Ce que mesure l’analyse
Les catécholamines (adrénaline, noradrénaline, dopamine) sont des hormones et des messagers dérivés de la tyrosine, un acide aminé. Elles règlent le tonus des vaisseaux, le rythme cardiaque, le glucose et la réponse au stress. D’après Mayo Clinic Laboratories, la fraction qui circule dans le sang provient presque exclusivement de la médullosurrénale, avec une petite contribution des ganglions sympathiques.
Leur dosage dans les urines de 24 heures mesure la part éliminée sans transformation. Il ne reflète pas directement l’activité des neurotransmetteurs du cerveau.
Comment se passe le prélèvement
Vous recueillez toutes vos urines pendant 24 heures, dans un flacon contenant un conservateur acide (acide acétique chez Mayo), à ajouter avant le début du recueil. Le volume total doit être précisé. Le recueil est le plus utile pendant un épisode d’hypertension ou de symptômes.
Mayo demande, si c’est possible médicalement, d’arrêter pendant une semaine les médicaments qui libèrent les catécholamines ou freinent leur métabolisme. Cette décision revient au médecin. Évitez les facteurs qui augmentent la production : bruit, stress, inconfort, caféine, tabac, effort.
Comment lire le résultat
Les résultats s’expriment en µg/24 h. Pour les 10 ans et plus, Mayo (LC-MS/MS) indique 15 à 80 µg/24 h pour la noradrénaline, 0,5 à 20 µg/24 h pour l’adrénaline et, dès 4 ans, 65 à 400 µg/24 h pour la dopamine. Ces valeurs sont adaptées d’une étude de 1979 (Moyer et al.).
Mayo cite des seuils de décision pour la recherche d’un phéochromocytome : plus de 80 µg/24 h de noradrénaline ou plus de 20 µg/24 h d’adrénaline (sensibilité 86 %, spécificité 88 %), et plus de 170 µg/24 h de noradrénaline ou plus de 35 µg/24 h d’adrénaline (spécificité 98 %, sensibilité 77 %).
Un résultat modérément élevé a de nombreuses causes banales : effort, stress, médicaments, sevrage. La dopamine urinaire se lit avec prudence, et la collecte doit être complète.
Ce que dit la science
L’Endocrine Society (2014) recommande les métanéphrines plasmatiques ou urinaires en première intention pour le phéochromocytome, car elles sont produites en continu, alors que les catécholamines sont libérées par à-coups. Mayo confirme que les catécholamines urinaires ne sont pas un test de première intention et qu’elles servent d’appoint quand les métanéphrines n’excluent pas complètement le diagnostic. Pour le neuroblastome, l’acide vanillylmandélique, l’acide homovanillique et parfois les catécholamines urinaires restent le socle du diagnostic et du suivi.
Certains bilans de bien-être proposent des « neurotransmetteurs urinaires » : le lien entre ces valeurs et l’état des neurotransmetteurs cérébraux n’est pas démontré par les sources consultées.
Les analyses à associer
Les métanéphrines sont l’examen de référence. L’acide vanillylmandélique et l’acide homovanillique servent au neuroblastome. La créatinine confirme que le recueil est complet.
À retenir
- Ce n’est pas le test de première intention du phéochromocytome.
- Le recueil est le plus informatif pendant un épisode d’hypertension.
- Stress, effort, caféine, tabac et médicaments modifient fortement le résultat.
- Les repères Mayo (adulte) sont de 15 à 80 µg/24 h pour la noradrénaline et de 0,5 à 20 µg/24 h pour l’adrénaline.
- Ce dosage ne mesure pas les neurotransmetteurs du cerveau.