 2019, d'après Valent P et al. 2012 : éosinophilie > 0,5 G/L ; hyperéosinophilie > 1,5 G/L à deux reprises à un mois d'intervalle ; Labcorp, test 004180, ImmunoCAP sur sérum, µg/L. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Les polynucléaires éosinophiles sont des globules blancs de l'allergie et de la défense contre les parasites. Leur nombre, et parfois leur protéine cationique (ECP), aident à explorer une éosinophilie et l'inflammation qu'elle traduit.

Pourquoi on la demande

  • Explorer une hausse des polynucléaires éosinophiles découverte sur une numération formule sanguine.
  • Rechercher une parasitose, une allergie ou une réaction à un médicament devant une éosinophilie.
  • Évaluer, avec l'ECP, l'inflammation à éosinophiles dans certains asthmes allergiques, dans un cadre spécialisé.
  • Explorer une hyperéosinophilie durable, pour rechercher une atteinte d'organe.

Ce qui peut la fausser

  • Corticoïdes : baisse rapide des éosinophiles, qui peut masquer une hyperéosinophilie.
  • ECP : le sang doit reposer 60 à 120 minutes avant centrifugation pour libérer l'ECP des cellules.
  • ECP : type de tube imposé par certains laboratoires ; d'autres tubes faussent le résultat.
  • ECP : sérum hémolysé ou très riche en graisses refusé.
  • Une seule mesure ne suffit pas : l'hyperéosinophilie se confirme sur deux prélèvements espacés d'un mois.

Causes d’une valeur haute

  • Allergies : asthme, rhinite, eczéma
  • Parasitoses, en particulier les vers qui traversent les tissus
  • Réaction à un médicament
  • Maladies inflammatoires ou certains cancers
  • Syndrome hyperéosinophilique (rare)

Causes d’une valeur basse

  • Traitement par corticoïdes
  • Infection aiguë sévère ou stress important

Prise de sangNumération formule sanguine ; bilan d'hyperéosinophilie ; suivi spécialisé de certains asthmes (ECP).

G/L (éosinophiles) et µg/L (ECPreuve courante3 sources

Ce que mesure l’analyse

Les éosinophiles sont des globules blancs mobilisés dans les allergies et contre certains parasites. Leur nombre dans le sang et la protéine qu'ils libèrent, l'ECP, renseignent sur cette activité, sans dire seuls quelle en est la cause.

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À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Les polynucléaires éosinophiles sont des globules blancs peu nombreux dans le sang. Ils interviennent dans la défense contre les parasites, surtout les vers, et dans les réactions allergiques. Ils contiennent des granules remplis de protéines toxiques pour les parasites. L’une d’elles est la protéine cationique des éosinophiles, ou ECP.

Ce bilan associe deux mesures. Le nombre d’éosinophiles, rendu sur toute numération formule sanguine, dit combien il y en a. L’ECP, dosée dans le sérum, renseigne sur leur activation : elle est libérée quand les éosinophiles se vident de leurs granules, par exemple dans les bronches d’une personne asthmatique.

Comment se passe le prélèvement

Le nombre d’éosinophiles se mesure sur un tube de numération classique, sans préparation. Les corticoïdes les font baisser rapidement : signalez tout traitement de ce type.

L’ECP est plus exigeante. Chez Labcorp (États-Unis), le sang doit reposer 60 à 120 minutes avant d’être centrifugé, le temps que l’ECP soit libérée des cellules. Le laboratoire impose un type de tube précis, car d’autres faussent le résultat, et refuse les sérums très hémolysés ou très riches en graisses. Ces conditions varient selon les laboratoires : suivez leurs consignes.

Comment lire le résultat

Le nombre d’éosinophiles s’exprime en G/L, c’est-à-dire en milliards par litre. Les définitions internationales, reprises par Ackermann et ses collègues (La Revue du Praticien, 2019) d’après Valent et ses collègues, sont les suivantes :

  • éosinophilie : plus de 0,5 G/L ;
  • hyperéosinophilie : plus de 1,5 G/L à deux reprises, à un mois d’intervalle, ou éosinophilie excessive dans un tissu ;
  • syndrome hyperéosinophilique : hyperéosinophilie avec une atteinte d’organe attribuable aux éosinophiles, une fois les autres causes écartées.

