Ce que mesure l’analyse
La gliadine est l’une des protéines du gluten. Dans l’intestin, une enzyme, la transglutaminase tissulaire, transforme certains de ses fragments par une réaction appelée déamidation. Ces fragments modifiés sont particulièrement bien reconnus par le système immunitaire des personnes cœliaques.
Le test recherche les anticorps dirigés contre ces peptides de gliadine déamidée (DGP). Il existe en version IgA et en version IgG. C’est la version IgG qui a le plus d’intérêt, car elle reste utilisable quand une personne a un déficit en IgA.
Il ne faut pas confondre ce test avec l’ancien dosage des anticorps anti-gliadine « native », non modifiée. Mayo Clinic Laboratories rappelle que ce dernier n’est plus recommandé, faute de sensibilité et de spécificité suffisantes.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique. Comme pour tous les tests de la maladie cœliaque, il doit être réalisé sous une alimentation contenant du gluten. Mayo signale qu’une personne déjà sous régime sans gluten peut avoir un résultat négatif. La HAS (2026) conseille de réintroduire le gluten pendant 6 à 8 semaines si le régime a déjà commencé.
Comment lire le résultat
Seuils et unités dépendent de la trousse. À titre d’exemple, Mayo Clinic Laboratories donne pour son ELISA IgG : négatif sous 20,0 U, faiblement positif de 20,0 à 30,0 U, positif au-delà de 30,0 U.
Selon Mayo, un résultat positif, en particulier chez une personne qui a un déficit en IgA, est compatible avec une maladie cœliaque. Un résultat négatif en rend la probabilité plus faible, sans l’exclure. Le test ne suffit jamais seul : le diagnostic repose sur l’ensemble des résultats et, le plus souvent, sur des biopsies de l’intestin.
Sous régime sans gluten, le taux baisse progressivement. Il peut falloir jusqu’à un an pour qu’il se normalise. Un taux qui reste élevé fait rechercher des écarts au régime.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est intermédiaire : le test est fiable, mais sa place est limitée. Il ne s’agit pas d’un test de dépistage pour une personne qui se sent mieux sans gluten : la démarche commence toujours par les IgA anti-transglutaminase et les IgA totales. Les recommandations européennes ESPGHAN 2020 (Husby et al., Journal of Pediatric Gastroenterology and Nutrition) déconseillent les anti-DGP IgG ou IgA pour le bilan initial. Elles recommandent de commencer par les IgA totales et les IgA anti-transglutaminase. Un test de type IgG n’est indiqué que si les IgA totales sont basses ou indétectables.
La HAS (2026) va dans le même sens. En cas de déficit en IgA, défini par des IgA totales inférieures à 0,07 g/L, elle recommande en première intention les IgG anti-transglutaminase. Les anti-DGP IgG font partie des tests IgG cités par Mayo dans cette situation.
Pourquoi un test de type IgG ? Le test de référence, les IgA anti-transglutaminase, repose sur des anticorps de type IgA. Chez une personne qui n’en fabrique presque pas, il reste négatif même en cas de maladie cœliaque. La HAS rappelle que ce déficit est plus fréquent chez les personnes cœliaques, d’où le dosage systématique des IgA totales. Quand il est confirmé, les tests de type IgG prennent le relais.
Le test garde donc un rôle d’appoint, surtout en cas de déficit en IgA ou de résultats discordants.
Les analyses à associer
- Anticorps anti-transglutaminase IgA : le test de première intention.
- Immunoglobulines A : pour repérer un déficit en IgA.
- Anticorps anti-endomysium : pour compléter un bilan discordant.
- HLA-DQ2 et HLA-DQ8 : dans certaines situations difficiles.
À retenir
- Les anti-DGP visent des fragments de gluten modifiés dans l’intestin.
- Leur version IgG est surtout utile en cas de déficit en IgA.
- Ils ne sont pas recommandés en première intention par l’ESPGHAN.
- Seuils et unités dépendent de la trousse : positif au-delà de 30,0 U chez Mayo, par exemple.
- Le test se fait sous alimentation contenant du gluten.