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Cortisol libre urinaire

Aussi appelée CLU · Cortisol libre urinaire des 24 heures · UFC · Cortisolurie libre

Le cortisol libre urinaire (CLU) mesure le cortisol actif éliminé dans les urines sur 24 heures. C'est l'un des tests de dépistage recommandés d'un excès de cortisol, le syndrome de Cushing.

Recueil d’urinesFamille : surrénales et stressPreuve validée

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • Valeurs usuelles citées par l'hôpital de la Timone (2013) 27 à 135 nmol/24 h

Femme · Source des repères : Pathologies corticosurrénaliennes, Journées de Biologie Praticienne, 7 décembre 2013 (laboratoire de biochimie endocrinienne, hôpital de la Timone, AP-HM).

nmol/24 h

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

Le cortisol libre urinaire mesure la quantité de cortisol actif éliminée dans les urines en une journée. Il aide à repérer un excès chronique de cortisol, avec d'autres tests.

À lire avec

Recueil d’urinesBilan d'un syndrome de Cushing (avec le cortisol salivaire de fin de soirée et le freinage à la dexaméthasone). Mayo Clinic Laboratories propose le test CORTU par spectrométrie de masse. Les profils hormonaux urinaires séchés (DUTCH) contiennent un cortisol libre urinaire sur quatre prélèvements, ce

nmol/24 hPreuve validée6 sources

Profil sportif

Le recueil sur 24 heures englobe vos séances de la journée. Le cortisol sanguin monte quand l'effort dépasse environ 60 % de la consommation maximale d'oxygène (Hill et al., 2008) : on peut s'attendre à un effet sur le cortisol urinaire. Une journée de compétition, une sudation importante ou un régime hydrique inhabituel peuvent aussi modifier le résultat. Recueillez lors d'une journée représentative et prévenez votre médecin du contexte.

Pourquoi on la demande

  • Dépister un syndrome de Cushing (excès chronique de cortisol) quand plusieurs signes évocateurs s'accumulent : prise de poids du tronc, vergetures, faiblesse musculaire, hypertension, glycémie élevée.
  • Confirmer ou infirmer une anomalie trouvée au cortisol salivaire de fin de soirée ou au test de freinage.
  • Explorer un syndrome de Cushing qui évolue par poussées (forme cyclique), où le CLU est préféré aux tests de freinage.
  • Rechercher un effet de la réglisse, consommée en excès, sur le métabolisme du cortisol.
  • Suivre le contrôle d'un excès de cortisol sous traitement, avec l'endocrinologue.

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Un recueil incomplet.
  • Une insuffisance rénale (Mayo).
  • Une corticothérapie prolongée qui freine la production propre de cortisol, sauf l'hydrocortisone elle-même.
  • Une insuffisance surrénalienne ou une atteinte de l'hypophyse, bien que le CLU ne puisse pas servir à les diagnostiquer seul (Mayo).

Causes d’une valeur haute

  • Un volume urinaire très élevé ou un recueil excessif.
  • Un pseudo-Cushing : stress important, infection, dépression, anorexie mentale, obésité, alcoolisme, insuffisance rénale ou hépatique sévère.
  • La grossesse.
  • Une interférence du dosage par immunoanalyse (carbamazépine, corticoïdes de synthèse).
  • Un syndrome de Cushing endogène : adénome hypophysaire à ACTH, tumeur de la surrénale, sécrétion ectopique d'ACTH (Mayo).
  • Un traitement par hydrocortisone, qui ne freine pas le résultat (Mayo).

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Un recueil incomplet ou mal chronométré : le laboratoire dose la créatinine pour vérifier qu'il est complet.
  • Les corticoïdes sous toutes leurs formes (comprimés, injections, inhalés, crèmes) et certains produits à base de plantes ou vendus sans ordonnance.
  • Un dosage par immunoanalyse : la carbamazépine et les corticoïdes de synthèse peuvent l'interférer, ce que la spectrométrie de masse évite (Mayo).
  • La réglisse en excès, qui inhibe l'enzyme 11β-HSD et peut mimer des changements d'un excès de cortisol (Mayo).
  • La grossesse : le CLU peut atteindre le double de la limite supérieure (Mayo).
  • Une insuffisance rénale : elle peut donner des valeurs faussement basses (Mayo).
  • Un stress important, une infection, une dépression, une anorexie mentale, une obésité ou un alcoolisme : on parle de pseudo-Cushing (hôpital de la Timone).

Ce que mesure l’analyse

Le cortisol est l’hormone du stress, fabriquée par les surrénales. Dans le sang, la plus grande partie est liée à des protéines et donc inactive. La petite fraction « libre » est active, et c’est elle que le rein filtre. Le cortisol libre urinaire (CLU) mesure la quantité de cortisol libre éliminée dans les urines sur 24 heures. Il reflète donc l’exposition à une hormone active sur une journée entière, et non un instant précis.

Plus le cortisol libre du sang est élevé, plus il en passe dans les urines (Mayo Clinic Laboratories). C’est pourquoi le CLU sert à dépister l’excès de cortisol, appelé syndrome de Cushing.

