Ce que mesure l’analyse
L’endomysium est la fine couche de tissu conjonctif qui entoure les fibres musculaires lisses, par exemple dans la paroi de l’œsophage. Chez les personnes cœliaques qui mangent du gluten, certains anticorps s’y fixent. Leur cible principale est la transglutaminase tissulaire, la même enzyme que celle du test anti-transglutaminase.
Le test des anticorps anti-endomysium (EMA) repère ces anticorps au microscope. Il est très spécifique de la maladie cœliaque et de la dermatite herpétiforme, son atteinte cutanée. Il existe en version IgA, la plus utilisée, et en version IgG pour les personnes qui ont un déficit en IgA.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique, réalisée sous une alimentation contenant du gluten. Chez Mayo Clinic Laboratories (États-Unis), le sérum est déposé à différentes dilutions sur des coupes d’œsophage de primate, puis un anticorps fluorescent révèle les IgA fixées. Le laboratoire lit le résultat au microscope et exprime la positivité en titre, c’est-à-dire la plus forte dilution encore positive.
Cette lecture demande de l’expérience. Mayo signale qu’une forte fluorescence du muscle lisse ou un marquage faible peuvent rendre le résultat indéterminé ; le laboratoire conseille alors les IgA anti-transglutaminase et les IgA totales.
Comment lire le résultat
Le résultat est rendu positif ou négatif, avec un titre en cas de positivité. Mayo considère comme normal un résultat négatif et ne fixe pas de seuil chiffré commun : cette fiche ne donne donc pas de repère numérique. Selon Mayo, le titre est en général corrélé à la sévérité de l’atteinte de l’intestin.
Un résultat négatif n’exclut pas la maladie : les formes peu sévères peuvent être négatives. Mayo indique que ces anticorps sont présents chez 70 à 80 % des personnes atteintes de dermatite herpétiforme ou de maladie cœliaque, et chez presque toutes celles qui ont une atteinte sévère de l’intestin sans régime.
Sous régime sans gluten strict, le titre commence à baisser dans les 6 à 12 mois, selon Mayo.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est élevé pour un usage précis : la confirmation. Les recommandations européennes ESPGHAN 2020 (Husby et al.) permettent un diagnostic sans biopsie chez l’enfant si les IgA anti-transglutaminase atteignent au moins 10 fois la limite supérieure et si les IgA anti-endomysium sont positives sur un second prélèvement, avec l’accord de la famille.
La HAS a repris ce principe en 2026 pour l’enfant, avec l’avis d’un pédiatre gastro-entérologue. Chez l’adulte, la HAS ne demande pas d’anti-endomysium pour le diagnostic sans biopsie, mais une confirmation des IgA anti-transglutaminase sur un second prélèvement. En cas de déficit en IgA, elle cite les IgG anti-endomysium comme second test possible dans les cas complexes.
Le test n’est pas un examen de dépistage de première intention : la HAS réserve cette place aux IgA anti-transglutaminase, associées aux IgA totales. Hors des situations de diagnostic sans biopsie, la HAS recommande, en cas de sérologie positive, une endoscopie avec plusieurs biopsies du duodénum pour confirmer le diagnostic.
La dermatite herpétiforme, une éruption de petites cloques qui démangent, est l’atteinte cutanée de la maladie cœliaque. Mayo signale que le profil d’anticorps y est plus variable, et recommande alors de doser à la fois les anti-endomysium et les anti-transglutaminase.
Les analyses à associer
- Anticorps anti-transglutaminase IgA : le test de première intention.
- Immunoglobulines A : pour repérer un déficit en IgA.
- Anticorps anti-gliadine déamidée : test IgG possible en cas de déficit en IgA.
- HLA-DQ2 et HLA-DQ8 : dans certaines situations difficiles.
À retenir
- Les anti-endomysium sont très spécifiques de la maladie cœliaque.
- Ils servent surtout à confirmer un taux élevé d’IgA anti-transglutaminase, notamment chez l’enfant.
- Le résultat est qualitatif, avec un titre en cas de positivité.
- Un résultat négatif n’exclut pas la maladie.
- Le test se fait sous alimentation contenant du gluten.