Aller au contenu

SangAuto-immunitéPreuve validée

Anticorps antinucléaires

Aussi appelée AAN · ANA · Facteurs antinucléaires · FAN

Les repères

  • Sous le seuil d'entrée des critères de classification du lup moins de 80 titre (inverse de la dilution)
  • Positif faible : retrouvé chez une part notable des sujets s 80 à 160 titre (inverse de la dilution)
  • Titre significatif selon le PNDS lupus de la HAS plus de 160 titre (inverse de la dilution)

Source : Aringer M et al., critères de classification EULAR/ACR 2019 du lupus, Arthritis Rheumatol 2019 (critère d'entrée : AAN ≥ 1/80 sur cellules HEp-2) ; Tan EM et al., Arthritis Rheum 1997 (IFI sur cellules HEp-2, 15 laboratoires : 13,3 % des sujets sains positifs au 1/80, 5 % au 1/160) ; HAS, PNDS Lupus systémique (2017, mise à jour 2020) : AAN en IFI sur HEp-2, un titre inférieur à 1/160 rend le diagnostic extrêmement improbable. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Les anticorps antinucléaires sont des auto-anticorps dirigés contre des éléments du noyau des cellules. Leur recherche est la porte d'entrée du bilan des maladies auto-immunes, mais un résultat positif est fréquent chez les personnes en bonne santé.

Pourquoi on la demande

  • Rechercher un lupus systémique devant des signes évocateurs : douleurs articulaires, éruption, fatigue durable, atteinte rénale.
  • Explorer un syndrome de Gougerot-Sjögren, une sclérodermie, une myosite ou une connectivite mixte.
  • Compléter le bilan initial d'une polyarthrite, comme le prévoit la HAS pour la polyarthrite rhumatoïde.
  • Explorer certaines maladies auto-immunes du foie.

Ce qui peut la fausser

  • Sujets sains : positivité fréquente à faible titre, sans maladie.
  • Sexe et âge : plus fréquents chez la femme et avec l'âge.
  • Infection virale récente : positivité possible.
  • Médicaments : de nombreux traitements peuvent faire apparaître des AAN, voire un lupus induit.
  • Technique : l'immunofluorescence sur cellules HEp-2 est la référence ; les autres méthodes donnent des résultats non superposables.
  • Lecture : titre et aspect dépendent du laboratoire ; comparez dans le même laboratoire.

Causes d’une valeur haute

  • Positivité isolée sans maladie, fréquente à faible titre
  • Lupus systémique
  • Syndrome de Gougerot-Sjögren
  • Sclérodermie systémique
  • Connectivite mixte, myosites
  • Lupus induit par un médicament
  • Maladies auto-immunes du foie

Prise de sangBilan d'auto-immunité ; bilan de connectivite ; bilan initial d'une polyarthrite.

titre (inverse de la dilution)Preuve validée8 sources

Ce que mesure l’analyse

Ces auto-anticorps reconnaissent des éléments du noyau de nos propres cellules. Leur recherche sert de premier test devant une suspicion de lupus ou d'autre maladie auto-immune, mais un résultat faiblement positif est courant sans aucune maladie.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Les anticorps antinucléaires (AAN) sont des auto-anticorps, c’est-à-dire des anticorps dirigés contre des éléments de notre propre organisme. Leur cible se trouve dans le noyau des cellules : ADN, protéines associées, nucléoles, centromères. Leur présence peut accompagner une maladie auto-immune, mais aussi exister sans aucune maladie.

La recherche des AAN est un test de dépistage. Elle ne dit pas exactement contre quoi les anticorps sont dirigés. Si elle est positive, le laboratoire peut identifier la cible par d’autres tests, comme les anticorps anti-ADN natif ou les anti-ENA. En France, selon le document de synthèse d’Eurofins Biomnis sur la nomenclature, ces examens complémentaires sont prévus quand les AAN dépassent un titre de 80.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang classique, sans préparation particulière. La méthode de référence est l’immunofluorescence indirecte sur cellules HEp-2, des cellules humaines en culture au noyau très visible. Le sérum est déposé à des dilutions croissantes ; les anticorps qui se fixent sur les noyaux sont révélés par une substance fluorescente, observée au microscope.

Des techniques automatisées existent aussi, comme l’ELISA. Les recommandations internationales d’Agmon-Levin et ses collègues (Annals of the Rheumatic Diseases, 2014) maintiennent l’immunofluorescence comme référence et soulignent que les différentes méthodes peuvent donner des résultats discordants.