Le PNDS de la HAS sur les hyperéosinophilies (2022) retient le même seuil de 1 500 par mm³, soit 1,5 G/L, pour le syndrome hyperéosinophilique, avec une évolution de plus d’un mois.

Pour l’ECP, Labcorp donne un intervalle de référence de 4 à 54 µg/L en technique ImmunoCAP. Une valeur élevée traduit une activation des éosinophiles, sans en dire la cause.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve diffère selon la mesure. Le nombre d’éosinophiles est un examen de base, très bien validé. Une éosinophilie fait rechercher en premier les causes fréquentes : allergies, parasitoses, médicaments. Le PNDS de la HAS cite, parmi les causes des hyperéosinophilies réactionnelles, les infections parasitaires, les prises médicamenteuses, les maladies inflammatoires et certains cancers. Plus rarement, l’excès d’éosinophiles vient d’une maladie du sang. Le PNDS recommande un bilan des causes et du retentissement pour toute hyperéosinophilie au-delà de 1,5 G/L.

L’ECP a une place beaucoup plus limitée. Labcorp indique qu’elle est souvent élevée dans les inflammations à éosinophiles, comme l’œsophagite à éosinophiles, et qu’elle a été utilisée pour évaluer la sévérité de l’asthme. Elle ne permet pas de diagnostiquer un asthme, son intérêt se limite à l’asthme allergique, et elle peut varier dans d’autres situations comme une sinusite bactérienne. Elle est mieux corrélée aux symptômes qu’à la fonction respiratoire, surtout chez l’enfant.

Un nombre d’éosinophiles normal n’exclut pas une allergie, et une éosinophilie n’est pas toujours allergique : l’interprétation se fait avec le médecin, selon l’histoire et l’examen.

Les analyses à associer

  • Polynucléaires éosinophiles : la valeur de départ sur la numération.
  • Immunoglobulines E totales : souvent élevées dans les allergies et les parasitoses.
  • Examen parasitologique des selles : pour rechercher une parasitose.
  • Tryptase : dans l’exploration de certaines hyperéosinophilies.

À retenir

  • Les éosinophiles sont des globules blancs de l’allergie et de la défense contre les parasites.
  • On parle d’éosinophilie au-delà de 0,5 G/L, d’hyperéosinophilie au-delà de 1,5 G/L confirmée à un mois.
  • Les causes les plus fréquentes sont les allergies, les parasitoses et les médicaments.
  • L’ECP reflète l’activation des éosinophiles ; Labcorp donne 4 à 54 µg/L.
  • L’ECP ne diagnostique pas un asthme et exige un prélèvement très encadré.

Testez-vous

4 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01À partir de quel nombre d'éosinophiles parle-t-on d'éosinophilie sanguine ?

  2. 02Une seule valeur au-dessus de 1,5 G/L suffit-elle à parler d'hyperéosinophilie ?

  3. 03Chez Labcorp, une ECP entre 4 et 54 µg/L est…

  4. 04L'ECP permet-elle de diagnostiquer un asthme ?

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Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 3

  1. 1Ackermann F, Etienne N, Groh M, Kahn JE, Lefèvre G. Définitions d'une éosinophilie, d'une hyperéosinophilie et d'un syndrome hyperéosinophilique (d'après Valent P et al., J Allergy Clin Immunol 2012). Rev Prat. 2019;69(7):767-773.
  2. 2HAS, Centre de référence des syndromes hyperéosinophiliques (CEREO). Hyperéosinophilies et syndromes hyperéosinophiliques : synthèse à destination du médecin traitant, PNDS, juin 2022.
  3. 3Labcorp (États-Unis). Eosinophil Cationic Protein (ECP), test 004180 : ImmunoCAP, intervalle 4-54 µg/L.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.