Ce que mesure l’analyse
La mélatonine est fabriquée la nuit par la glande pinéale. Le foie la transforme rapidement, et le rein élimine surtout un dérivé, la 6-sulfatoxymélatonine, abrégée aMT6s. La quantité d’aMT6s dans l’urine suit de près la production de mélatonine : l’urine du premier jet du matin renseigne ainsi sur la mélatonine produite pendant la nuit (Braam et Spruyt, 2022 ; ZRT Laboratory).
C’est un dosage non invasif, qui se fait à domicile. Il mesure une quantité cumulée sur la nuit, alors que la mélatonine salivaire donne un instant précis.
Comment se passe le prélèvement
On recueille le premier jet des urines du matin. Les repères changent selon le moment du recueil. ZRT Laboratory distingue le premier jet, le deuxième jet (deux heures plus tard), le soir avant le dîner et le coucher. Le résultat est rapporté à la créatinine urinaire pour tenir compte de la dilution des urines.
ZRT utilise un recueil d’urine séchée sur papier filtre, envoyé par la poste, avec un dosage par LC-MS/MS (chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse). D’autres méthodes existent (ELISA, RIA, GC-MS) et leurs résultats ne se superposent pas. Signalez toute prise de mélatonine et suivez la consigne du laboratoire sur l’heure du recueil.
Comment lire le résultat
Le résultat s’exprime en µg/g de créatinine, ce qui équivaut numériquement à des ng/mg de créatinine. Pour le premier jet du matin, ZRT publie 18,0 à 40,9 µg/g chez la femme et 10,1 à 26,0 µg/g chez l’homme (urine séchée, LC-MS/MS). Ce sont des intervalles observés par ce laboratoire, pas des normes universelles.
La méta-analyse de Braam et Spruyt (68 études, 17 847 personnes) n’a pas trouvé de différence entre les sexes, alors que ZRT publie des intervalles distincts : un argument de plus pour ne pas transposer un repère d’un laboratoire à un autre. Cette méta-analyse décrit une excrétion très élevée pendant les cinq premières années de vie, un aplatissement à l’adolescence, un déclin progressif jusqu’à 50-60 ans, puis une stagnation et une légère remontée vers 60 ans. Cette remontée pourrait s’expliquer par la disparition plus précoce des personnes à faibles taux.
Ce qui compte vraiment : l’heure du recueil, la méthode, l’âge, et la comparaison avec un résultat antérieur du même laboratoire.
Ce que dit la science
Les auteurs de la méta-analyse proposent leurs valeurs pour repérer une possible déficience en mélatonine. Des taux plus bas sont retrouvés dans diverses maladies (cardiovasculaires, cancers, maladies neurodégénératives). C’est une association, qui ne prouve pas de lien de cause. Benloucif et coll. (2008) ont publié des recommandations de recueil et d’analyse de la mélatonine urinaire, salivaire et plasmatique.
Niveau de preuve : émergent. À notre connaissance, aucune recommandation officielle ne prévoit ce dosage en routine, et les intervalles dépendent du laboratoire et de la méthode. Un résultat bas ne suffit pas à conclure à un trouble : il se discute avec un médecin, avec l’histoire du sommeil et des horaires.
Les analyses à associer
La 6-sulfatoxymélatonine urinaire se lit avec la mélatonine salivaire (qui situe l’heure du début de la sécrétion), la créatinine (qui sert à corriger la dilution des urines), le cycle du cortisol salivaire et le cortisol libre urinaire.
À retenir
- Le premier jet du matin reflète la mélatonine produite pendant la nuit.
- Le résultat est rapporté à la créatinine ; son unité courante est le µg/g de créatinine.
- Les repères de ZRT Laboratory sont propres à ce laboratoire et à sa méthode.
- Les valeurs baissent avec l’âge ; une valeur basse ne suffit pas à poser un diagnostic.