Ce que mesure l’analyse
La déhydroépiandrostérone (DHEA) est l’hormone en C19 la plus abondante du corps humain. Les glandes surrénales, deux petites glandes posées sur les reins, la fabriquent, en partie sous la commande de l’ACTH, une hormone de l’hypophyse. Elle a un très faible effet androgénique par elle-même, mais elle sert de précurseur à la plupart des hormones sexuelles (Mayo Clinic Laboratories).
L’essentiel de la DHEA est sécrété sous forme sulfatée, la DHEA-S, 100 fois plus abondante dans le sang. Dans la plupart des situations cliniques, DHEA et DHEA-S sont interchangeables (Mayo). La DHEA non sulfatée s’élève et s’abaisse davantage au fil de la journée.
Comment se passe le prélèvement
Dans le sang, la prise de sang se fait de préférence le matin. Chez Mayo, le sérum est prélevé sur tube rouge sans gel séparateur, et le sang très hémolysé ou riche en graisses est refusé. Dans la salive, vous recueillez vous-même l’échantillon à domicile, en respectant les horaires et les consignes du laboratoire.
Signalez vos compléments et vos médicaments : la DHEA des compléments augmente les taux, les corticoïdes les abaissent.
Comment lire le résultat
Le résultat sanguin s’exprime en ng/mL (1 ng/mL correspond à environ 3,47 nmol/L). Les repères dépendent du laboratoire, de la méthode, de l’âge et du sexe. Pour la DHEA sérique non conjuguée, ARUP, qui dose par chromatographie et spectrométrie de masse, donne 1,33 à 7,78 ng/mL de 18 à 39 ans et 0,63 à 4,70 ng/mL à partir de 40 ans. Après la ménopause, il donne 0,60 à 5,73 ng/mL chez la femme.
À titre de comparaison, Mayo Clinic Laboratories ne publie que des limites supérieures : moins de 13 ng/mL entre 19 et 30 ans, moins de 5,0 ng/mL à partir de 61 ans. Pour la salive, nous n’avons pas trouvé de repère publié vérifiable : chaque laboratoire spécialisé publie les siens. Une valeur ne se compare donc qu’aux repères de votre compte rendu.
Ce qui compte vraiment : l’âge, le sexe, l’heure, la prise de compléments et la clinique. Une valeur isolée ne dit pas grand-chose.
Ce que dit la science
Nous distinguons deux usages. Le premier est en pratique courante : explorer un excès d’androgènes, repérer des tumeurs de la surrénale (la DHEA et la DHEA-S sont élevées chez plus de 90 % des patients concernés) ou compléter l’exploration d’une hyperplasie congénitale des surrénales. Mayo précise que d’autres dosages sont plus précis que la DHEA pour cette dernière.
Le second usage, mesurer la DHEA pour évaluer le bien-être, le vieillissement ou le stress, n’est pas validé. Mayo écrit que la corrélation entre la DHEA et le bien-être ou le risque de maladie n’est pas établie, qu’il n’existe pas de recommandation pour la supplémentation, et que la valeur d’un traitement est douteuse dans la plupart des situations. Pour ces raisons, nous classons la DHEA au niveau « émergent » (c).
Les analyses à associer
Le sulfate de DHEA, plus stable, complète le dosage. Le cortisol sanguin situe la DHEA dans l’activité des surrénales. La testostérone totale aide à comprendre un excès d’androgènes. Le rapport cortisol sur DHEA est étudié en recherche.
À retenir
- La DHEA est une hormone surrénalienne, précurseur des hormones sexuelles.
- Ses usages validés : excès d’androgènes, tumeurs de la surrénale, exploration de certaines maladies enzymatiques.
- Les repères changent avec l’âge, le sexe et le laboratoire.
- Un complément de DHEA modifie le résultat, et la DHEA administrée est interdite en compétition.
- Discutez toujours d’un résultat avec un médecin.