Comment se passe le prélèvement

Vous recueillez toutes vos urines pendant 24 heures dans un flacon fourni par le laboratoire. Le premier matin, videz la vessie sans conserver cette miction et notez l’heure. Gardez ensuite toutes les urines jusqu’au lendemain à la même heure, en incluant cette dernière miction. Notez le volume total. Le laboratoire dose aussi la créatinine, un déchet musculaire éliminé à débit à peu près constant, pour vérifier que le recueil est complet.

Il n’est pas nécessaire d’être à jeun. Signalez vos médicaments, notamment les corticoïdes sous toutes leurs formes, et votre consommation de réglisse. Le recueil est souvent répété : l’Endocrine Society recommande au moins deux mesures pour le dépistage.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en nmol/24 h ou en µg/24 h (1 µg/24 h = 2,76 nmol/24 h, facteur de conversion de Mayo Clinic Laboratories). Les repères dépendent de la méthode de dosage. Une présentation de l’hôpital de la Timone (2013) cite 27 à 135 nmol/24 h chez la femme et 54 à 135 nmol/24 h chez l’homme. Mayo Clinic Laboratories, qui dose par spectrométrie de masse, donne 3,5 à 45 µg/24 h chez l’adulte, soit environ 9,7 à 124 nmol/24 h. Ces écarts rappellent qu’une valeur se compare aux repères imprimés sur votre compte rendu.

Un résultat au-dessus de la limite n’est pas un diagnostic. Beaucoup de situations élèvent le CLU sans syndrome de Cushing : stress important, infection, dépression, anorexie mentale, obésité, alcoolisme, insuffisance rénale ou hépatique sévère (hôpital de la Timone), grossesse (jusqu’au double, selon Mayo). Un résultat bas ne permet pas d’écarter une insuffisance surrénalienne : le CLU ne sert pas à la diagnostiquer seul.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est « validé » (a). L’Endocrine Society (Nieman et al., 2008) recommande de commencer par un seul test très fiable : cortisol libre urinaire (au moins deux mesures), cortisol salivaire de fin de soirée (deux mesures), freinage à la dexaméthasone en dose de 1 mg la nuit ou de 2 mg sur 48 heures. Elle recommande en revanche de ne pas utiliser un cortisol sanguin pris au hasard ni l’ACTH plasmatique pour dépister. Un résultat anormal conduit à voir un endocrinologue, et deux tests concordants justifient de chercher la cause.

Le choix du test dépend de la situation. Le CLU ou le cortisol salivaire de minuit sont préférés aux freinages en cas de syndrome cyclique. Le freinage est préféré en cas d’insuffisance rénale sévère. En cas de nodule surrénalien découvert par hasard et de suspicion d’excès modeste, le freinage ou le cortisol de fin de soirée sont suggérés plutôt que le CLU. Autre limite : les dosages par immunoanalyse peuvent être gênés par la carbamazépine ou les corticoïdes de synthèse, d’où la préférence de Mayo pour la spectrométrie de masse.

Les analyses à associer

Le cortisol sanguin du matin donne l’état à un instant. L’ACTH, dosée avec le cortisol, oriente vers l’origine d’un excès ou d’un déficit. Le cycle du cortisol salivaire montre si le cortisol baisse bien le soir. La cortisone aide à lire l’équilibre entre cortisol et cortisone.

À retenir

  • Le CLU mesure le cortisol actif éliminé en 24 heures : un recueil rigoureux est indispensable.
  • Il se répète : l’Endocrine Society recommande au moins deux mesures pour le dépistage.
  • Stress, dépression, alcool, obésité, grossesse, corticoïdes et réglisse peuvent le modifier sans syndrome de Cushing.
  • Les repères varient selon la méthode : fiez-vous à ceux de votre compte rendu.
  • Seul un médecin peut interpréter ce résultat avec l’ensemble du dossier.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Un seul recueil des urines de 24 heures suffit-il pour dépister un syndrome de Cushing ?

  2. 02Un CLU à 100 nmol/24 h chez une femme se situe, selon l'hôpital de la Timone (27 à 135 nmol/24 h) :

  3. 03Quel type de traitement peut fausser le CLU ?

  4. 04La réglisse consommée en excès peut-elle perturber les résultats ?

  5. 05Quelle situation peut doubler le CLU sans syndrome de Cushing ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 6

  1. 1Nieman LK, Biller BMK, Findling JW, et al. The diagnosis of Cushing's syndrome: an Endocrine Society clinical practice guideline. J Clin Endocrinol Metab. 2008;93(5):1526-1540. doi:10.1210/jc.2008-0125
  2. 2Mayo Clinic Laboratories. Cortisol, Free, 24 Hour, Urine (CORTU), valeurs de référence et conversion
  3. 3Mayo Clinic Laboratories. Cortisol, Free, 24 Hour, Urine (LAB568), interprétation (grossesse, insuffisance rénale)
  4. 4Mayo Clinic Laboratories. Cortisol/Cortisone, Free, Random, Urine (CCFR), réglisse et inhibition de la 11β-HSD

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.