Ce que mesure l’analyse
La maladie cœliaque est une maladie auto-immune déclenchée par le gluten, une protéine du blé, de l’orge et du seigle, chez des personnes prédisposées. Elle abîme la paroi de l’intestin grêle, ce qui peut entraîner des troubles digestifs, des carences ou une fatigue.
La transglutaminase tissulaire (tTG, ou TG2) est une enzyme présente dans l’intestin. Elle modifie certains fragments du gluten. Chez la personne cœliaque qui mange du gluten, le système immunitaire fabrique des anticorps contre cette enzyme. Le test mesure ceux de type IgA, les anticorps des muqueuses.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique. Le point essentiel est l’alimentation : la HAS (2026) précise que les tests se font sous une alimentation contenant du gluten. Un régime sans gluten commencé avant le diagnostic fausse les résultats, qui peuvent devenir faussement négatifs. Si le régime a déjà débuté, la HAS conseille de réintroduire le gluten pendant 6 à 8 semaines avant le test.
La HAS recommande d’associer systématiquement le dosage des IgA totales. Le déficit en IgA est en effet plus fréquent chez les personnes cœliaques, et il rend le test IgA faussement rassurant.
Comment lire le résultat
Seuils et unités dépendent de la trousse. À titre d’exemple, Mayo Clinic Laboratories (États-Unis) donne : négatif sous 4,0 U/mL, faiblement positif de 4,0 à 10,0 U/mL, positif au-delà de 10,0 U/mL.
Ce qui compte surtout, c’est le rapport à la limite supérieure du laboratoire. Selon la HAS (2026), un taux d’au moins 10 fois la limite supérieure, confirmé sur un second prélèvement, peut permettre un diagnostic sans biopsie de l’intestin. Chez l’adulte, il faut en plus avoir moins de 45 ans, ne pas avoir de diabète de type 1 ni de signe d’alerte, et le diagnostic est posé par un gastro-entérologue. Chez l’enfant, la confirmation repose sur des anticorps anti-endomysium IgA positifs sur un second prélèvement, comme le prévoit aussi la recommandation européenne ESPGHAN 2020. Dans les autres cas, des biopsies du duodénum restent recommandées.
Si les IgA totales sont inférieures à 0,07 g/L, la HAS recommande de doser les IgG anti-transglutaminase en première intention.
Sous régime sans gluten, le taux baisse progressivement. Mayo indique qu’il peut falloir jusqu’à un an pour qu’il se normalise. Un taux qui reste élevé fait rechercher des écarts au régime.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est élevé. La HAS a publié en 2026 ses premières recommandations sur le diagnostic de la maladie cœliaque. Le dosage des IgA anti-transglutaminase, associé aux IgA totales, est le seul test de première intention. Il est indiqué devant des symptômes évocateurs, des anomalies biologiques comme une carence ou une anémie, et dans les situations à risque, comme un apparenté au premier degré ou une maladie auto-immune.
Les recommandations européennes ESPGHAN 2020 (Husby et al., Journal of Pediatric Gastroenterology and Nutrition) arrivent à la même conclusion chez l’enfant : la combinaison IgA totales et IgA anti-transglutaminase est supérieure aux autres. Elles déconseillent les anticorps anti-gliadine déamidée en première intention et réservent les tests IgG aux déficits en IgA.
Les analyses à associer
- Immunoglobulines A : indispensables pour interpréter le test.
- Anticorps anti-endomysium : confirmation sur un second prélèvement chez l’enfant.
- Anticorps anti-gliadine déamidée : test IgG possible en cas de déficit en IgA.
- HLA-DQ2 et HLA-DQ8 : alternative possible dans certaines situations, selon la HAS.
À retenir
- C’est le test sanguin de première intention de la maladie cœliaque.
- Il se fait sous alimentation contenant du gluten, avec le dosage des IgA totales.
- Seuils et unités dépendent de la trousse : négatif sous 4,0 U/mL chez Mayo, par exemple.
- Un taux d’au moins 10 fois la limite supérieure, confirmé, peut permettre un diagnostic sans biopsie sous conditions.
- En cas de déficit en IgA, ce sont les tests IgG qui comptent.