Ce que mesure l’analyse
Les molécules HLA présentent au système immunitaire des fragments de protéines. Les molécules de type HLA-DQ présentent notamment des fragments issus de l’alimentation. Certaines variantes, HLA-DQ2 et HLA-DQ8, fixent particulièrement bien des fragments du gluten modifiés dans l’intestin. Elles favorisent ainsi la réaction immunitaire à l’origine de la maladie cœliaque.
Le test recherche ces variantes dans l’ADN. Selon Mayo Clinic Laboratories (États-Unis), 90 à 95 % des personnes cœliaques portent une ou deux copies de HLA-DQ2 ; la plupart des autres portent HLA-DQ8. Le typage distingue aussi plusieurs formes de DQ2, comme DQ2.5 et DQ2.2, qui n’ont pas le même poids dans le risque.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique, sans préparation. L’ADN est analysé par PCR, une technique qui amplifie les gènes recherchés. Comme pour tout examen génétique, un consentement écrit est demandé.
Point important : le résultat ne dépend pas de l’alimentation. Contrairement aux anticorps de la maladie cœliaque, il reste interprétable chez une personne qui suit déjà un régime sans gluten. Il ne change pas au cours de la vie.
Comment lire le résultat
Le résultat est qualitatif : gènes de prédisposition présents, absents ou parfois équivoques. Il n’existe pas de valeur chiffrée.
Un résultat négatif, sans DQ2 ni DQ8, rend la maladie cœliaque très improbable, puisque presque toutes les personnes atteintes portent l’un de ces gènes. C’est le principal intérêt du test.
Un résultat positif ne veut pas dire maladie. Mayo indique que ces gènes sont présents chez environ 20 % des personnes non cœliaques. Il signale une prédisposition, sans plus : la plupart des porteurs ne développeront jamais la maladie.
Mayo précise aussi que certaines combinaisons d’allèles, plus fréquentes dans certaines populations, peuvent ne pas être entièrement résolues par la technique.
En pratique, ce typage ne remplace aucun des tests habituels. Chez une personne qui mange du gluten, la démarche commence toujours par les anticorps. Chez une personne déjà sous régime sans gluten, la HAS rappelle que ces anticorps peuvent devenir faussement négatifs et qu’il faut réintroduire le gluten pendant 6 à 8 semaines pour les interpréter. Un typage négatif aide alors à décider avec le médecin si cette réintroduction est utile, puisqu’il rend la maladie très improbable ; un typage positif, lui, ne dispense pas des autres tests.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est intermédiaire : le test est fiable, mais sa place est limitée. La HAS, dans ses recommandations de 2026 sur le diagnostic de la maladie cœliaque, ne le place pas en première intention. Elle le cite comme une alternative possible quand la personne refuse la biopsie ou les tests sérologiques, et chez les apparentés au premier degré si la famille le souhaite.
Les recommandations européennes ESPGHAN 2020 (Husby et al., Journal of Pediatric Gastroenterology and Nutrition) précisent que la détermination de HLA-DQ2 et DQ8 n’est pas un critère obligatoire du diagnostic, y compris pour le diagnostic sans biopsie chez l’enfant.
Le test intéresse aussi les sportifs qui ont supprimé le gluten sans diagnostic. Dans l’enquête de Lis et ses collègues (International Journal of Sport Nutrition and Exercise Metabolism, 2015), 41 % des athlètes non cœliaques suivaient un régime sans gluten au moins la moitié du temps, et 57 % s’étaient eux-mêmes diagnostiqués sensibles au gluten. Chez eux, les anticorps ne sont plus fiables ; le typage peut au moins écarter la maladie.
Les analyses à associer
- Anticorps anti-transglutaminase IgA et immunoglobulines A : le bilan de première intention.
- Anticorps anti-endomysium : la confirmation chez l’enfant.
- Anticorps anti-gliadine déamidée : en cas de déficit en IgA.
À retenir
- Le test recherche les gènes qui prédisposent à la maladie cœliaque.
- Leur absence rend la maladie très improbable : c’est son principal intérêt.
- Leur présence est fréquente sans maladie : environ 20 % des personnes non cœliaques selon Mayo.
- Le résultat ne dépend pas du régime sans gluten et ne change pas au cours de la vie.
- La HAS le réserve à des situations particulières, pas au premier bilan.