Comment lire le résultat

Le résultat comporte deux informations, que le PNDS lupus de la HAS demande au laboratoire de préciser :

  • le titre : la plus forte dilution du sérum à laquelle la fluorescence reste visible. Un titre de 1/160 signifie que les anticorps sont encore détectés quand le sérum est dilué 160 fois. Plus le titre est élevé, plus les anticorps sont abondants ;
  • l’aspect : la façon dont le noyau s’allume (homogène, moucheté, nucléolaire, centromère…). Il oriente vers certaines cibles.

Les faibles titres sont fréquents chez les personnes en bonne santé. Dans l’étude internationale de Tan et ses collègues (Arthritis & Rheumatism, 1997), menée dans 15 laboratoires, les sujets sains étaient positifs dans 31,7 % des cas au 1/40, 13,3 % au 1/80, 5,0 % au 1/160 et 3,3 % au 1/320. Les auteurs notaient qu’un seuil au 1/160 exclut 95 % des personnes en bonne santé.

Le PNDS lupus de la HAS indique qu’une négativité ou un titre inférieur à 1/160 rend le diagnostic de lupus extrêmement improbable. Les critères de classification EULAR/ACR 2019 du lupus exigent, comme porte d’entrée, des AAN au moins une fois à 1/80 ou plus.

Des AAN positifs s’observent dans le lupus, le syndrome de Gougerot-Sjögren, la sclérodermie, les myosites, la connectivite mixte, certaines maladies auto-immunes du foie, ou lors d’un lupus induit par un médicament. Mayo Clinic Laboratories signale aussi des AAN après des infections virales et chez des personnes sous divers traitements.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est élevé pour l’usage de dépistage, avec une limite claire : la spécificité est faible. Dans l’enquête américaine NHANES (Satoh et al., Arthritis & Rheumatism, 2012), 13,8 % des personnes de 12 ans et plus avaient des AAN. Ils étaient plus fréquents chez les femmes (17,8 % contre 9,6 %) et augmentaient avec l’âge. Les auteurs ont aussi observé, de façon inattendue, des AAN moins fréquents chez les personnes en surpoids ou obèses.

Les critères EULAR/ACR 2019 du lupus (Aringer et al., Arthritis & Rheumatology, 2019) ont fait des AAN un critère d’entrée obligatoire. Dans leur cohorte de validation, ces critères atteignaient 96,1 % de sensibilité et 93,4 % de spécificité. Ce sont des critères de classification pour la recherche, pas un outil de diagnostic individuel.

La HAS inclut aussi les AAN dans le bilan initial d’une polyarthrite rhumatoïde, pour écarter une autre maladie auto-immune.

Les analyses à associer

  • Anticorps anti-ADN natif et anticorps anti-antigènes nucléaires solubles : pour identifier la cible.
  • Complément C3 et complément C4 : pour rechercher une consommation du complément.

À retenir

  • Les AAN sont un test de dépistage des maladies auto-immunes, pas un diagnostic.
  • Le résultat comprend un titre et un aspect.
  • Les faibles titres sont fréquents chez les sujets sains : 13,3 % au 1/80 dans l’étude de Tan.
  • Selon le PNDS de la HAS, un titre inférieur à 1/160 rend le lupus extrêmement improbable.
  • Un résultat positif se lit avec les symptômes et des anticorps plus spécifiques.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Des AAN positifs à un titre de 80 chez une personne sans symptômes…

  2. 02Selon le PNDS lupus de la HAS, des AAN négatifs ou sous un titre de 160…

  3. 03Quelle est la méthode de référence pour rechercher les AAN ?

  4. 04Les AAN sont-ils plus fréquents chez les femmes ?

  5. 05Un résultat positif suffit-il à poser un diagnostic ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 8

  1. 1HAS, Centre de référence du lupus, du SAPL et autres maladies auto-immunes rares, filière FAI²R. Protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) Lupus systémique, 2017, mise à jour 2020.
  2. 2Tan EM, Feltkamp TE, Smolen JS, et al. Range of antinuclear antibodies in « healthy » individuals. Arthritis Rheum. 1997;40(9):1601-1611. PMID 9324014.
  3. 3Satoh M, Chan EK, Ho LA, et al. Prevalence and sociodemographic correlates of antinuclear antibodies in the United States. Arthritis Rheum. 2012;64(7):2319-2327. PMID 22237992.
  4. 4Agmon-Levin N, Damoiseaux J, Kallenberg C, et al. International recommendations for the assessment of autoantibodies to cellular antigens referred to as anti-nuclear antibodies. Ann Rheum Dis. 2014;73(1):17-23. PMID 24126457.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.