Ce que mesure l’analyse
Le cortisol est une hormone fabriquée par les glandes surrénales, deux petites glandes posées sur les reins. Sa concentration suit un rythme sur 24 heures : haute le matin, basse le soir. Dans les 30 à 45 minutes qui suivent le réveil, elle monte de façon nette. C’est la réponse du cortisol au réveil, ou cortisol awakening response (CAR).
La CAR se mesure dans la salive, qui contient la fraction « libre » du cortisol, celle qui est active. On prend plusieurs échantillons à intervalles précis après l’éveil, puis on calcule l’augmentation par rapport à la valeur de départ.
Elle est surtout étudiée en recherche, comme indicateur de l’activité de l’axe du stress (hypothalamus, hypophyse, surrénales).
Comment se passe le prélèvement
Vous prélevez vous-même votre salive, à domicile, avec des tubes ou des cotons fournis par le laboratoire. Le premier échantillon se prend à l’instant du réveil, avant de vous lever. Les suivants se prennent à des délais précis indiqués dans la notice.
Le consensus international de Stalder et al. (2016) insiste sur ce point : la validité de la mesure dépend d’un horaire respecté dès le moment de l’éveil. Évitez de manger, de boire, de vous brosser les dents ou de fumer avant les échantillons, sauf consigne contraire du laboratoire. Conservez et renvoyez les tubes selon la notice.
Comment lire le résultat
Le laboratoire rend les concentrations de cortisol à chaque échantillon, en nmol/L ou en ng/mL selon l’unité qu’il emploie. Il y ajoute souvent une hausse en pourcentage ou une aire sous la courbe. Les repères sont propres à chaque laboratoire et à sa méthode.
Il n’existe pas de seuil consensuel qui dirait qu’une CAR est « normale » ou « anormale ». Wüst et al. (2000) ont regroupé quatre études sur 509 adultes pour décrire des valeurs usuelles de la réponse. Elles décrivent une population de recherche et ne servent pas de seuil médical. Le consensus de Stalder et al. porte sur la méthode de mesure, pas sur des seuils cliniques.
Ce qui compte vraiment : la fiabilité du recueil, la répétition sur plusieurs jours, et la cohérence avec le reste du tableau. Un résultat isolé, sans contexte clinique, se lit avec prudence.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est « émergent » (c). La CAR a été reliée à de nombreux paramètres psychologiques, sociaux et de santé. Les résultats restent toutefois discordants : Clow et al. (2004) soulignent qu’on ignore encore si une réponse plus ample ou plus faible est associée, de façon constante, à une meilleure santé. À notre connaissance, aucune autorité de santé n’a validé la CAR pour poser un diagnostic.
Les limites sont nettes. La mesure se fait à domicile et dépend de votre exactitude. Elle varie d’un jour à l’autre. Elle réagit au sommeil, à la lumière et au stress du moment. Pour la recherche, le consensus propose de contrôler objectivement l’horaire des prélèvements, par exemple avec un dispositif de suivi.
Les analyses à associer
La CAR se lit avec le cycle du cortisol salivaire, qui situe le matin par rapport au soir. Le cortisol libre urinaire apporte une vue sur 24 heures. La DHEA, autre hormone surrénalienne, complète le profil des surrénales. Le cortisol dans les cheveux reflète une exposition sur plusieurs semaines.
À retenir
- La CAR est la hausse du cortisol salivaire dans les 30 à 45 minutes qui suivent le réveil.
- Le premier prélèvement doit se faire dès l’éveil : un retard fausse le résultat.
- Il n’existe pas de seuil consensuel ; les repères sont ceux de votre laboratoire.
- La CAR reste un outil de recherche : elle ne pose aucun diagnostic à elle seule.
- Discutez de votre résultat avec un médecin, surtout si vous avez des symptômes.