Ce que mesure l’analyse
Le cortisol est l’hormone du stress, fabriquée par les glandes surrénales. La déhydroépiandrostérone (DHEA), et sa forme sulfatée la DHEA-S, sont d’autres hormones surrénaliennes. Elles ont souvent des effets opposés à ceux du cortisol : certains auteurs la décrivent comme « anti-cortisol ». Le rapport cortisol sur DHEA divise l’une par l’autre, dans l’idée que l’équilibre compte plus que chaque valeur isolée.
La revue de Kamin et Kertes (2017) explique que ces hormones sont fabriquées et libérées de façon coordonnée par la surrénale et que leurs actions s’opposent en partie. C’est la base théorique de ce rapport. Il ne mesure rien de nouveau : on le calcule à partir de deux dosages.
Comment se passe le prélèvement
Il n’y a pas de prélèvement propre au rapport. Il se calcule à partir d’un cortisol et d’une DHEA (ou DHEA-S) prélevés ensemble, dans le sang ou dans la salive. Pour limiter l’effet du rythme du cortisol, on prélève le matin, à la même heure d’une fois sur l’autre, au repos et à distance d’un effort intense.
La DHEA-S varie peu dans la journée, alors que le cortisol baisse beaucoup entre le matin et le soir : un prélèvement à une autre heure change donc le rapport. Gardez le même laboratoire et la même méthode d’une mesure à l’autre.
Comment lire le résultat
Le résultat est un nombre sans unité, qui dépend des unités et de la méthode de chaque dosage. Nous n’avons trouvé aucun repère publié par une autorité de santé ou un laboratoire, assorti de sa méthode et de son unité. C’est pourquoi la fiche ne propose pas de repère chiffré.
Un rapport amplifie aussi les imprécisions de chaque mesure. Del Giudice et Gangestad (2022) montrent que la validité d’un rapport brut chute vite quand les mesures comportent une erreur, ce qui est toujours le cas. Sollberger et Ehlert (2016) rappellent que la lecture d’un rapport soulève des difficultés statistiques et d’interprétation, et que sa signification biologique exacte reste à préciser. Un rapport isolé se lit donc avec prudence.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est « émergent » (c). Dans une étude de 4 255 vétérans américains, un rapport cortisol/DHEA-S plus élevé était associé à un risque de décès toutes causes plus élevé, alors que la DHEA-S élevée était associée à un risque plus faible (Phillips et al., 2010). Une autre analyse de la même cohorte associait ce rapport au syndrome métabolique. Ce sont des associations observées sur des hommes, pas des preuves de cause.
Chez l’enfant et l’adolescent, la revue de Kamin et Kertes (2017) décrit des liens possibles avec des troubles du développement et du comportement, avec des résultats hétérogènes. Aucune autorité de santé ne recommande ce rapport pour poser un diagnostic. L’idée qu’un rapport « élevé » signalerait de l’« épuisement des surrénales » ou un déséquilibre à corriger n’est pas démontrée.
Les analyses à associer
Le cortisol sanguin et la DHEA-S sont les deux dosages à la base du rapport. La DHEA complète la lecture. Le rapport testostérone sur cortisol est un autre rapport étudié, avec les mêmes limites.
À retenir
- Le rapport cortisol/DHEA divise le cortisol par la DHEA ou la DHEA-S.
- Il n’existe pas de seuil validé : c’est un indicateur de recherche.
- Il dépend de l’heure, des unités, de la méthode et des erreurs de mesure.
- Les études montrent des associations, pas des preuves de cause.
- Discutez toujours du résultat avec un médecin.